Etanchéité.Info - Numéro 88 - Décembre 2025

ACTUALITÉS 10 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 MATÉRIAUX L’enveloppe du bâtiment au cœur du développement des nouveaux matériaux de construction biosourcés Le projet européen Hibiscus a été lancé en septembre dernier. Son objectif : réduire la dépendance du secteur de la construction aux ressources fossiles pour répondre aux différentes exigences de l’Union européenne en la matière. C’est le groupe Soprema qui aura la charge de coordonner ses travaux avec ceux de onze partenaires européens* issus de la recherche, de l’industrie ou du monde des entreprises. « Le projet ambitionne de démontrer l’efficacité des matériaux de construction biosourcés, la faisabilité et le potentiel de montée en échelle pour permettre à l’industrie de s’émanciper des solutions de construction à base de ressources fossiles », explique le groupe. Le tout en garantissant des performances techniques conformes aux standards européens. Cinq produits innovants pour l’enveloppe du bâtiment ont été choisis comme base de travail : deux solutions d’étanchéité de toiture, avec comme matières premières la chimie du pin et l’huile de cuisson recyclée, deux solutions d’isolation thermique et acoustique à base d’huiles végétales, de lignine et de glucides et une solution de menuiserie. « Ces innovations devraient permettre, à l’horizon 2029, une réduction de 25 % de l’empreinte carbone par rapport aux matériaux actuellement sur le marché », espère Rémi Perrin, directeur R&D de Soprema. l * Bioeconomy for change (France), Cellmat Technologies (Espagne), le CNRS & l’Université de Strasbourg, le CSTB, Fraunhofer (Allemagne), l’Ifeu (Allemagne), Indresmat (Espagne), Kraton (Pays-Bas), Leitat (Espagne), l’Université de Liège (Belgique) et Vito (Belgique) LOGEMENTS -400 000 passoires énergétiques mais… Une étude du service statistique du gouvernement dévoile que 5,4 millions de logements classés F ou G ont été recensés en France au 1er janvier 2025. Un chiffre en baisse mais qui résulte pour beaucoup de la réforme du DPE. Ils représentent 14,4 % du total du parc. 3,9 millions de ces logements sont des résidences principales. Au sein du parc locatif privé, ils sont 1,1 million, soit 13,8 % des habitations. 453 000 étaient encore classés G malgré l’interdiction de les louer. Le service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique estime que le changement de seuils de calcul du DPE pour les petites surfaces, annoncé en février 2024, a eu pour effet de sortir de la catégorie de passoire énergétique 160 000 appartements, soit 38 % de la baisse des passoires énergétiques estimée au cours de l’année parmi les résidences principales. La nouvelle modification du DPE, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2026 et qui concerne le coefficient de conversion de l’électricité, devrait en sortir 700 000 autres. Au-delà de la modification du DPE, « l’interprétation de l’évolution à la baisse du nombre de passoires énergétiques reste délicate », nuance le SDES, car elle « peut refléter une amélioration réelle de la performance énergétique du parc (...), mais aussi d’éventuels effets de comportement tant des diagnostiqueurs que des propriétaires ». l FIGEAC Rénovation de la toiture-terrasse d’un centre commercial en site occupé À Figeac, les 5 400 m² du toit du site E.Leclerc ont bénéficié d’une réhabilitation destinée à l’isoler thermiquement, réduire les besoins en chauffage des locaux et en améliorer le confort d’été. Le tout en minimisant les renforcements structurels et en maintenant les activités des commerces pendant les travaux. L’existant était en bac sec nervuré et non isolé reposant sur une structure métallique. Avec une particularité : le profil du bac n’est pas prévu pour devenir support d’étanchéité. L’objectif était donc de recréer une surface plane avec notamment un remplissage des ondes pour éviter que « l’isolant ne repose en partie dans le vide et entraîne des risques d’instabilité à la pose, d’écrasement de l’isolant, de perte en performances thermiques et d’usure prématurée du système d’étanchéité », explique Yvan Huet, responsable national comptes clés retail chez Recticel. Pour répondre à cette contrainte tout en évitant d’avoir à renforcer la structure de l’ouvrage, le choix du complexe s’est porté sur une solution légère : des bandes de remplissage en polyuréthane (Powerdeck+ de Recticel) de 40 mm d’épaisseur prédécoupées à la forme du bac ont été mises en œuvre pour combler les creux. Elles apportent en plus un complément d’isolation thermique qui a permis de réduire de 2 cm en moyenne l’épaisseur de l’isolant de partie courante posée par-dessus (100 mm de PU Powerdeck+). « Cette solution, classée Broof (t3) et disposant d’un agrément FM Approved répond aux exigences réglementaires et assurantielles. En outre, elle a été évaluée pour une pose directe sur bac sec sans écran thermique en ERP (conformité à l’article AM8) », souligne le fabricant. Une membrane d’étanchéité en PVC vient fermer le complexe. Les 5 400 m² de toiture-terrasse ont été réalisés en trois semaines l’été dernier. l © Rudy Silva

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