LE MAGAZINE DES PROFESSIONNELS DE L’ÉTANCHÉITÉ, DE L’ISOLATION ET DU BARDAGE NUMÉRO 89 MARS 2026 P. 34 RÉALISATION Le Crès Les Arènes ont respecté les délais P. 8 ACTUALITÉS Salon Top of the Roof : deuxième P. 16 DOSSIER Recyclage Les produits d’étanchéité en manque de filières
Rockfit PV ROCKWOOL Préserver la performance au feu de votre toiture avec un isolant incombustible permettant de conserver l’existant et d’installer un système photovoltaïque. La solution Étude de cas Découvrez une démonstration concrète, sur chantier, d’une isolation en laine de roche pensée pour accompagner les projets photovoltaïques dans le temps www.rockwool.fr Protégez vos bâtiments des incendies Réduisez vos émissions carbone Produisez de l’énergie via le photovoltaïque N’interrompez-pas votre activité durant la rénovation Simplifiez-vous l’installation Utilisez un isolant recyclable à l’infini CONSERVER & AMÉLIORER DURABLEMENT vos toitures-terrasse acier Nouveau RÉNOVATION
Envie de vous abonner à nos revues Étanchéité.INFO & Bardage.INFO ? Remplissez le formulaire via le QR code ci-contre ÉDITO 3 ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 10-31-1495 ÉTANCHÉITÉ.INFO est une publication trimestrielle de l’Association pour la promotion des métiers de l’étanchéité APME-PROMÉTHÉE, éditée sous l’égide de la CSFE. WWW.ETANCHEITEINFO.FR CSFE 6-14, rue La Pérouse, 75784 Paris cedex 16 Tél. : 01 56 62 13 20 Fax : 01 56 62 13 21 Directrice de la publication Edwige Parisel Comité de rédaction Agapé Ambs, Manuel Decoodt, Corinne Foubert, Serge Grégoire, Gilles Guyoton, Cédric Hotton, Loreleï Housset, Sinicha Knezevic, Marie-Alice Lacoste, Mathieu Lechantre, François Michel, Line Nguyen, Edwige Parisel, Carole Mahé Peyre, Valérie Rougemont, Aurélien Sollet ABONNEMENT GRATUIT sur simple demande : 01 56 62 13 20 PYC MÉDIA Étanchéité.info est éditée par 16-18, place de la Chapelle 75018 Paris Tél. : 01 53 26 48 00 - www.pyc.fr Actionnaire principal : Edith Sarl Rédaction Bastien Cany (47 85) b-cany@pyc.fr Adeline Dionisi (48 05) a-dionisi@pyc.fr Rédacteur graphiste François Bordrez Publicité Morgane Gargadennec (48 03) m-gargadennec@pyc.fr Lucie Bechet (88 86) l-bechet@pyc.fr Aurélie Degasse (47 89) a-degasse@pyc.fr (chargée de relations annonceurs) Design graphique © Marge Design Couverture © Soprema Entreprises - photographe Drone-Ops Infographie Laubywane N°ISSN : 1958-3575 Dépôt légal à parution Impression, façonnage ILD ZAC Artois Pôle 2 - Allée de Belgique 62128 Wancourt Papier : UPM Star Silk 90gr Origine du papier : Kaukas en Finlande Taux de fibres recyclées : 0 % Taux d’eutrophisation : 0,004 Kg / tonne Certification PEFC 100% « Top of the Roof, c’est un lieu de rencontres et de débats, un espace où les solutions concrètes côtoient les réflexions de fond, où les innovations prennent tout leur sens.» Le monde de l’étanchéité et du bardage est en pleine transformation. Innovations techniques, exigences environnementales, évolution des usages, pression réglementaire : jamais notre filière n’a été autant sollicitée… ni autant porteuse d’opportunités. C’est dans ce contexte dynamique et exigeant que se prépare Top Of the Roof 2026, avec le soutien de la SMABTP, le rendez-vous incontournable des acteurs de nos métiers. Les 25 et 26 mars prochains, c’est à Lyon que tous se retrouveront. Une ville au carrefour des territoires, de l’innovation et du savoir-faire, parfaitement en phase avec l’ambition de cet événement : rassembler, inspirer et projeter la filière vers l’avenir. Top Of the Roof, ce n’est pas seulement un salon. C’est un lieu de rencontres et de débats où industriels, applicateurs, négociants, maîtres d’œuvre, prescripteurs, bureaux d’études et donneurs d’ordre partagent une même vision : construire des toitures plus performantes, plus durables et plus intelligentes. C’est un espace où les solutions concrètes côtoient les réflexions de fond, où les innovations prennent tout leur sens au contact du terrain. Au programme : - des nouveautés produits et systèmes qui façonneront les chantiers de demain ; - des temps forts techniques et prospectifs ; - des échanges directs entre tous les maillons de la chaîne ; - et surtout, une énergie collective qui fait avancer la profession. Dans un secteur où l’expertise, la confiance et la transmission sont essentielles, Top Of the Roof 2026 se veut fédérateur et utile. Un événement pensé par et pour les professionnels, pour valoriser les métiers, attirer les talents et renforcer la visibilité de notre filière. Que vous soyez acteur historique ou nouvel entrant, décideur, technicien, prescripteur ou étudiant votre place est sur le toit… à Lyon en mars 2026. Ensemble, prenons de la hauteur et construisons l’avenir de nos toitures de demain. Top of the Roof, c’est à Lyon les 25 et 26 mars prochains SINICHA KNÉZÉVIC, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION COMMUNICATION DE LA CSFE
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SOMMAIRE 5 ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 36 16 P. 40 TÉMOIN Thomas Le Diouron Dirigeant d’Impulse Partners Retrouvez l’interview en audio et vidéo dans notre podcast Parlez-moi de toit, saison 2 sur etancheiteinfo.fr ou en flashant le QR code p.41. P. 42 AGENDA P. 07 TABLEAU DE BORD P. 08 ACTUALITÉS Top of the Roof : deuxième P. 9 En bref P. 16 DOSSIER Environnement Recyclage : les produits d’étanchéité en manque de filières La loi Agec, dont découle la REP, ambitionne de venir à bout des décharges sauvages et, progressivement, de l’enfouissement des déchets de chantier des PMCB. Les systèmes d’étanchéité sont concernés mais doivent faire encore face à plusieurs obstacles. P. 20 Recyclage des membranes d’étanchéité : une marge de progression importante P. 21 Matériaux d’isolation : des opportunités de recyclage variables Sommaire #89 | mars 2026 P. 24 TECHNIQUE Fiche pratique Les solutions de toiture-terrasse contre les moustiques tigres P. 26 FAQ Qu’implique le devoir de conseil des entreprises de construction ? P. 28 Décryptage Membranes d’étanchéité : panorama des différents matériaux P. 32 RÉALISATIONS Langeac Le Tournesol s’ouvre à nouveau P. 34 Le Crès Les Arènes ont respecté les délais P. 36 Les Sables d’Olonne Arena : plus de 50 cm d’épaisseur de complexe d’étanchéité P. 38 RENCONTRE Michelle, Stécy et Jérémy Ducrest, entreprise Ducrest à Saint-Maurdes-Fossés (94) © Valobat © Smac Un podcast à retrouver en audio
ISOLATION & ÉTANCHÉITÉ UNE SEULE EXPERTISE IKO enertherm ALU 2400 x 1200 mm 1er DTA visant un isolant PIR avec un parement multicouches pour cette application. ROOF-SOLAR BITUME 600 Etanchéité bicouche, système de fixations breveté 1er ATec pour toitures-terrasses sur Tôles d’Acier Nervurées (TAN) SYSTÈME PHOTOVOLTAÏQUE SYSTÈME VÉGÉTALISÉ IKO enertherm ALU XL PRO 1200 mm x 600 mm 1er DTA visant un isolant de dimensions 1200x600 mm en système apparent collé. IKO DUO GREEN Étanchéité bicouche autoadhésive sous végétalisation SYSTÈMES IKO
ACTUALITÉS 7 TABLEAU DE BORD ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 INDICATEURS Logement : les chiffres de la construction tous orientés à la hausse Pour le non résidentiel, en revanche, la tendance reste plutôt baissière, notamment concernant les délivrances de permis de construire. LES CHIFFRES DU MOIS 6,3 C’est en pourcentage, la baisse de l’activité, en volume, des produits préfabriqués en béton destinés au bâtiment en 2025. (Source : Fédération de l’industrie du béton) 3,6 C’est, en milliards d’euros, le budget alloué à MaPrimeRénov’ en 2026. 77 C’est, en pourcentage, la part des acteurs de la filière bâtiment pour qui la rénovation et la transition bas carbone sont au cœur des leviers de croissance. (Source : enquête EnerJ-meeting) 115 000 C’est le nombre d’agréments de construction de logements sociaux délivrés en 2025, contre 98 300 en 2024. (Source : USH) LOGEMENTS COLLECTIFS ÷ 12,8 % Hausse du nombre de permis de construire de logements collectifs en décembre 2025 par rapport au mois précédent. ÷ 15,9 % Hausse du nombre de mises en chantier de logements collectifs en décembre 2025 par rapport au mois précédent. Les chiffres LOGEMENTS ÷ 6,9 % Hausse du nombre de permis de construire de logements neufs en décembre 2025 par rapport au mois précédent. ÷ 14,8 % Hausse du nombre de mises en chantier de logements neufs en décembre 2025 par rapport au mois précédent. LOCAUX NON RÉSIDENTIELS ◊ 6,7 % Baisse des surfaces autorisées à la construction de locaux non-résidentiels d’octobre à décembre 2025 par rapport à la même période il y a un an. ÷ 12 % Hausse des surfaces mises en chantier de locaux non-résidentiels neufs d’octobre à décembre 2025 par rapport à la même période il y a un an. BUREAUX ◊ 22,1 % Baisse des surfaces autorisées à la construction de bureaux neufs d’octobre à décembre 2025 par rapport à la même période il y a un an. ◊ 8,9 % Baisse des surfaces mises en chantier de bureaux neufs d’octobre à décembre 2025 par rapport à la même période il y a un an.
ACTUALITÉS 8 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 ÉVÉNEMENT Top of the Roof : deuxième Le salon de l’étanchéité et du bardage, organisé par la CSFE avec le soutien de la SMABTP, se tient les 25 et 26mars au Matmut Stadium à Lyon. Une seconde édition placée sous le signe de l’ambition etdel’ouverture pour montrer au plus grand nombre que l’étanchéité ouvre un vaste champ des possibles, tant en termes de traitement qued’exploitation des toitures-terrasses. Interview croisée avec Gérald Faure, président de la CSFE et Sinicha Knézévic, président de sa commission communication. PROPOS RECUEILLIS PAR ADELINE DIONISI Étanchéité.Info Pourquoi avoir lancé un salon dédié à l’étanchéité ? Sinicha Knézévic Les métiers de l’étanchéité sont souvent perçus comme pénibles ou peu valorisants. Cette vision est très réductrice, car elle ne considère ni les compétences de nos compagnons ni la richesse des usages des toitures-terrasses, qu’ils s’agissent d’accessibilité, de végétalisation, de photovoltaïque… Pour faire évoluer les mentalités, il était nécessaire de disposer d’une vitrine mettant en lumière nos savoir-faire, à la fois auprès des acteurs de l’acte de construire et du grand public, en particulier des jeunes générations. L’organisation d’un salon répond pleinement à ces ambitions. Gérald Faure Il n’a pas été facile de convaincre au sein de la profession car il s’agissait d’engager les ressources de nos adhérents sans garantie de retour sur investissement. Mais Sinicha, initiateur du projet, a tenu bon. Je lui ai fait entièrement confiance et les équipes mobilisées se sont impliquées à 100 %. Je citerai notamment les permanents de la CSFE mais aussi la Fédération régionale du bâtiment Auvergne Rhône-Alpes. E.I. Quel bilan et quels enseignements avez-vous tiré de la première édition de 2024 ? G.F. Le succès a été immédiat. Nous l’avons constaté dès la phase de commercialisation des stands. Les sceptiques se sont déplacés en observateurs. Ils ont été convaincus et ont signé pour la deuxième édition. S.K. En effet, nous avons dépassé nos objectifs ! Sur les deux jours de salon, nous avons recensé 38 stands et 1 500 visiteurs. Surtout, nous avons constaté des typologies de fréquentation très diverses, bien plus étendues que lors de notre convention annuelle étanchéité-bardage. Nous avons recensé un grand nombre de collaborateurs, de maîtres d’œuvre mais aussi du grand public. Et ce malgré le plan Vigipirate renforcé déclenché le jour du salon. G.F. Les retours post-salon étaient vraiment enthousiastes. Rien que le lendemain, nous avons reçu une centaine de mails de satisfaction nous demandant quand était la prochaine édition. E.I. Elle se tient donc les 25 et 26 mars prochains, toujours à Lyon. Avez-vous quelques estimations sur le nombre d’exposants et de visiteurs ? S.K. Tous les stands sont vendus, la majorité aux industriels du secteur mais également à quelques entreprises. Il y a aura donc 49 exposants et 2 000 visiteurs attendus. L’élan créé par la première édition se confirme cette année. E.I. Quelle programmation leur sera proposée ? G.F. Tout d’abord, à noter que cette année, la CSFE tiendra son Assemblée générale annuelle sur le salon le 25 mars à 9 h 30 et le même jour, sa soirée des adhérents au grand réfectoire de l’Hôtel-Dieu. Ceux qui se déplacent habituellement sur cet événement pourront ainsi également participer à Top of the Roof. S.K. Pour les professionnels, les deux journées seront rythmées par toute une série de conférences aux thématiques ciblées pour être au plus proche des enjeux auxquels sont confrontés les acteurs du secteur. Seront ainsi abordés aussi bien la sinistralité, avec notre partenaire sur l’événement SMABTP, que la surélévation, les atouts de la végétalisation, le potentiel d’innovation, Gérald Faure, président de la CSFE. Sinicha Knézévic, président de la commission communication de la CSFE.
ACTUALITÉS 9 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 les revêtements réflectifs ou la conception bioclimatique… Deux moments forts marqueront également le salon : les Trophées de l’innovation le 25 mars au matin et, le lendemain, en clôture, la signature d’une convention nationale entre l’OPPBTP et la CSFE. L’ensemble du programme est disponible sur le site internet www.topoftheroof.fr. E.I. Cette édition est également placée sous le signe de la jeunesse… S.K. Effectivement. Pendant toute la journée du 26 mars, des groupes scolaires et des jeunes seront accueillis et encadrés pour découvrir les métiers de l’étanchéité. Deux influenceurs ainsi que des apprentis seront présents pour échanger sur la profession. Les étudiants pourront également assister à des démonstrations de pose sur une maquette géante, manipuler un chalumeau sans flamme ou encore participer à un quiz avec gain de goodies à la clé. G.F. À ce jour, 180 élèves de trois collèges et deux lycées ont d’ores et déjà répondu présents. Nous espérons, évidemment, qu’ils seront encore plus nombreux le jour J mais cette mobilisation est déjà un succès. E.I. Une édition 2028 est-elle d’ores et déjà prévue ? G.F. Bien sûr. Le bardage, la végétalisation, les métiers du photovoltaïque et les activités connexes seront particulièrement mis à l’honneur. l PARIS L’ensemble de bureaux s’ouvre sur l’extérieur sur toute sa hauteur Situé dans le 13e arrondissement de Paris, Sequana est un ensemble immobilier de bureaux composé de deux bâtiments de huit étages. 21 000 m² dont la construction s’est achevée en 2003 et qui n’avaient, depuis, jamais été rénovés. C’est désormais chose faite, avec à la manœuvre, l’agence d’architecture Arte Charpentier, la même qui a conçu les ouvrages d’origine. Toit-terrasse et terrasses accessibles, jusqu’alors nus, sont désormais largement végétalisés. « L’ambition du projet de rénovation Sequana était de fusionner l’identité d’origine du bâtiment avec les besoins contemporains en réconciliant l’ensemble immobilier avec la ville, en donnant une place aux vélos et aux mobilités douces et en repensant et végétalisant tous les espaces extérieurs », expliquent les concepteurs d’Arte Charpentier. Pour cela, ces derniers se sont donné trois lignes directrices principales : révéler les différentes possibilités du socle de l’immeuble en créant une percée centrale plantée pour à la fois intégrer le végétal et la ville, améliorer et optimiser les espaces de travail et les parties communes et rendre accessibles et vivants les différents espaces extérieurs, au sol mais aussi en toitureterrasse et sur les terrasses des 4e, 6e et 8e étages. Ces dernières deviennent à la fois des espaces extérieurs de travail et de convivialité avec vues et se transforment en support de biodiversité. La toiture-terrasse a, quant à elle, été transformée en rooftop. « Les contraintes structurelles ont imposé d’avoir recours à du mobilier amovible ainsi qu’à des plantations légères avec un poids maîtrisé type permaculture. Un bar est également prévu. » Pour la réalisation de ce chantier, une démarche de réemploi a été mise en place. Certains matériaux étaient issus de l’existant et notamment 800 m² de dalles en pierre, 630 m² de platelage bois et 190 m² de dalles en granit. D’autres venaient d’autres opérations. l Maître d’ouvrage: Covea Immobilier © Boegly Grazia © Boegly Grazia
ACTUALITÉS 10 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 ÉNERGIE « Le marché du photovoltaïque est entré en phase de transition » Le groupe Xerfi, qui réalise des études économiques sectorielles, vient de publier une étude dédiée au PV français et aux stratégies pour préserver son développement face au recul du soutien public et aux contraintes du réseau. Car, d’après l’organisme, après la forte croissance, c’est une période d’inflexion qui se profile. Le décret sur la PPE3 publié au JO La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), dévoilée jeudi 12 février, doit répondre d’ici à 2035 aux enjeux de souveraineté énergétique et de décarbonation de la France. Pour remplacer les énergies fossiles, le gouvernement a fait le choix du nucléaire et, dans une moindre mesure, des énergies renouvelables. Ainsi, pour le solaire, avec 48 GW installés en 2030, les objectifs sont en recul par rapport aux 54 GW qui avaient été mis initialement dans la concertation. En cause notamment : la faible consommation électrique actuelle. Pour autant, certains professionnels sont soulagés. Ainsi, Enerplan « salue cette publication qui va donner aux filières énergétiques le cadre indispensable des prochaines années », après des mois d’arrêt. D’autant plus que ça aurait pu être pire : le scénario retenu n’est pas le plus défavorable pour la filière. D’autres dénoncent une opposition contre productive entre solaire et nucléaire : « La PPE doit être le contrat de confiance entre l’État et celles et ceux qui produiront l’énergie de demain. Opposer nucléaire et solaire est un faux débat : la transition énergétique repose sur un mix bas carbone complémentaire, organisé et pragmatique », alerte Paul de Préville, cofondateur d’Ensol et porte-parole de la SunTech. Après les 5 GW raccordés en 2024, « un cap historique », rappelle Xerfi, le marché devrait connaître « un net retournement de tendance » et « repasser sous la barre des 5 GW en 2026 pour s’établir autour de 4,8 GW par an à l’horizon 2030 ». Serait en cause : la baisse rapide du soutien public avec « des tarifs de rachat des surplus divisés par trois pour les installations résidentielles de moins de 9 kWc et de 13 % sur le segment des 100-150 kWc en 2025 », alors même que ce dispositif est à l’origine du développement du solaire dans le pays. Sans oublier, pour les installations au sol, les contraintes liées à la mise en œuvre de la Zéro artificialisation nette (ZAN) et au durcissement des règles de défrichement. « Dans ces conditions, la croissance du parc, qui atteignait près de 25 % par an entre 2020 et 2025, devrait ralentir à environ 12 % d’ici 2030. » JOUER LA CARTE DES TOITURES La solution se trouverait sur les toits et les ombrières de parking. « Ils sont notamment portés par les obligations réglementaires pour les bâtiments résidentiels de plus de 500 m² et les parkings de 1 500 m². Nous anticipons d’ailleurs une croissance annuelle supérieure à 20 % sur le segment des moyennes puissances », précise Damien Callet, directeur d’études chez Xerfi. En parallèle, la réduction des soutiens devrait se traduire par des modèles fondés sur les PPA, l’autoconsommation et le stockage par batteries. « À la mi 2025, seules 2 % des installations françaises en autoconsommation étaient couplées au stockage, signe d’un important gisement de valeur encore inexploité. » l
Barrial®Évolutif Dani alu s’inscrit dans une démarche éco-responsable en vous proposant le réemploi de vos garde-corps Barrial® Compte tenu de l’évolution de la norme NF E85-015 en 2019 qui proscrit les garde-corps lestés, dani alu vous accompagne dans le réemploi partiel ou total de ses garde-corps Barrial®. Les avantages : • Réduction de l’empreinte carbone • Économies financières pour le maître d’ouvrage • Circularité • Délai de réalisation réduit Nos services : • Analyse des risques • Préconisations sur site • Étude technique • Enveloppe budgétaire • Assistance relevé de cotes et démarrage chantier Fabrication à Sainte-Consorce (69) et Soisy-sous-Montmorency (95) +33 4 78 87 12 48 Suivez nos actualités sur : www.danialu.fr Avant BARRIAL® Autoporté* Après BARRIAL® Fixation mécanique *Proscrit en neuf et en rénovation d’étanchéité FABRIQUÉ EN FRANCE MARCHÉ Construction métallique : l’activité se tasse Le Syndicat de la construction métallique de France (SCMF) a fait le point sur la situation économique du secteur pour l’année 2025. Comme pour beaucoup, le ralentissement des marchés, les incertitudes réglementaires et les tensions sur les investissements ont généré contraintes et instabilités pour les entreprises. Ainsi, en 2024, le chiffre d’affaires sectoriel avait atteint 4 milliards d’euros. En 2025, il était de 3,85 milliards d’euros, soit une baisse de 3,69 %. « Cela se traduit par un tonnage mis en œuvre compris entre 740 000 et 760 000 tonnes, contre 773 365 tonnes en 2024 », précise le SCMF. Ce tonnage se répartit comme suit : « Malgré des sursauts d’activité en février-mars, puis juillet et octobre 2025, le tonnage mensuel des commandes reçues par la construction métallique française baisse sur l’ensemble de l’exercice comparativement à 2024 », ajoute l’organisme. Ces ralentissements n’ont pas l’air, pour le moment, d’affecter les effectifs des entreprises (les données consolidées ne sont pas encore disponibles). Néanmoins, le SCMF affirme d’ores et déjà que « les dernières données connues, remontant à 2024 (hors intérimaires) laissent apparaître une légère hausse de 1,40 % avec un effectif total (avec intérimaires) progressant de 0,96 %. Si le nombre de cadres et d’ETAM se veut stable, celui des intérimaires a baissé de - 7,58 % en 2024 (par rapport à 2023). Quant à la catégorie des ouvriers de chantiers, elle gagne + 2 % et celle des ouvriers ateliers progresse de + 2,48 % ». l © SNCM ACTUALITÉS 11 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026
ACTUALITÉS 12 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 ENTREPRISE Smac n’en finit pas d’acquérir L’entreprise de travaux spécialiste de l’étanchéité et du bardage Smac a annoncé fin décembre 2025 l’acquisition d’Avenir Métal basée à Frontonas (38) et SN Alt’o implantée à Saint-Égrève (38). Les deux entreprises, expertes notamment en réfection en site occupé et reconnues dans le domaine de l’acier, continueront à opérer sous leur propre marque, sans changement d’activités ni de clientèles. Mi-février dernier, le groupe a annoncé avoir signé un accord pour l’acquisition d’une participation majoritaire au capital des Étancheurs parisiens, société spécialisée dans les travaux de rénovation d’étanchéité pour les syndics de copropriété. « Cette démarche a été initiée par l’équipe dirigeante des Étancheurs parisiens qui souhaitait s’adosser un partenaire industriel pour continuer à développer leur entreprise », expliquent les deux structures dans un communiqué de presse commun. Son dirigeant actuel et co fondateur Thibault Lhermitte reste à sa tête. l PRODUIT Bluetek lance deux nouveaux lanterneaux en verre Flat Inside et Dôme Inside (Bluetek) viennent compléter la gamme Inside. Le fabricant met en avant leurs qualités en matière de performance thermique, de sécurité structurelle et d’intégration architecturale discrète. Les deux produits disposent d’un cadre à rupture de pont thermique, d’une isolation de 50 mm sur la costière et de joints de cadre garantissant leur durabilité et leur étanchéité. En outre, leur structure multichambre (plusieurs plaques de verre formant des couches d’air entre chaque) renforce la barrière contre le froid et le chaud. Toujours selon le fabricant, leur courbe isotherme est stable : la température à l’intérieur de la structure reste constante et répartie et les points froids sont limités. Chacun de ces produits est personnalisable et peut intégrer des stores électriques 24V. Ils sont adaptés à tous les types de bâtiment neufs et leur mode de mise en œuvre est identique à un lanterneau classique. La particularité de Flat Inside est qu’il dispose d’une dalle en verre de protection feuilletée de 8 mm traitée anti glissance (conformément au cahier du CSTB n° 3448) circulable. Laqué blanc à l’intérieur et noir à l’extérieur, il est disponible en quatre dimensions et plusieurs hauteurs de costières. Dôme Inside forme, quant à lui, un dôme de verre feuilleté légèrement bombé 66.4 pour assurer notamment une bonne évacuation des eaux pluviales. Trois versions existent : Fix, dédiée à l’éclairement zénithal sans ouverture possible, Air qui propose une ouverture jusqu’à 350 mm par boîtier à chaîne de 230 V et Pass qui, équipée de vérins électriques, peut s’ouvrir jusqu’à 60°. l RE2020 Lancement des consultations pour faire évoluer la réglementation Le rapport Rivaton sur l’évaluation de la RE2020 remis en juillet dernier avait abouti à la rédaction de vingt-trois propositions destinées à éviter les risques de surcoûts et d’arbitrages défavorables aux usagers. Le ministère de la ville et du logement annonce la mise en consultation d’un premier paquet de mesures ainsi que la publication d’un décret et d’un arrêté en mars. Certaines pourraient impacter le lot étanchéité. Vont ainsi être étudiés : - la garantie de confort des habitants sans renoncer à l’exigence carbone (modulation pour les balcons, loggias et terrasses notamment) ; - l’encouragement des surélévations sans surcharger les règles. Et aussi : - l’adaptation des règles aux Immeubles de grande hauteur (IGH) ; - la non-pénalisation de la climatisation collective quand elle est nécessaire dans les bâtiments raccordés à un réseau de chaleur urbain. Une seconde vague d’ajustements est prévue au premier semestre 2026 qui aboutira à la publication d’un second décret visant notamment à améliorer l’indicateur de confort d’été. « Il permettra également de réinterroger les seuils de contenu carbone de la construction en fonction des dernières données environnementales disponibles », ajoute le ministère dans un communiqué de presse. « Le ministre s’engage à poursuivre la concertation avec l’ensemble des acteurs du logement avant l’entrée en vigueur du jalon 2028 prévue dans l’application de la RE2020, pour identifier les simplifications nécessaires et garantir un double impératif : construire plus et mieux tout en réduisant durablement l’impact carbone du bâtiment », conclut le document. l
ACTUALITÉS 13 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 EPDM Solution d’étanchéité en caoutchouc synthétique pour bassin Elevate lance Geosmart EPDM et PondEasy EPDM. Le premier est destiné à l’étanchéité des bassins techniques ou de grande capacité, le second à celle des bassins créatifs. Légèrement texturées pour accroître leurs performances mécaniques, ces membranes disposent également de joints d’usine conçus de manière à éviter d’avoir à placer un patch au croisement avec une bande d’assemblage. Geosmart EPDM est disponible en trois épaisseurs : 1,1 mm, 1,2 mm et 1,5 mm. Le fabricant met en avant sa résistance aux UV, à l’ozone, aux micro-organismes, aux variations extrêmes de température et au poinçonnement. Son élasticité, supérieure à 300 % associée à sa stabilité dimensionnelle, lui permet d’épouser les formes irrégulières et d’absorber les mouvements. Pondeasy EPDM, d’épaisseur 1 mm, s’adapte à tous les supports. Elle serait également sans danger pour la flore et la faune aquatique. l QVCT Les salariés du BTP en meilleure santé mentale que les autres Le baromètre « santé mentale et QVCT 2026 » réalisé par Qualisocial dévoile que les salariés du secteur du BTP auraient une santé mentale significativement meilleure de 8 points que la moyenne nationale. L’évaluation porte sur des critères tels que la confiance dans l’avenir, la capacité de rebond, l’équilibre émotionnel et la connaissance et l’estime de soi. Dans le détail, 85 % d’entre eux déclarent « être en bonne santé mentale contre 77 % pour l’ensemble des salariés », ce qui se traduit notamment par « une satisfaction plus élevée vis-à-vis de leurs conditions de travail ». 72 % jugent positivement l’organisation de leur travail au quotidien (+6 points par rapport à la moyenne nationale), 71 % sont satisfaits des conditions de travail, de la santé et de la sécurité (+5 points) et 68 % de la culture d’entreprise, la communication et la place qui leur est accordée par la direction (+9 points). Évidemment, ces moyennes recouvrent des disparités. Mais pour Qualisocial « certains fondamentaux aident à comprendre ces résultats : dans le BTP, le sentiment d’efficacité et d’utilité est souvent plus fort. Il constitue un déterminant majeur de la santé mentale. À cela s’ajoute un collectif de travail fréquemment protecteur, avec des équipes soudées et des règles implicites claires : on adhère ou on s’oriente ailleurs, dans un marché de l’emploi encore relativement ouvert. Enfin, dans les petites structures, la proximité du dirigeant avec le terrain renforce la qualité de vie au travail ». « Le BTP montre qu’un cadre de travail structuré, des collectifs solides et une attention portée aux conditions de travail constituent de véritables facteurs de protection pour la santé mentale. Mais les résultats du baromètre sont clairs : là où des actions existent, elles fonctionnent. L’enjeu est désormais d’aller plus loin et de structurer des démarches de prévention complètes et durables », résume Camy Puech, président-fondateur de Qualisocial. l TECHNIQUE Parution d’un guide dédié aux garde-corps Publié par le CSTB, l’ouvrage expose les précautions à prendre lors de la conception et de la réalisation des gardecorps (éléments de protection) en expliquant les dispositions de la norme NF P01-012, récemment révisée (novembre 2024). Il précise quelles sont les règles de dimensionnement : hauteur minimale des éléments de protection visant à limiter le risque de basculement dans le vide, vides maximaux dans l’élément de protection visant à limiter le passage à travers, résistance mécanique minimale des éléments de protection et durabilité des performances des éléments de protection. Les dispositions concernent aussi bien les travaux neufs que les travaux sur bâtiments existants. Les spécificités des garde-corps en verre encastrés en pied sont détaillées dans cette nouvelle édition. Les allèges formant gardecorps et les garde-corps associés aux escaliers sont également abordés. Michel Bazin, mise à jour Aurélie Bareille, Guide pratique : garde-corps de bâtiment, février 2026, 80 pages. l © Elevate
ACTUALITÉS 14 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 SALON Le Mondial du bâtiment change de nom Organisé au Parc des Expositions du 28 septembre au 1er octobre prochains, le salon qu’il ne faut plus appeler Mondial du bâtiment mais Paris Builders Show attend plus de 135 000 participants français et internationaux. Il englobe toujours Batimat, Idéobain et Interclima. S’y ajoute également dorénavant le forum Renodays qui devient annuel. Cette édition sera dévolue au « bâtiment en mouvement », décliné notamment lors de plus de 500 prises de parole et des temps forts inédits, dont le Grand oral politique en amont de l’élection présidentielle. l FEUILLE DE ROUTE La SNBC 3 est loin de faire l’unanimité Publié mi-décembre, le projet de révision de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique, réaffirme le rôle central du bâtiment dans l’atteinte des objectifs climatiques. Mais les moyens proposés pour y arriver déçoivent les organisations professionnelles, notamment le peu de prise en compte de l’isolation de l’enveloppe. Ainsi, la Fédération française du bâtiment (FFB) tout comme l’Association française des industries et des produits de construction (AIMCC) y voient un recul des ambitions notamment en matière de rénovation énergétique d’ampleur « avec un objectif annuel ramené à 250 000 logements contre 700 000 dans la SNBC 2 », précise la FFB dans un communiqué de presse. « De plus, elle acte la dégradation de la performance attendue des rénovations après travaux. L’abandon du niveau de performance « BBC rénovation » en moyenne marque le renoncement à la sobriété énergétique, au profit d’une stratégie centrée sur la décarbonation des consommations, sans réduction significative des besoins », ajoute l’AIMCC. Un « violent recentrage » qui passe d’autant plus mal qu’« il est justifié par un manque supposé de main-d’œuvre. Les entreprises disposent des compétences nécessaires. Les véritables freins tiennent notamment à l’instabilité des aides dont MaPrimeRénov’ », déplore la FFB. Les choix techniques pour réduire les consommations énergétiques sont également sujets à de fortes critiques. L’isolation de l’enveloppe, pourtant essentielle lorsqu’il s’agit de performances thermiques, n’est pour ainsi dire pas évoquée. Les pompes à chaleur sont en revanche présentées comme le levier principal de décarbonation. « Ce changement de cap, aussi techniquement qu’économiquement incohérent, compromet l’atteinte des objectifs réels », alerte la FFB. D’autant plus que « bien isoler les logements est aussi une urgente nécessité pour les habitants qui font face à des situations croissantes de précarité énergétique. C’est aussi le premier levier pour protéger les bâtiments et leurs occupants des changements climatiques et des chaleurs croissantes en été. C’est enfin un investissement pour baisser durablement les factures énergétiques de nos concitoyens », ajoute l’AIMCC. Les critiques envers le volet construction neuve ne sont pas en reste. La FFB dénonce en effet « le décalage entre les hypothèses retenues par la SNBC 3 et les besoins structurels du pays. En limitant les volumes à 310 000 logements neufs par an d’ici 2030, la stratégie s’écarte par le bas de l’estimation récente des besoins par le service statistique du ministère du logement (le SDES), comme des analyses de la profession ». FFB et AIMCC appellent à la révision de son projet. l MATÉRIAUX Produits de construction : une baisse de l’activité généralisée L’enquête d’opinion réalisée fin décembre par l’AIMCC auprès de ses membres révèle qu’aucun secteur de l’industrie de la construction n’est épargné par la baisse de son activité. En cause notamment selon l’association : l’instabilité politique et les contraintes réglementaires. Dans le détail, les ¾ des répondants déclarent une activité stable ou à la baisse par rapport à 2024. Il est constaté « une corrélation entre les baisses en volume et en valeur, contrairement à l’année précédente », constate l’AIMCC. Conséquence directe : l’emploi. « On ne constate aucune évolution positive des effectifs en 2025 » mais de manière générale, les postes des salariés ont pu être maintenus. Pour 2026, « un tiers des industriels s’attend à une reprise modérée de l’activité. La moitié s’attend à une stagnation ou une faible baisse de l’activité ». Bref, le climat est plutôt morose, voire pessimiste : « la demande reste insuffisante. Les contraintes budgétaires et l’impact des échéances électorales figurent parmi les autres contraintes majeures. » l
NO VIRGIN BITUMEN PIONNIER DU RECYCLAGE : C’EST DANS NOTRE ADN Depuis près de 35 ans, Derbigum perfectionne en continu son procédé de recyclage breveté, avec une ambition claire : allier responsabilité écologique et innovation. Les membranes de la Gamme DERBIGUM NT intégrent déjà 25 à 30 % de matériaux recyclés. Aujourd’hui, nous allons plus loin avec la technologie Novitumen®, un mélange composé à 100 % de bitume recyclé. Découvrez le premier mélange bitumineux au monde sans bitume vierge : Novitumen®, la nouvelle matière première signée Derbigum www.derbigum.fr * * Pas de bitume vierge Nouvelle technologie NOVITUMEN®
DOSSIER 16 MATÉRIAUX ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 ENVIRONNEMENT Le recyclage des produits d’étanchéité en manque de filières La loi Agec, dont découle la REP, ambitionne de venir à bout des décharges sauvages et, progressivement, de l’enfouissement des déchets de chantier des produits et matériaux de (dé)construction. Les systèmes d’étanchéité sont concernés mais doivent faire encore face à plusieurs obstacles : défaut de massification, surcoût et technologies de recyclage encore naissantes. ADELINE DIONISI Pour bien comprendre les enjeux du recyclage des produits et matériaux de construction, quelques chiffres s’imposent. Selon l’Ademe, le bâtiment génèrerait environ 45 millions de tonnes de déchets chaque année en France, soit 16 millions de plus que les ménages ! « Ils sont issus principalement de trois secteurs (démolition/déconstruction, réhabilitation/rénovation et construction neuve) et produisent trois types de déchets (déchets inertes à 73 %, non inertes à 22 % et dangereux à 5 %) », précise l’éco organisme Valobat sur son site Internet. Jusqu’au vote de la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) de février 2020, la majorité de ces déchets finissait, au mieux, enfouie, au pire, abandonnée dans des décharges sauvages. Impossible désormais, au moins en théorie : la loi interdit, dans son article R.541-48-3, la mise en décharge des déchets non dangereux valorisables. Elle est accompagnée dans cet objectif par le lancement, le 1er janvier 2022, de la Responsabilité élargie du producteur (REP) des Produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB), dont l’entrée en vigueur a été effective le 1er mai 2023. Pour le remplir, la REP prévoit notamment, pour les entreprises, la reprise gratuite des déchets à une condition : le tri à la source. Le financement est assuré (ou plutôt, à l’heure actuelle, censé être assuré, voir encadré) par le versement, par les metteurs sur le marché, d’une éco contribution à un éco organisme agréé par l’État, répercutée, on s’en doute, sur le prix de vente du produit. La REP répartit les produits et matériaux de Les matériaux déposés doivent être le plus propre possible pour pouvoir bénéficier d’un traitement. © Valobat
DOSSIER 17 ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 MATÉRIAUX construction en deux catégories. La première regroupe ceux constitués majoritairement en masse de minéraux ne contenant ni verre, ni laines minérales, ni plâtre. La seconde rassemble les autres, dont les membranes bitumineuses et synthétiques (plastiques), la laine de verre, la laine de roche… Contrairement à certaines familles de matériaux telles que le bois, les inertes, le métal et depuis peu le plâtre, elles ne bénéficient pas toujours de dispositifs de collecte opérationnels « car elles sont classées dans la catégorie des flux optionnels, souligne Caroline Lestournelle, secrétaire générale du syndicat national des fabricants d’isolants en laines minérales (FILMM). Ce qui signifie que les points de reprise n’ont pas l’obligation d’accepter ces types de déchets. » Et ce malgré une augmentation des volumes récupérés. « Nous avons beaucoup travaillé, avec la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) particulièrement, pour mettre en place et développer la collecte des produits mis en œuvre en toiture-terrasse. Sur le gisement de 71 000 tonnes de déchets de membranes bitumineuses déposées, 20 000 tonnes ont été collectées. En 2024, il n’y avait rien », explique Thibault Lerouge, chef de projets innovation et expert matériaux chez Valobat. Des progrès certains donc, mais encore insuffisants car collecte ne signifie pas forcément retraitement. « Nous le constatons au quotidien, déplore Sandra Julien, dirigeante de l’entreprise J2C Étanchéité. Nous trions, nous transportons, nous louons des bennes pour le stockage en entrepôt (voir encadré) pour qu’au final, nos déchets finissent enfouis. » Pour Manuel Decoodt, président des commissions technique et environnement de la CSFE, le principal frein au recyclage des produits et matériaux d’étanchéité, « c’est son coût encore défavorable par rapport à un produit neuf ». François Hababou, chef de produit, marketing et développement chez Rockwool, confirme : « Le basalte, matière première de la fabrication de la laine de roche, est abondant. Son coût est limité par rapport à un traitement des déchets et est facile à transporter. Pour que le recyclage se développe, il faut qu’il soit compétitif financièrement, notamment par rapport à l’enfouissement. Ce n’est pas encore forcément le cas aujourd’hui. » INCINÉRATION En attendant, pour éviter que les déchets soient enterrés, « la solution la plus intéressante à ce jour reste la transformation en combustible appelée Combustibles solides de récupération (CSR). Les matériaux sont transformés en énergie par incinération sur des sites industriels comme les cimenteries », poursuit Manuel Decoodt. On parle alors de valorisation énergétique et non de recyclage. Mais ce dernier est-il vraiment inexistant ? La réponse est évidemment non. Les industriels de l’étanchéité et de l’isolation n’ont, pour la plupart, pas attendu la REP pour réfléchir à des solutions de recyclage des matériaux (voir articles p. 20 et 21). Mise en valeur dans les FDES, considération environnementale, image de marque… Tous se penchent sur la question mais connaissent des niveaux La REP en voie d’évolution Dans le cadre de la REP, pour faire reprendre ses déchets, une entreprise avait trois possibilités : - l’apport en points de reprise ; - la reprise sur chantier ; - la reprise à l’entrepôt. Néanmoins, depuis cet été, certains services, notamment la reprise sur chantier, sont à l’arrêt, justifié par les éco organismes par « la hausse significative des non-conformités de tri ces derniers mois » et « la saturation de certaines filières de recyclage qui génère des surcoûts logistiques et fragilise l’efficacité du dispositif ». La Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE), comme de nombreuses autres organisations professionnelles, déplore « cette situation intolérable » pour les entreprises d’étanchéité et de bardage qui s’acquittent de leur éco contribution et trient leurs déchets sans pouvoir bénéficier d’un service de reprise sans frais. La FFB a engagé un recours contentieux auprès de l’État. Ce contexte devrait évoluer. Le processus de refondation, engagé il y a un an, n’est toujours pas abouti mais le gouvernement a dévoilé, jeudi 19février2026, des pistes pour améliorer le dispositif avec trois axes principaux : l’amélioration du maillage territorial des points de reprise des matériaux, une baisse des coûts de la REP et une évolution de la gouvernance. Concrètement, cela se traduirait par « des soutiens financiers additionnels » de la part des éco organismes dans les zones où le maillage (les déchetteries professionnelles, les distributeurs volontaires et les déchetteries publiques) est insuffisant. Les éco contributions devraient également servir, via la création d’un fond, « au financement du traitement des dépôts sauvages ». En parallèle, la notion de matériaux « non matures » (soit en demande de structuration tant en termes de collecte que d’exutoires) se confirme. Membranes bitumineuses et laines minérales y seront, par exemple, intégrées. Enfin, concernant la gouvernance, « un délai maximal sera fixé entre la signature d’un contrat type par une collectivité et la mise en place effective des soutiens ou la prise en charge des déchets ». Les opérations de communication ne seront plus financées et seront « remplacées par une logique d’obligation de résultat ». Les organisations professionnelles applaudissent ces évolutions. C’est le cas notamment de la CSFE et de la FFB, d’autant plus que « le ministre a suivi une autre de nos demandes fortes en actant une visibilité de neuf mois sur les barèmes des éco contributions afin d’intégrer en amont les frais induits par la REP dans les marchés et devis de travaux ». Les modalités de mises en œuvre n’ont pas encore été dévoilées à l’heure où nous écrivons ces lignes. Les cahiers des charges encadrant les éco organismes seront refondus et de nouveaux agréments seront délivrés.
DOSSIER 18 MATÉRIAUX ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 Les déchets sans filière sont évacués en DIB, comme (pour le moment) les emballages plastiques. Des critères de démontabilité Dans le cadre du projet Cap 2030, dont l’objectif est de proposer un cadre commun de référence pour aller au-delà de la RE2020, la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) a participé au groupe de travail n°6 sur l’économie circulaire à travers notamment la définition des critères de démontabilité des procédés d’étanchéité. Cette démarche rentre notamment dans le cadre du développement de l’écoconception d’un ouvrage, en prévision, entre autres, de sa fin de vie. En effet, des systèmes dont la dépose des matériaux est facile et propre sont plus à même de pouvoir être correctement triés, recyclés voire réemployés. Ainsi, la CSFE rappelle que parmi les éléments constituant un complexe d’étanchéité : Sont considérés comme démontables : - les éléments posés librement en indépendance (feuille pare-vapeur, isolant, revêtement d’étanchéité) ; - les éléments mis en œuvre par fixations mécaniques (feuille pare-vapeur, isolant, revêtement d’étanchéité) ; - les protections lourdes suivantes : granulats, pavés, dalles posées à sec, dalles sur plots, platelages bois sur plots, végétalisation, jardin et leurs accessoires : plots, couche de désolidarisation, couche filtrante, couche drainante. Ne sont pas considérés comme démontables : - les éléments collés, soudés ou liaisonnés par auto-adhésivité à leur support ; - les protections lourdes suivantes : dalles scellées sur mortier, chape mortier, dallage béton. Auxquels s’ajoutent des critères de niveaux : - niveau 1 : un seul élément est démontable (y compris la protection lourde éventuelle) ; - niveau 2 : au moins deux éléments sont démontables ; - niveau 3 : au moins trois éléments sont démontables. d’avancement différents. Les progrès technologiques y sont pour beaucoup. Par exemple, à l’heure actuelle, les process de traitement de la laine de verre et de la laine de roche sont bien mieux maîtrisés que ceux des mousses polyuréthane. Si les premières sont recyclables à l’infini, seul, à ce jour, le polyol d’isolant PU peut, technologiquement, être récupéré. Ce qui limite de facto les possibilités. TRI Autre contrainte : la qualité du tri. Elle passe tout d’abord par la bonne reconnaissance des matériaux. Un mélange peut s’avérer rédhibitoire comme avec la laine de roche et laine de verre, le TPO et le PVC… Deuxième étape : s’assurer d’un maximum de propreté des déchets déposés. S’ils sont souillés par d’autres (dépôt de métal, de colle…), les perspectives de recyclage peuvent être remises en question. « L’écoconception et les questionnements, en amont, autour de la durabilité et de la fin de vie des matériaux mis en œuvre au sein d’un ouvrage (et notamment leur démontabilité) prennent ici tout leur sens », souligne Catherine Guerniou, vice-présidente de la Fédération française du bâtiment (FFB) en charge de la transition écologique et de la RSE. « La REP pousse à réfléchir en termes de systèmes et plus de produits considérés isolément », ajoute Lucile Kotler, directrice RSE et développement durable chez Isover. Ces consignes de tri sont généralement bien connues et appliquées par les étancheurs. Même si elles restent parfois difficilement applicables comme nous l’explique Sandra Julien : « quand on arrache un procédé existant collé, bitume et laine sont parfois impossibles à désolidariser. Malgré nos efforts, ces déchets sont refusés par les gestionnaires. Pourtant, c’est une réalité assez courante… » La pose des procédés d’étanchéité en indépendance ou avec fixations mécaniques plutôt que par collage présente ici de sérieux avantages. DÉMARRAGE Contraignant le recyclage ? Oui. Impossible ? Pas du tout. « La filière de collecte à des fins de recyclage des produits mis en œuvre en toiture-terrasse en est à ses débuts, rappelle Stéphanie Jacob, responsable de secteur chez Valobat. Elle suit le schéma finalement classique d’une telle démarche : trier et collecter les volumes suffisants pour massifier, rentabiliser les process et permettre les investissements nécessaires au développement et à l’acquisition des outils adaptés. » Des travaux de R&D se développent, avec ou sans l’accompagnement des éco organismes, pour trouver les solutions techniques adaptées et que l’enfouissement ne soit plus qu’un lointain souvenir. Les annonces ministérielles du 19 février dernier relatives à la REP devraient, en outre, faire évoluer la situation (voir encadré). Les organisations professionnelles sont, en tout cas unanimes pour les saluer. l ©J2C Etanchéité
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