DOSSIER 15 ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 INTERNATIONAL concepteur du bâtiment d’origine pour éviter tout litige en lien avec la propriété intellectuelle. » Certaines idées ont dû être abandonnées, d’autres ont vu le jour. « Des contraintes sont devenues des opportunités », explique Eveline Bronsdijk. Par exemple, le fait que le toit était au départ une sortie de secours en cas d’incendie. L’idée a été d’utiliser la voie d’évacuation et de l’améliorer pour, à la fois, lui conserver sa fonction d’origine et la transformer en passage vers la zone accessible de la nouvelle toiture. Mais la vocation première de la toiture de De Doelen reste la GEP et la végétalisation. Après la validation des capacités portantes de la structure, un complexe d’étanchéité anti racine et des bacs de retenue d’eau ont été mis en œuvre. « Le système est connecté. Il s’ouvre et se ferme selon les précipitations, la chaleur, la capacité des bacs et les besoins de plantes », décrit Paul van Roosmalen. En parallèle, le choix des vingt-quatre espèces locales et leur implantation dans les 15 cm d’épaisseur de substrat ont été réalisés par des paysagistes. Et ce n’est pas tout. Une étude précise de la biodiversité est effectuée avec une méthode spécifique : l’ADN environnemental. « Des échantillons sont prélevés et envoyés en laboratoire pour y analyser les ADN des animaux ayant fréquenté la toiture. Et les résultats sont étonnants ! Si des traces d’insectes courants sur ces surfaces ont bien sûr été identifiées, on a aussi retrouvé celles d’os de porcs ou de poulets ! Ils ont été déposés là par des oiseaux qui en avaient fait leur repas. Cette technique est prometteuse pour l’étude de la biodiversité car elle permet d’avoir des informations sur la fréquentation animale à toute heure du jour et de la nuit. » l ASNIÈRES-SUR-SEINE Le rooftop se fait colline L’immeuble Sky and Garden multiplie les terrasses à chacun de ses étages hauts. Celle au sommet, avec ses 80 m2 plantés d’arbres, culmine au-dessus de Paris. La terrasse de l’appartement du denier étage de l’immeuble Sky and Garden offre une vue sur tout l’ouest parisien. L’architecte Édouard François a expérimenté le concept pour la première fois à Grenoble : concevoir un immeuble qui reprend l’image de l’ananas avec les étages bas dédiés aux logements et les niveaux les plus élevés, aux terrasses. Les 42 logements et 32 espaces extérieurs de la tour Panache se développent ainsi de haut en bas jusqu’au sommet en R+ 17. « Le succès a été total : les ventes d’appartement ont connu un record de vitesse », rappelle l’architecte. DÉCLINAISON Pas question donc de s’arrêter en si bon chemin : l’idée sera déclinée ailleurs. « Elle est la preuve que le désir d’habitabilité qualifie non seulement l’appartement mais aussi le bâtiment et le quartier tout entier. » C’est donc logiquement que le bâtiment Sky and Garden suit le même principe mais poussé encore plus loin avec la création aux 17e, 18e et 19e étages d’un appartement partagé de plus de 200 m² en triplex aux prestations haute qualité. Conçu comme une maison posée sur le toit, son séjour est ouvert à 360 °, son entrée laisse pénétrer la lumière naturelle, la cuisine est sous verrière, les chambres à double exposition et chaque salle de bain a sa fenêtre. Sa terrasse de 80 m², qui culmine à 50 m de hauteur, est plantée d’arbres en pleine terre. Les garde-corps vitrés laissent une vue complètement ouverte et, disons-le, époustouflante sur tout l’ouest parisien. « Elle donne l’impression d’être en haut d’une colline, pas d’un immeuble. » Malheureusement, le promoteur a refusé qu’il soit exploité de manière collective. Édouard François en a donc fait lui-même l’acquisition. « Nous l’utilisons comme showroom de l’agence », en attendant qu’il trouve un nouvel acheteur. Il est en actuellement à vendre à 2 900 000 euros. Le prix est, certes, (très) élevé mais la philosophie du lieu a prouvé son intérêt et porte même un nom : le « Phare », le premier du Grand Paris. Une fierté pour les habitants du quartier qui se réjouissent de la présence de ce bâtiment signal. Deux autres ouvrages sont en cours de création au Kremlin Bicêtre et à Saint-Denis. l ©Maison Edouard François
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