Etanchéité.Info - Numéro 88 - Décembre 2025

DOSSIER 18 INTERNATIONAL ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 LA HAYE EnergieKas : une toiture pour le monde de demain Le bâtiment Helena ouvre son toit au public dans un objectif de partage et de convivialité mais aussi de réflexions et d’innovations pour un futur durable. Sur le toit, place aux rencontres, aux échanges, aux débats et au partage autour de thématiques environnementales et scientifiques. Le projet d’exploitation du toit du bâtiment Helena EnergieKas a été lauréat d’un concours lancé par la ville de La Haye, © EnergieKas À La Haye (Pays Bas), 2 000 m² de toiture-terrasse du bâti- ment Helena ont été transformés en site culturel et expérimental. On y cultive, on y crée, on y partage… Le tout autour de sujets scientifiques et climatiques. L’objectif : « inventer ensemble des futurs possibles et en faire l’expérience », peut-on lire sur le site internet du lieu. Ce projet, baptisé EnergieKas, a été imaginé par les architectes Iris Schutten et Erik de Jong. Il a ouvert ses portes l’été dernier, après plusieurs années de négociations avec la municipalité, de réflexions autour de sa réalisation et de mise en œuvre. Tout est parti d’un concours, « the energy challenge », lancé pas la ville en 2019 avec l’objectif de transformer Helena. « Ouvert à tous les citoyens, le vainqueur recevait plusieurs dizaines de milliers d’euros pour concrétiser son projet », explique Pamela Logjes, cheffe de projet toits durables pour la ville de La Haye. Iris et Erik ont gagné avec leur idée de « transformer la toiture, ce paysage de bitume noir, en espace ouvert à la population pour, à la fois, se rencontrer, expérimenter et innover ». Comment ? Avec une serre de 120 m², un système de stockage de l’eau, un silo transformé en endroit calme, des caloducs solaires, un jacuzzi, des jardins partagés, des installations artistiques temporaires et des rassemblements culturels (représentations théâtrales, cinéma…). CONTRE-TEMPS ET NÉGOCIATIONS La concrétisation de ce projet a connu des rebondissements. « La mairie a finalement décidé de mettre en vente le bâtiment en lançant un appel d’offres… » Malgré cela, les deux architectes ne baissent pas les bras. « Après de longues négociations, les deux parties se sont mises d’accord : le nouveau propriétaire achèterait également le toit et laisserait EnergieKas perdurer pendant au moins dix ans. » Le bâtiment est toujours en vente à ce jour. Iris et Erik se sont positionnés en répondant au marché, avec l’aide de nombreux soutiens. Pour sa réalisation, l’apprentissage par le terrain a guidé les deux architectes. De manière générale, l’ouvrage disposait d’une résistance aux charges suffisante pour accueillir les installations prévues, notamment au droit des poutres et poteaux. Des solutions, inspirées de ce qui s’est fait ailleurs, notamment au sein de la Pakt Rooftop Farm d’Anvers (voir article p. 19), ont été reprises : la cuve de récupération d’eau et les bacs de culture ont été installés en périphérie de toiture, là où la structure peut supporter un tel poids. Aujourd’hui, EnergieKas rassemble les caractéristiques du toit vert, bleu, rouge et jaune (voir encadré p. 12). « Chaque mois, plus de mille personnes y montent. Des événements sont organisés en semaine et les weekends. La serre est également à louer », explique Pamela Logjes. Chacun espère ardemment que le drapeau qui signale son ouverture chaque semaine se lèvera encore longtemps dans le ciel de La Haye. l © EnergieKas

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