Etanchéité.Info - Numéro 88 - Décembre 2025

TÉMOIN 32 ÉTANCHÉITÉ.INFO #88 DÉCEMBRE 2025 DIDIER MIGNERY LE CONTEXTE Didier MIgnery a fondé son cabinet d’architecture en 2002 et Upfactor en 2017 afin de développer Upfactor Geoservices. Il dirige l’entreprise désormais intégré au Groupe Polylogis depuis juillet 2025. En 2023, il a coécrit, avec Géraldine Bouchet-Blancou, l’ouvrage « Surélever les bâtiments : Densifier et rénover à l’échelle urbaine », publié aux Éditions Le Moniteur. « Avec la surélévation, tout le monde y gagne » Entretien avec Didier Mignery, fondateur de UpFactor PROPOS RECUEILLIS PAR ADELINE DIONISI Créée en 2017, UpFactor cartographie le « foncier aérien » au fort potentiel de surélévation des métropoles françaises. Son fondateur revient sur cette aventure à la croisée de la technologie, de la réglementation et du bon sens urbain. ETANCHÉITÉ.INFO Qu’est-ce qui vous a amené à créer UpFactor ? DIDIER MIGNERY À la création d’UpFactor en 2017, le concept de surélévation était très peu exploité alors qu’il existe depuis toujours ! À Paris par exemple, les immeubles sur l’île de la Cité ont été déjà réhaussés à plusieurs reprises. En tant qu’architecte, j’ai tout de suite cherché à exploiter ce potentiel. Mon premier chantier parisien a d’ailleurs été ma première surélévation. C’était en 2015 et par un heureux hasard du calendrier, c’était aussi l’année où la Mairie de Paris cherchait de nouvelles solutions pour créer des logements sans étaler la ville. L’Agence parisienne d’urbanisme (Apur) venait également de lancer ses premières études sur les possibilités d’exploitation des toits dans la capitale… Néanmoins, j’ai réalisé que ce n’était pas suffisant, que certaines données, notamment cadastrales, ne sont pas à jour. Les hauteurs des bâtiments par exemple, y sont mal renseignées. Il fallait donc aller plus loin. E.I. Comment avez-vous réussi à récupérer ces informations ? D.M. Nous avons utilisé les données aériennes fournies par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) qui cartographient, par nuages de points, la morphologie des bâtiments. Grâce au logiciel que nous avons développé, nous avons transformé ces informations en une sorte de plan de la ville en trois dimensions intégrant les formes et les volumes de chaque bâtiment mais également en qualifiant les surfaces de toitures. L’étape suivante, c’était, pour chaque parcelle, d’y superposer les règles d’urbanisme qui s’y appliquent, aussi bien en matière de hauteur que de retrait de toiture ou de distances entre deux bâtiments. Deux ans plus tard, notre logiciel était opérationnel. Depuis nous sommes capables de définir quel immeuble est surélevable et de combien d’étages dans plus de quinze métropoles en France. E.I. Diagnostiquer, c’est bien mais concrétiser, c’est mieux ! D.M. Evidemment et c’est pourquoi nous proposons une offre clé en main. Notre rachat en juillet dernier par le groupe Polylogis nous a notamment permis d’élargir nos domaines de compétences et d’accélérer notre développement. Nous sommes également en mesure, en tant qu’assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO), d’accompagner les porteurs de projet de l’identification au lancement des travaux. E.I. À qui vous adressez-vous ? D.M. Nous avons plusieurs typologies de clients. Au départ, nous pensions cibler principalement les promoteurs mais ils sont finalement peu réceptifs compte tenu de la configuration des projets. Notre service tout compris prend donc tout son sens car nous pouvons nous substituer à eux. Les collectivités locales sont beaucoup plus intéressées, d’autant plus que nous avons constaté que les bâtiments publics sous-exploitent largement, en termes de hauteur, les possibilités offertes par les PLU. Les bailleurs sociaux ont également perçu les bénéfices qu’ils pouvaient tirer de notre solution ainsi que, de plus en plus, les copropriétés. E.I. Quels avantages ces acteurs peuvent-ils en tirer ? D.M. Nos projets ne se heurtent à aucune contrainte légale car elles sont intégrées dès le lancement du processus. En outre, le droit de construire sur le toit se monnaye. En le vendant, un propriétaire, quel que soit son statut, récupère une manne financière qu’il peut utiliser par exemple pour réaliser des travaux de rénovation, l’installation d’un ascenseur… L’acheteur, quant à lui, fait fructifier cet investissement en commercialisant les appartements nouvellement créés. Quand on connaît le prix du mètre carré dans l’immo-

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