Etanchéité.Info - Numéro 88 - Décembre 2025

LE MAGAZINE DES PROFESSIONNELS DE L’ÉTANCHÉITÉ, DE L’ISOLATION ET DU BARDAGE NUMÉRO 88 DÉCEMBRE 2025 P. 12 DOSSIER International En Europe, des toitures innovantes P. 24 DÉCRYPTAGE Collectivités Mieux intégrer la végétalisation dans les PLU(i) P. 26 RÉALISATION Albi Pour passer la rivière, de l’étanchéité liquide

■ Sans flamme : Système de soudage à air chaud, éliminant le risque d’incendie lors de l’application. ■ Idéal pour les interventions en sites occupés ■ Innovation brevetée bitume léger PARAFOR SOLO G SF, L’étanchéité monocouche, légère, sans flamme, sûre et prête à poser Nouveauté

ÉDITO 3 ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 10-31-1495 ÉTANCHÉITÉ.INFO est une publication trimestrielle de l’Association pour la promotion des métiers de l’étanchéité APME-PROMÉTHÉE, éditée sous l’égide de la CSFE. WWW.ETANCHEITEINFO.FR CSFE 6-14, rue La Pérouse, 75784 Paris cedex 16 Tél. : 01 56 62 13 20 Fax : 01 56 62 13 21 Directrice de la publication Edwige Parisel Comité de rédaction Agapé Ambs, Manuel Decoodt, Corinne Foubert, Serge Grégoire, Gilles Guyoton, Cédric Hotton, Loreleï Housset, Sinicha Knezevic, Marie-Alice Lacoste, Mathieu Lechantre, François Michel, Line Nguyen, Edwige Parisel, Carole Mahé Peyre, Valérie Rougemont, Aurélien Sollet ABONNEMENT GRATUIT sur simple demande : 01 56 62 13 20 PYC MÉDIA Étanchéité.info est éditée par 16-18, place de la Chapelle 75018 Paris Tél. : 01 53 26 48 00 - www.pyc.fr Actionnaire principal : Edith Sarl Rédaction Bastien Cany (47 85) b-cany@pyc.fr Adeline Dionisi (48 05) a-dionisi@pyc.fr Rédacteur graphiste François Bordrez Publicité Morgane Gargadennec (48 03) m-gargadennec@pyc.fr Lucie Bechet (88 86) l-bechet@pyc.fr Aurélie Degasse (47 89) a-degasse@pyc.fr (chargée de relations annonceurs) Design graphique © Marge Design Couverture © Ville de Rueil- Malmaison-Christophe Soresto Infographie Laubywane N°ISSN : 1958-3575 Dépôt légal à parution Impression, façonnage ILD ZAC Artois Pôle 2 - Allée de Belgique 62128 Wancourt Papier : UPM Star Silk 90gr Origine du papier : Kaukas en Finlande Taux de fibres recyclées : 0 % Taux d’eutrophisation : 0,004 Kg / tonne Certification PEFC 100% « En croisant les approches et les savoirfaire, notre profession s’ouvre à de nouvelles perspectives. » La diversité en matière de toitures-terrasses n’est pas une contrainte mais une formidable source d’inspiration. Partout en Europe, elles foisonnent d’idées, de techniques et de solutions. Elles traduisent autant de manières de penser la ville et de dialoguer avec le bâti. D’un pays à l’autre, on observe une créativité remarquable, nourrie par des contextes climatiques, culturels et architecturaux variés. C’est dans cette pluralité que s’enracine aujourd’hui la vitalité de notre métier. En croisant les approches et les savoir-faire, notre profession s’ouvre à de nouvelles perspectives et à un terrain d’expression exceptionnel pour notre savoir-faire. Entre héritage technique et ouverture à l’innovation, nous nous trouvons à un moment charnière. Les Rooftop Days 2025, à Paris comme à Marseille, ont parfaitement illustré cette dynamique : à travers les échanges, les innovations présentées et les retours d’expérience, nous avons pu mesurer combien notre pratique s’enrichit du dialogue entre architectes, industriels et entreprises venus d’horizons différents. Ces rencontres rappellent que la performance technique va de pair avec la créativité et la collaboration. Pour autant, l’articulation entre nos référentiels techniques et la construction européenne reste parfois délicate. L’harmonisation prend du temps, mais ces différences nous invitent à repenser la compatibilité entre réglementation, ouverture et créativité. La CSFE et ses adhérents participent activement à cette dynamique. L’engagement collectif contribue à renforcer la qualité et la cohérence des pratiques au sein de la profession. Regarder au-delà de nos frontières, c’est aussi mieux comprendre son identité professionnelle. L’avenir de la toiture-terrasse se construit pas à pas, dans la diversité des approches et la complémentarité des talents. l Toitures-terrasses en Europe : des idées, des techniques etdes solutions GILLES GUYOTON, PRÉSIDENT DU COMITÉ DE RÉDACTION D’ÉTANCHÉITÉ.INFO

SOPREMA.FR Avec les solutions de fonctionnalisation SOPREMA, les toitures plates deviennent des espaces utiles, alliant confort, biodiversité et performance énergétique. + Capitaliser sur une énergie renouvelable avec l’étanchéité photovoltaïque Soprasolar + Créer un cycle vertueux de gestion de l’eau avec Skywater + Rafraîchir la ville avec l’étanchéité Cool Roof et les solutions de végétalisation en toiture Sopranature Valoriser chaque m² de toiture.

© Nicolas Richard SOMMAIRE 5 ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 28 26 P. 29 Noisy-le-Grand Un potager sur le toit du centre commercial P. 30 PARLEZ-MOI DE TOIT Delphine Martin, dirigeante de Deniel SNA Étanchéité à Trégueux (22) et Vigneux- de-Bretagne (44) P. 32 TÉMOIN Didier Mignery Fondateur d’UpFactor P. 34 AGENDA À lire, à savoir, à voir, à revoir P. 07 TABLEAU DE BORD P. 08 ACTUALITÉS En bref P. 12 DOSSIER International En Europe, des toitures innovantes À l’occasion des Paris Rooftop Days en septembre dernier, six toitures-terrasses remarquables ont été présentées. De quoi donner des idées et considérer les toits plats autrement. Étanchéité.Info vous emmène à Hambourg, Rotterdam, Asnières-sur-Seine, RueilMalmaison, La Haye et Anvers. P. 20 TECHNIQUE FAQ Quelles contraintes techniques et réglementaires pour l’installation de PV sur toitureterrasse existante ? Sommaire #88 | déc. 2025 P. 22 Fiche pratique Les toitures accessibles avec élément porteur en bois et panneaux à base de bois P. 24 Décryptage Des Recommandations rédactionnelles pour mieux intégrer la végétalisation dans les PLU(i) P. 26 RÉALISATIONS Albi Pour passer la rivière, de l’étanchéité liquide La nouvelle passerelle dédiée aux mobilités douces reliant les rives nord et sud du Tarn a bénéficié d’un SEL permettant à la fois d’étancher l’ouvrage, d’assurer une circulation en sécurité des usagers tout l’intégrant discrètement dans son environnement. P. 28 Vaulx-en-Velin Multiplicité des usages en toiture-terrasse © Etandex

Rockterrace Solution optimisée pour les toitures techniques et accessibles, sur support maçonné et béton ou bois Sécurité optimale, confort thermique à la clé www.rockwool.fr Pour le découvrir, scannez le QR code : Les toitures terrasses impliquent une combinaison de performances visant à limiter tout risque de sinistralité pour le maître d’ouvrage et l’entrepreneur. Isolant de référence d’une très bonne tenue mécanique et d’une grande simplicité de mise en œuvre, la solution Rockterrace contribue à sécuriser et à ouvrir l’ensemble des applications en toitures terrasses. Le produit Rockterrace permet d’apporter une solution en laine de roche durable et s’inscrivant dans une démarche d’économie circulaire.

ACTUALITÉS 7 TABLEAU DE BORD ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 INDICATEURS Logement : les permis de construire en baisse Le nombre de mises en chantier est, quant à lui, en hausse nette. Dans les locaux non résidentiels, les bureaux connaissent la même tendance que l’habitat. LES CHIFFRES DU MOIS 1 500 C’est, en m², la surface de terre artificialisée chaque année en Europe au profit majoritairement de la construction de logements et de routes. (source : réseau Arena for journalism in Europe) 81 C’est, en kWh EF/m², la performance énergétique moyenne des écoles en France (source : Akea) 178 C’est le nombre de CFA du secteur de la construction soutenus en 2024. (Source : Constructys) 40 C’est, en pourcentage, l’écart de prix relevé entre un logement au DPE A et un logement au DPE G. (source : Les Notaires de France) LOGEMENTS COLLECTIFS ◊ 9,2 % Baisse du nombre de permis de construire de logements collectifs en octobre 2025 par rapport au mois précédent. ÷ 15,8 % Hausse du nombre de mises en chantier de logements collectifs en octobre 2025 par rapport au mois précédent. Les chiffres LOGEMENTS ◊ 5,8 % Baisse du nombre de permis de construire de logements neufs en octobre 2025 par rapport au mois précédent. ÷ 12,9 % Hausse du nombre de mises en chantier de logements neufs en octobre 2025 par rapport au mois précédent. LOCAUX NON RÉSIDENTIELS ÷ 4 % Hausse des surfaces autorisées à la construction de locaux nonrésidentiels d’août à octobre 2025 par rapport à la même période il y a un an. ÷ 15,7 % Hausse des surfaces mises en chantier de locaux non-résidentiels neufs d’août à octobre 2025 par rapport à la même période il y a un an. BUREAUX ◊ 25,3 % Baisse des surfaces autorisées à la construction de bureaux neufs d’août à octobre 2025 par rapport à la même période il y a un an. ÷ 4,1 % Hausse des surfaces mises en chantier de bureaux neufs d’août à octobre 2025 par rapport à la même période il y a un an.

ACTUALITÉS 8 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 PHOTOVOLTAÏQUE TVA à 5,5% pour le solaire résidentiel Pour accélérer le déploiement du solaire chez les particuliers, depuis 1er octobre 2025, les installations photovoltaïques inférieures ou égales à 9 kWc bénéficient d’un taux de TVA de 5,5 %. Sous conditions. L’arrêté, publié en septembre, dévoile les critères à respecter pour y prétendre : un bilan carbone inférieur à 530 kgCO2eq/ kWc, un taux d’argent inférieur à 14 mg/W, de plomb inférieur à 0,1 % et de cadmium inférieur à 0,01 %, ainsi que le recours à un système gestionnaire d’énergie pour collecter en temps réel la production et la consommation. Les réactions des professionnels du secteur sont contrastées. Si évidemment la baisse de la TVA est une bonne nouvelle pour la filière, les conditions de mise en place posent question. Ainsi, Enerplan rappelle qu’ « à ce jour, aucun panneau, de fabrication française, européenne ou étrangère, disponible sur le marché – français ou mondial – n’atteint ce niveau de performance. Dit simplement : en l’état du texte, aucune installation, aucun ménage, aucune entreprise ne pourra bénéficier de la mesure ». En outre, l’absence d’exigence RGE soulève des inquiétudes quant à la qualité de la mise en œuvre. l PROFESSION Le marché de l’étanchéité 2024 en chiffres La CSFE a évalué l’évolution du marché de l’étanchéité pour l’année 2024. En voici les principaux enseignements : - En 2024, 41,7 millions de m² pour 373,2 millions d’euros de revêtement d’étanchéité auraient été mis en œuvre en France. - Avec 28,48 millions de m² posés, les membranes bitumineuses dominent toujours le marché, malgré une baisse de 3 % par rapport à l’année dernière. Elles sont suivies par les membranes synthétiques (8,9 millions de m²) qui, elles connaissent une hausse non négligeable de près de 5 %. l ÉVÉNEMENT Le festival de toits-terrasses à Marseille Du 10 au 12 octobre derniers, la Cité phocéenne a ouvert ses terrasses aux professionnels et au public. Un week-end placé sous le signe du soleil, de la convivialité et de la promotion de l’accessibilité des toits. L’événement a réuni, lors de sa journée du savoir, plus de cent personnes issues du monde du bâtiment et de l’urbanisme. Avec comme fil rouge, l’ouverture des toits-terrasses aux occupants, « un second sol au champ des possibles formidable », comme le décrit le collectif A nous les toits ! organisateur de l’événement (dont le principal sponsor est la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE)). L’occasion également de transmettre le flambeau des toits ! Parti de La Haye, il est passé par Amsterdam puis Paris avant de faire une halte à Marseille. l SÉCURITÉ Les bons réflexes en cas de tempête sur chantier L’OPPBTP met à disposition des entreprises du bâtiment un ensemble d’outils pour faciliter les échanges au sein des équipes pour les sensibiliser aux risques générés par les fortes pluies et les vents violents. Le kit comprend : - un support pédagogique pour faciliter l’animation des séances de sensibilisation ; - une vidéo ; - un quiz « bons réflexes » pour se préparer en cas d’annonce de tempête ; - une affiche rappelant les 5 consignes à placarder dans les locaux ; - une affiche avec QR Code pour avoir accès aux outils pré cités. l

SMARTROOF C www.knauf.com/fr-FR MÉCANIQUE (résistance en compression et stabilité dimensionnelle) ACOUSTIQUE (affaiblissement des bruits extérieurs) THERMIQUE (confort d’été/ confort d’hiver) PROTECTION FEU (A1- incombustible) DURABILITÉ (100% recyclable) ENVIRONNEMENT (packaging respectueux de l’environnement) SMARTROOF C : UNE SOLUTION INTÉGRÉE DANS LES AVIS TECHNIQUES ET ATEX DES SYSTÈMES PHOTOVOLTAÏQUES Isolation performante pour toitures-terrasses photovoltaïques Produit incombustible (A1) Meilleur lambda du marché : 37 m.W/m.K* * En laine minérale de roche

ACTUALITÉS 10 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 MATÉRIAUX L’enveloppe du bâtiment au cœur du développement des nouveaux matériaux de construction biosourcés Le projet européen Hibiscus a été lancé en septembre dernier. Son objectif : réduire la dépendance du secteur de la construction aux ressources fossiles pour répondre aux différentes exigences de l’Union européenne en la matière. C’est le groupe Soprema qui aura la charge de coordonner ses travaux avec ceux de onze partenaires européens* issus de la recherche, de l’industrie ou du monde des entreprises. « Le projet ambitionne de démontrer l’efficacité des matériaux de construction biosourcés, la faisabilité et le potentiel de montée en échelle pour permettre à l’industrie de s’émanciper des solutions de construction à base de ressources fossiles », explique le groupe. Le tout en garantissant des performances techniques conformes aux standards européens. Cinq produits innovants pour l’enveloppe du bâtiment ont été choisis comme base de travail : deux solutions d’étanchéité de toiture, avec comme matières premières la chimie du pin et l’huile de cuisson recyclée, deux solutions d’isolation thermique et acoustique à base d’huiles végétales, de lignine et de glucides et une solution de menuiserie. « Ces innovations devraient permettre, à l’horizon 2029, une réduction de 25 % de l’empreinte carbone par rapport aux matériaux actuellement sur le marché », espère Rémi Perrin, directeur R&D de Soprema. l * Bioeconomy for change (France), Cellmat Technologies (Espagne), le CNRS & l’Université de Strasbourg, le CSTB, Fraunhofer (Allemagne), l’Ifeu (Allemagne), Indresmat (Espagne), Kraton (Pays-Bas), Leitat (Espagne), l’Université de Liège (Belgique) et Vito (Belgique) LOGEMENTS -400 000 passoires énergétiques mais… Une étude du service statistique du gouvernement dévoile que 5,4 millions de logements classés F ou G ont été recensés en France au 1er janvier 2025. Un chiffre en baisse mais qui résulte pour beaucoup de la réforme du DPE. Ils représentent 14,4 % du total du parc. 3,9 millions de ces logements sont des résidences principales. Au sein du parc locatif privé, ils sont 1,1 million, soit 13,8 % des habitations. 453 000 étaient encore classés G malgré l’interdiction de les louer. Le service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique estime que le changement de seuils de calcul du DPE pour les petites surfaces, annoncé en février 2024, a eu pour effet de sortir de la catégorie de passoire énergétique 160 000 appartements, soit 38 % de la baisse des passoires énergétiques estimée au cours de l’année parmi les résidences principales. La nouvelle modification du DPE, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2026 et qui concerne le coefficient de conversion de l’électricité, devrait en sortir 700 000 autres. Au-delà de la modification du DPE, « l’interprétation de l’évolution à la baisse du nombre de passoires énergétiques reste délicate », nuance le SDES, car elle « peut refléter une amélioration réelle de la performance énergétique du parc (...), mais aussi d’éventuels effets de comportement tant des diagnostiqueurs que des propriétaires ». l FIGEAC Rénovation de la toiture-terrasse d’un centre commercial en site occupé À Figeac, les 5 400 m² du toit du site E.Leclerc ont bénéficié d’une réhabilitation destinée à l’isoler thermiquement, réduire les besoins en chauffage des locaux et en améliorer le confort d’été. Le tout en minimisant les renforcements structurels et en maintenant les activités des commerces pendant les travaux. L’existant était en bac sec nervuré et non isolé reposant sur une structure métallique. Avec une particularité : le profil du bac n’est pas prévu pour devenir support d’étanchéité. L’objectif était donc de recréer une surface plane avec notamment un remplissage des ondes pour éviter que « l’isolant ne repose en partie dans le vide et entraîne des risques d’instabilité à la pose, d’écrasement de l’isolant, de perte en performances thermiques et d’usure prématurée du système d’étanchéité », explique Yvan Huet, responsable national comptes clés retail chez Recticel. Pour répondre à cette contrainte tout en évitant d’avoir à renforcer la structure de l’ouvrage, le choix du complexe s’est porté sur une solution légère : des bandes de remplissage en polyuréthane (Powerdeck+ de Recticel) de 40 mm d’épaisseur prédécoupées à la forme du bac ont été mises en œuvre pour combler les creux. Elles apportent en plus un complément d’isolation thermique qui a permis de réduire de 2 cm en moyenne l’épaisseur de l’isolant de partie courante posée par-dessus (100 mm de PU Powerdeck+). « Cette solution, classée Broof (t3) et disposant d’un agrément FM Approved répond aux exigences réglementaires et assurantielles. En outre, elle a été évaluée pour une pose directe sur bac sec sans écran thermique en ERP (conformité à l’article AM8) », souligne le fabricant. Une membrane d’étanchéité en PVC vient fermer le complexe. Les 5 400 m² de toiture-terrasse ont été réalisés en trois semaines l’été dernier. l © Rudy Silva

LE PREMIER SYSTÈME «TOUTENUN» SOLUTION ÉTANCHÉITÉ Léger Résistant aux UV Découpe facile sur chantier Cornière intégrée Surface pleine ne laissant pas passer la lumière Possibilité de classement M1/F1 Disponible sur stock en différentes dimensions Une équipe commerciale proche de vous Un bureau d’études intégré Une production sur-mesure Un des plus grands stocks de caillebotis en Europe Un contrôle qualité permanent Un service logistique de pointe VOTRE PARTENAIRE CAILLEBOTIS DEPUIS 1996 JK TECHNIC JK TECHNIC PARC INDUSTRIEL SUD  ZI EDISON  RUE ABBÉ LOUIS VERDET 57200 SARREGUEMINES  FAX : 03 87 98 82 87 jktechnic@jktechnic.fr 03 87 98 88 76 FABRICATION STANDARD ET SURMESURE JKTECHNIC.FR ACIER | INOX | ALUMINIUM | POLYESTER | GRILLES DE SÉCURITÉ | ESCALIERS COMPTEZ SUR NOS PROFESSIONNELS EXPÉRIMENTÉS DE L’ÉTUDE DE VOTRE PROJET À LA RÉALISATION !

DOSSIER 12 INTERNATIONAL ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 TROPHÉES En Europe, des toitures innovantes À l’occasion des Paris Rootop Days Awards en septembre dernier, six toitures-terrasses remarquables ont été présentées. De quoi donner des idées et considérer les toits plats autrement. Découvertes. DOSSIER RÉALISÉ PAR ADELINE DIONISI Réponse évidente aux besoins de densification urbaine, les toitures-terrasses constituent des espaces disponibles jusque-là pas ou peu exploités. Elles tendent pourtant les bras aux urbanistes, architectes, collectivités… pour se transformer en lieu de vie, de nature, de production d’énergie, de gestion des eaux pluviales… Autant de réponses aux enjeux de la ville d’aujourd’hui mais aussi, et surtout, de demain. D’autant plus que, grâce aux évolutions des produits et matériaux de construction, grâce aux savoirfaire des entreprises de construction et notamment d’étanchéité, les progrès techniques ont su s’adapter pour accompagner et même anticiper ces usages. Rien qu’à Paris, 12,5 millions de m² de toitures plates de plus de 50 m² (soit 1 000 terrains de football) ont été recensés. Le potentiel est immense. Ce champ des possibles peut puiser ses inspirations ici et ailleurs. Tourner les regards hors de nos frontières, c’est comprendre que les paris les plus fous se réalisent. C’est notamment un des objectifs du European creative rooftop network (ECRN) qui réunit organisations à but non lucratif, collectivités locales, associations et organismes privés et organise, entre autres, des événements culturels, des conférences, des rencontres autour des toits-terrasses et de leurs usages. Amsterdam, Anvers, Barcelone, Belfast, Chemnitz, Faro, Gothembourg, Nicosie en sont membres. Et depuis peu Paris. Pour concrétiser cette ouverture européenne, profiter des retours d’expérience et des bonnes pratiques, la CSFE a organisé le 26 septembre dernier les Paris Rooftop Days Awards, pendant le festival Paris Rooftop Days dont l’objectif est d’« inviter les professionnels et le public à explorer et redécouvrir les toitures-terrasses afin de révéler leur potentiel d’innovation sociétale et environnementale ». Six toitures aux histoires particulières concouraient pour le prix de la plus innovante. Ont ainsi été présentés : - le Green Bunker et son toit vert du souvenir (Hambourg, Allemagne) ; - la toiture « nature et gestion de l’eau » du bâtiment à vocation événementielle et culturelle De Doelen (Rotterdam, Pays Bas) ; - Sky and Garden et sa terrasse colline (Asnières- sur-Seine, France) ; - la toiture « terrain de sport » du complexe sportif Alain Mimoun (Rueil-Malmaison, France), vainqueur de l’Award ; - la toiture Pakt et sa ferme urbaine (Anvers, Belgique) ; - la toiture culturelle et expérimentale EnergieKas (La Haye, Pays Bas). Nous vous proposons, dans ce dossier, de découvrir chacune d’elles, son histoire et ses usages. l En France, une réglementation à retenir Toute transformation d’usage d’une toiture doit faire l’objet d’une étude de structure à partir du moment où l’on augmente le poids rapporté. Pour rappel, comme le stipule le NF DTU 43.5, cette étude n’est pas du ressort de l’entreprise d’étanchéité. À chaque usage sa couleur L’idée a émergé au sein de la municipalité de Rotterdam avec le projet Life@Urban Roofs qui classe par couleur les différents usages des toitsterrasses et promeut la combinaison de plusieurs de ses fonctions. Ainsi : - les toits verts sont dédiés à la végétalisation ; - les toits bleus ont été conçus pour la gestion de l’eau ; - les toits jaunes produisent de l’énergie renouvelable ; - les toits rouges sont accessibles au public ; - les toits violets accueillent des surélévations. Gérald Faure, président de la CSFE, a remis l’Award de la toiture innovante en Europe à Olivier Ramel, directeur des services techniques de la mairie de Rueil-Malmaison et Chakib Ihaddadene, chef de service installations sportives de la ville, récompensant le stade Alain Mimoun et ses terrains de sport en toiture (voir article p. 16). Le festival Paris Rooftop Days organisé par la CSFE s’est déroulé du 26 au 28 septembre derniers.

DOSSIER 13 ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 INTERNATIONAL HAMBOURG Une surélévation verte pour l’histoire Le Green Bunker amène une nature luxuriante en plein cœur de la ville. Il rappelle aussi, à sa façon, les heures les plus sombres du 20e siècle. «Nous avons entendu beaucoup de critiques pour avoir construit un ouvrage aussi joli sur le toit d’un bâtiment à l’histoire si sombre », rappelle Anita Engels, professeur de sociologie à l’université de Hambourg et membre de l’association Hilldegarden, qui a participé à la création du Green Bunker et prend en charge son animation. Pour mieux comprendre, repartons 80 ans en arrière, en pleine Allemagne nazie en guerre. Car le Green Bunker est construit sur le Gray Bunker, édifié en 1942 et 1943. Son objectif était de défendre la ville contre les attaques aériennes des Alliées. « C’était une tour de combat avec, en toiture, des armes dirigées vers le ciel. Il disposait d’un jumeau à 300 m de là qui, lui, avait pour mission de détecter les attaques et de guider les ripostes. » L’ouvrage est imposant : en béton, ses murs de trois mètres d’épaisseur encadrent un plancher et un plafond tout aussi massif. « Beaucoup d’archives ont été détruites mais on sait que des travailleurs forcés ont participé à sa construction. » Persuadé qu’il gagnera le conflit, Hitler lui prévoit déjà un nouvel usage la paix revenue : il le voudrait recouvert de marbre et relié à son double par une allée de la même blancheur. Il rêve Hambourg en « Führer Stadt » mais l’Histoire, heureusement, n’envisagea pas les choses ainsi. MEDIA BUNKER Les Alliés vainqueurs décident de détruire tous ces vestiges militaires. Mais le Gray Bunker est trop gros, trop grand et risque, en s’effondrant, de provoquer des dommages irréparables. Il est donc finalement utilisé pour loger celles et ceux qui ont perdu leur logement dans les bombardements, pour les nourrir avec la création d’un restaurant et pour stocker matériels et matériaux. Il devient également peu à peu le centre névralgique des médias locaux et nationaux. « Cette activité a pris tellement d’importance que les habitants de Hambourg l’ont rebaptisé Media Bunker. » Une renaissance rendue possible grâce à son statut particulier. Bâtiment public, il est régi pas un contrat très long terme (jusqu’à 100 ans) permettant au signataire de développer des activités selon des plans négociés avec la mairie. En 2014, l’idée vient à l’entrepreneur Mathias Müller-Using et son équipe de surélever le bâtiment pour le chapeauter de verdure. Commencent alors de longues négociations. Les habitants du quartier, très impliqués, se mobilisent et se rassemblent en association, Hilldegarden. Un nouveau contrat est signé : une pyramide de béton sera construite en surélévation. Avec deux conditions : elle doit être accessible au public et le toit d’origine, là où étaient positionnées les armes anti aériennes, doit rester visible. Le site a ouvert ses portes à l’été 2024. « Depuis, trois millions de personnes l’ont visité ! » Pour monter, ils ont suivi la passerelle plantée qui chemine tout autour du Gray Bunker. En haut, c’est une véritable forêt qui escalade ou descend, selon les espèces, les cinq étages des façades pyramidales. « 4 700 arbres et 16 000 plantes, adaptés à ce milieu extrême et alimentés en eau par un circuit d’irrigation fermé, ont été recensés. » À chaque niveau, des balcons et, en rooftop, un jardin. L’association Hilldegarden y organise des activités de jardinage et des événements culturels. Mais surtout, et Anita Engels insiste, « nous avons la responsabilité d’entretenir la mémoire du lieu avec des lectures historiques, des visites guidées, des panneaux explicatifs accompagnant les visiteurs jusqu’en haut. Une partie va aussi être transformée en musée ». Gravir le Green Bunker, c’est aussi s’engager dans une réflexion autour du passé de la ville. « Ce bâtiment est un symbole démontrant que le nazisme n’a pas eu le dernier mot. Nous avons créé un lieu où les valeurs de la démocratie prennent tout leur sens. » De quoi faire taire les mauvaises langues. l Les façades pyramidales du Green Bunker accueillent une végétation luxuriante. © Hilldegarden e.V Le Green Bunker est construit sur le Gray Bunker, édifié par les nazis pendant la seconde guerre mondiale. © Hilldegarden e.V

DOSSIER 14 INTERNATIONAL ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 À Rotterdam (Pays Bas), transformer les toitures en surfaces utiles est un objectif de politique municipale. Au départ, les ambitions portaient surtout sur la gestion des eaux pluviales (GEP), « intégré depuis 2001 dans les projets d’aménagement du territoire », précise Eveline Bronsdijk, urbaniste spécialisée sur les toitures multifonctionnelles pour la ville. Élargir les canalisations existantes ou créer des bassins de rétention ont progressivement été mis de côté pour tourner les regards vers le ciel et « mettre en place des solutions à petites échelles mais plus nombreuses notamment en toiture », souligne Paul van Roosmalen, chef de programmes toitures multifonctionnelles. Cette problématique de la GEP a été associée à celle, complémentaire, de la végétalisation. Puis, progressivement à celles « de la production d’énergie renouvelable, des lieux de convivialité, à vocation sociale… Autant d’activités qui demandent des espaces qui manquent au sol alors qu’ils existent sur les toits. » La ville compte 18,5 millions de m² de toits plats dont 60 % sont privés. Pour pouvoir les exploiter, il faut donc convaincre les propriétaires « et leur parler retour sur investissement. Mais sur les toits, il ne s’exprime pas qu’en euros mais aussi en termes de biodiversité, de gain social… » Pour l’évaluer a été développé, en 2016, le projet Life@Urban Roofs qui attribue au toit une couleur en fonction de son ou ses usages (voir article p. 12). Elle est associée à un outil d’analyse coûts-bénéfices calculant la combinaison optimale pour valoriser la toiture. Pour tester son efficacité, plusieurs bâtiments témoins ont servi de cobayes, dont De Doelen. DISCUSSIONS ET COMPROMIS Cet ouvrage d’après-guerre emblématique de la ville accueille salles de spectacles, de concerts et de conférences. « Le besoin de rénovation de l’étanchéité de la toiture, l’implication du programme collaboratif 7 Square Endeavour (qui travaille sur la transformation durable des espaces urbains en association avec les habitants du quartier) et des subventions européennes ont permis de lancer les réflexions autour de l’exploitation des 2 600 m² de toit-terrasse. » Un travail collaboratif s’est engagé : propriétaires, municipalité, entreprises de travaux, pompiers… « Chacun a pu exprimer ses enjeux et les solutions ont été trouvées collectivement. Nous avons également fait appel au cabinet d’architecture ROTTERDAM En toiture, place à l’innovation Le bâtiment De Doelen accueille concerts, conférences, spectacles… À l’occasion de la rénovation de l’étanchéité de sa toiture-terrasse, un programme innovant de gestion des eaux pluviales et d’étude de la biodiversité a été mis en place. Gestion de l’eau et biodiversité sont les objectifs principaux de la toiture. © City of Rotterdam © Deltavormgroep Le besoin de rénovation de l’étanchéité de la toiture du bâtiment a été l’occasion de lancer les réflexions autour de l’usage de sa toiture.

DOSSIER 15 ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 INTERNATIONAL concepteur du bâtiment d’origine pour éviter tout litige en lien avec la propriété intellectuelle. » Certaines idées ont dû être abandonnées, d’autres ont vu le jour. « Des contraintes sont devenues des opportunités », explique Eveline Bronsdijk. Par exemple, le fait que le toit était au départ une sortie de secours en cas d’incendie. L’idée a été d’utiliser la voie d’évacuation et de l’améliorer pour, à la fois, lui conserver sa fonction d’origine et la transformer en passage vers la zone accessible de la nouvelle toiture. Mais la vocation première de la toiture de De Doelen reste la GEP et la végétalisation. Après la validation des capacités portantes de la structure, un complexe d’étanchéité anti racine et des bacs de retenue d’eau ont été mis en œuvre. « Le système est connecté. Il s’ouvre et se ferme selon les précipitations, la chaleur, la capacité des bacs et les besoins de plantes », décrit Paul van Roosmalen. En parallèle, le choix des vingt-quatre espèces locales et leur implantation dans les 15 cm d’épaisseur de substrat ont été réalisés par des paysagistes. Et ce n’est pas tout. Une étude précise de la biodiversité est effectuée avec une méthode spécifique : l’ADN environnemental. « Des échantillons sont prélevés et envoyés en laboratoire pour y analyser les ADN des animaux ayant fréquenté la toiture. Et les résultats sont étonnants ! Si des traces d’insectes courants sur ces surfaces ont bien sûr été identifiées, on a aussi retrouvé celles d’os de porcs ou de poulets ! Ils ont été déposés là par des oiseaux qui en avaient fait leur repas. Cette technique est prometteuse pour l’étude de la biodiversité car elle permet d’avoir des informations sur la fréquentation animale à toute heure du jour et de la nuit. » l ASNIÈRES-SUR-SEINE Le rooftop se fait colline L’immeuble Sky and Garden multiplie les terrasses à chacun de ses étages hauts. Celle au sommet, avec ses 80 m2 plantés d’arbres, culmine au-dessus de Paris. La terrasse de l’appartement du denier étage de l’immeuble Sky and Garden offre une vue sur tout l’ouest parisien. L’architecte Édouard François a expérimenté le concept pour la première fois à Grenoble : concevoir un immeuble qui reprend l’image de l’ananas avec les étages bas dédiés aux logements et les niveaux les plus élevés, aux terrasses. Les 42 logements et 32 espaces extérieurs de la tour Panache se développent ainsi de haut en bas jusqu’au sommet en R+ 17. « Le succès a été total : les ventes d’appartement ont connu un record de vitesse », rappelle l’architecte. DÉCLINAISON Pas question donc de s’arrêter en si bon chemin : l’idée sera déclinée ailleurs. « Elle est la preuve que le désir d’habitabilité qualifie non seulement l’appartement mais aussi le bâtiment et le quartier tout entier. » C’est donc logiquement que le bâtiment Sky and Garden suit le même principe mais poussé encore plus loin avec la création aux 17e, 18e et 19e étages d’un appartement partagé de plus de 200 m² en triplex aux prestations haute qualité. Conçu comme une maison posée sur le toit, son séjour est ouvert à 360 °, son entrée laisse pénétrer la lumière naturelle, la cuisine est sous verrière, les chambres à double exposition et chaque salle de bain a sa fenêtre. Sa terrasse de 80 m², qui culmine à 50 m de hauteur, est plantée d’arbres en pleine terre. Les garde-corps vitrés laissent une vue complètement ouverte et, disons-le, époustouflante sur tout l’ouest parisien. « Elle donne l’impression d’être en haut d’une colline, pas d’un immeuble. » Malheureusement, le promoteur a refusé qu’il soit exploité de manière collective. Édouard François en a donc fait lui-même l’acquisition. « Nous l’utilisons comme showroom de l’agence », en attendant qu’il trouve un nouvel acheteur. Il est en actuellement à vendre à 2 900 000 euros. Le prix est, certes, (très) élevé mais la philosophie du lieu a prouvé son intérêt et porte même un nom : le « Phare », le premier du Grand Paris. Une fierté pour les habitants du quartier qui se réjouissent de la présence de ce bâtiment signal. Deux autres ouvrages sont en cours de création au Kremlin Bicêtre et à Saint-Denis. l ©Maison Edouard François

DOSSIER 16 INTERNATIONAL ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 RUEIL-MALMAISON Du sport sur le toit Le complexe sportif Alain Mimoun accueille sur sa toiture- terrasse 6 500 m2 d’équipements sportifs pour les entraînements quotidiens des associations et des scolaires. Une manière de densifier la parcelle pour exploiter au maximum l’espace disponible. Depuis le début de l’année 2021, à Rueil-Malmaison (92), associations, clubs et scolaires peuvent pratiquer plusieurs de leurs activités sportives sur les 6 500 m² du toit du complexe Alain Mimoun. « Le site fait partie du projet de développement de tout le quartier de l’Arsenal qui intègre également la construction de nouveaux logements, de bureaux, de commerces… », souligne Pascal Avezou, directeur des sports de la ville de RueilMalmaison. On y monte par un escalier, situé à l’intérieur du gymnase. « Un ascenseur permet également aux personnes à mobilité réduite de s’y rendre. » Ils y retrouvent une piste d’athlétisme de 250 m, trois terrains multisports (qui peuvent n’en former qu’un selon les besoins, en fonction du nombre de joueurs !) et des installations de saut en hauteur et en longueur. Le tout encadré de filets pare ballons de plus de trois mètres de hauteur. Question sécurité, le bâtiment, neuf, respecte les exigences en vigueur. « L’accès est également réglementé. Des agents contrôlent l’entrée car la capacité maximale de fréquentation autorisée est limitée. » OUVRAGE BÉTON « L’exploitation intensive du toitterrasse s’inscrit dans une volonté de proposer, sur une emprise minimum, un maximum d’activités », poursuit le directeur des services techniques Olivier Ramel. Conçu par l’architecte Rudi Ricciotti, le bâtiment est, on s’en doute, en béton pour pouvoir, entre autres, supporter de telles charges. « Près de 200 colonnes à l’allure de temple grec courent sur toute sa périphérie dans un objectif esthétique mais aussi de soutien de la partie haute », précise Olivier Ramel. La terrasse est également mise en œuvre sur des poutres post contraintes de 60 mètres de portée. Quant à la partie courante de la toiture-terrasse, « elle est en béton drainant, permettant de récupérer les eaux pluviales via un bassin de rétention », explique Léon Grosse, entreprise en charge de la mise en œuvre. Le complexe d’étanchéité, adaptée à une circulation piétonne intensive, est recouvert de gazon synthétique pour les terrains multisports et d’un revêtement spécialisé sur la piste d’athlétisme. « Nous souhaitions offrir aux usagers un confort de pratique optimal », souligne Olivier Ramel. L’entretien et la maintenance ont été confiés à une entreprise spécialisée. Depuis son ouverture, le toitterrasse ne désemplit pas. Les sportifs s’y entraînent quotidiennement. Les compétitions ont, elles, lieu ailleurs car, comme l’indique Pascal Avezou, « les équipements ne permettent pas un recul et un dégagement suffisant vis-à-vis des exigences réglementaires. De plus, il n’y a pas de tribune ». l © Ville de Rueil-Malmaison / Christophe Soresto Le toit du centre sportif a remporté l’Award de la toiture innovante des Paris Rooftop Days 2025. © Ville de Rueil-Malmaison / Christophe Soresto Les terrains multisports sont encadrés de filets pare ballons. .

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DOSSIER 18 INTERNATIONAL ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 LA HAYE EnergieKas : une toiture pour le monde de demain Le bâtiment Helena ouvre son toit au public dans un objectif de partage et de convivialité mais aussi de réflexions et d’innovations pour un futur durable. Sur le toit, place aux rencontres, aux échanges, aux débats et au partage autour de thématiques environnementales et scientifiques. Le projet d’exploitation du toit du bâtiment Helena EnergieKas a été lauréat d’un concours lancé par la ville de La Haye, © EnergieKas À La Haye (Pays Bas), 2 000 m² de toiture-terrasse du bâti- ment Helena ont été transformés en site culturel et expérimental. On y cultive, on y crée, on y partage… Le tout autour de sujets scientifiques et climatiques. L’objectif : « inventer ensemble des futurs possibles et en faire l’expérience », peut-on lire sur le site internet du lieu. Ce projet, baptisé EnergieKas, a été imaginé par les architectes Iris Schutten et Erik de Jong. Il a ouvert ses portes l’été dernier, après plusieurs années de négociations avec la municipalité, de réflexions autour de sa réalisation et de mise en œuvre. Tout est parti d’un concours, « the energy challenge », lancé pas la ville en 2019 avec l’objectif de transformer Helena. « Ouvert à tous les citoyens, le vainqueur recevait plusieurs dizaines de milliers d’euros pour concrétiser son projet », explique Pamela Logjes, cheffe de projet toits durables pour la ville de La Haye. Iris et Erik ont gagné avec leur idée de « transformer la toiture, ce paysage de bitume noir, en espace ouvert à la population pour, à la fois, se rencontrer, expérimenter et innover ». Comment ? Avec une serre de 120 m², un système de stockage de l’eau, un silo transformé en endroit calme, des caloducs solaires, un jacuzzi, des jardins partagés, des installations artistiques temporaires et des rassemblements culturels (représentations théâtrales, cinéma…). CONTRE-TEMPS ET NÉGOCIATIONS La concrétisation de ce projet a connu des rebondissements. « La mairie a finalement décidé de mettre en vente le bâtiment en lançant un appel d’offres… » Malgré cela, les deux architectes ne baissent pas les bras. « Après de longues négociations, les deux parties se sont mises d’accord : le nouveau propriétaire achèterait également le toit et laisserait EnergieKas perdurer pendant au moins dix ans. » Le bâtiment est toujours en vente à ce jour. Iris et Erik se sont positionnés en répondant au marché, avec l’aide de nombreux soutiens. Pour sa réalisation, l’apprentissage par le terrain a guidé les deux architectes. De manière générale, l’ouvrage disposait d’une résistance aux charges suffisante pour accueillir les installations prévues, notamment au droit des poutres et poteaux. Des solutions, inspirées de ce qui s’est fait ailleurs, notamment au sein de la Pakt Rooftop Farm d’Anvers (voir article p. 19), ont été reprises : la cuve de récupération d’eau et les bacs de culture ont été installés en périphérie de toiture, là où la structure peut supporter un tel poids. Aujourd’hui, EnergieKas rassemble les caractéristiques du toit vert, bleu, rouge et jaune (voir encadré p. 12). « Chaque mois, plus de mille personnes y montent. Des événements sont organisés en semaine et les weekends. La serre est également à louer », explique Pamela Logjes. Chacun espère ardemment que le drapeau qui signale son ouverture chaque semaine se lèvera encore longtemps dans le ciel de La Haye. l © EnergieKas

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TECHNIQUE 20 FAQ ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 SOLAIRE Quelles contraintes techniques et réglementaires pour l’installation de PV sur toiture-terrasse existante ? En rénovation, la mise en œuvre de modules photovoltaïques sur toiture-terrasse nécessite une préparation en amont du projet afin de garantir son efficacité mais aussi l’intégrité de la solidité et du clos et couvert du bâtiment. PRÉALABLES 01 Comment aborder un projet photovoltaïque sur toiture existante ? La mise en œuvre de modules photovoltaïques dans le cadre de rénovation de toiture-terrasse se prépare en amont, quel que soit le système choisi. « Le préalable indispensable pour l’étancheur, c’est de bien connaître le bâtiment sur lequel il est amené à intervenir », souligne Emmanuel Giordanengo, dirigeant de l’entreprise Anthéa CBE. Il doit donc être en mesure de répondre à ces questions : quelle est la destination de la toiture ? Cette dernière est-elle amenée à changer suite aux travaux et quelle sera la nouvelle ? Quel est son classement (ERP, ICPE…) et quelle est la réglementation qui s’y applique, notamment en termes de sécurité incendie ? Quelle activité accueille le bâtiment ? PROCÉDÉS 02 Comment concevoir le système approprié? En fonction des éléments recueillis dans l’analyse préalable et des exigences mentionnées notamment dans le NF DTU 43.5 « Réfection des ouvrages d’étanchéité des toitures-terrasses ou inclinés », il sera possible de définir plus précisément les contraintes inhérentes au bâtiment. « Par exemple, si la destination de la toiture change, il faut vérifier que la structure est à même de supporter les charges supplémentaires potentielles induites par le nouveau procédé d’étanchéité. C’est d’autant plus le cas si des modules photovoltaïques sont prévus. » Dans les cas des éléments porteurs souples (panneaux à base de bois ou en tôles d’acier nervurées(TAN)), le GMPV-FFB, en collaboration, entre autres avec la CSFE, a publié fin septembre 2025, une plaquette sur « L’assurabilité sur ouvrages existants » qui précise que « compte tenu des conséquences techniques et des responsabilités, il semble difficilement envisageable de mettre en place ces modules photovoltaïques sur des étanchéités existantes et sur les éléments porteurs souples (TAN et bois) existants ». En effet, les modules sont ancrés sur des plots ou des rails qui apportent des charges ponctuelles sur l’isolant et sur l’élément porteur. Or, pour la toiture existante, le dimensionnement étant réalisé sous charges uniformément réparties, il y a peu de chances que les portées des TAN ou des panneaux bois soient conservées compte tenu du changement de la répartition et de l’intensité des charges. Dans les cas de l’élément porteur en béton, si tout ou partie du complexe d’étanchéité est conservé, il faudra vérifier sa compatibilité avec le nouvel usage s’il est prévu et / ou avec la mise en œuvre de systèmes photovoltaïques. Par exemple, l’isolant thermique devra obligatoirement disposer d’une classe de compressibilité C et justifier d’une performance en compression sous charge ponctuelle déterminée par essai. Sur chaque chantier, il sera vérifié que cette compression admissible reste supérieure ou égale à la contrainte apportée par le système photovoltaïque. La mise en œuvre systématique d’un nouveau revêtement d’étanchéité, en remplacement ou en apport complémentaire selon le diagnostic, est généralement recommandée. ALLOTISSEMENTS 03 Quelle répartition dans les travaux ? Comme dans le neuf, la conception, le choix, le calepinage, la mise en œuvre et la maintenance de la toiture reviennent à l’entreprise d’étanchéité. En effet, elle seule est compétente dans le domaine de l’étanchéité et maîtrise la pose du procédé (isolant + membrane) dans le respect des Règles de l’art en vigueur, en partie courante comme pour le traitement de points singuliers. « Elle connaît également les systèmes PV visés par des Avis techniques », ajoute Emmanuel Giordanengo. Elle sera également présente lors la présentation au maître d’ouvrage des travaux qu’elle a réalisés pour acceptation en vue de l’intervention du photovoltaïcien « pour permettre le passage de relais en termes de responsabilité ». l

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