ACTUALITÉS 10 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 ÉNERGIE « Le marché du photovoltaïque est entré en phase de transition » Le groupe Xerfi, qui réalise des études économiques sectorielles, vient de publier une étude dédiée au PV français et aux stratégies pour préserver son développement face au recul du soutien public et aux contraintes du réseau. Car, d’après l’organisme, après la forte croissance, c’est une période d’inflexion qui se profile. Le décret sur la PPE3 publié au JO La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), dévoilée jeudi 12 février, doit répondre d’ici à 2035 aux enjeux de souveraineté énergétique et de décarbonation de la France. Pour remplacer les énergies fossiles, le gouvernement a fait le choix du nucléaire et, dans une moindre mesure, des énergies renouvelables. Ainsi, pour le solaire, avec 48 GW installés en 2030, les objectifs sont en recul par rapport aux 54 GW qui avaient été mis initialement dans la concertation. En cause notamment : la faible consommation électrique actuelle. Pour autant, certains professionnels sont soulagés. Ainsi, Enerplan « salue cette publication qui va donner aux filières énergétiques le cadre indispensable des prochaines années », après des mois d’arrêt. D’autant plus que ça aurait pu être pire : le scénario retenu n’est pas le plus défavorable pour la filière. D’autres dénoncent une opposition contre productive entre solaire et nucléaire : « La PPE doit être le contrat de confiance entre l’État et celles et ceux qui produiront l’énergie de demain. Opposer nucléaire et solaire est un faux débat : la transition énergétique repose sur un mix bas carbone complémentaire, organisé et pragmatique », alerte Paul de Préville, cofondateur d’Ensol et porte-parole de la SunTech. Après les 5 GW raccordés en 2024, « un cap historique », rappelle Xerfi, le marché devrait connaître « un net retournement de tendance » et « repasser sous la barre des 5 GW en 2026 pour s’établir autour de 4,8 GW par an à l’horizon 2030 ». Serait en cause : la baisse rapide du soutien public avec « des tarifs de rachat des surplus divisés par trois pour les installations résidentielles de moins de 9 kWc et de 13 % sur le segment des 100-150 kWc en 2025 », alors même que ce dispositif est à l’origine du développement du solaire dans le pays. Sans oublier, pour les installations au sol, les contraintes liées à la mise en œuvre de la Zéro artificialisation nette (ZAN) et au durcissement des règles de défrichement. « Dans ces conditions, la croissance du parc, qui atteignait près de 25 % par an entre 2020 et 2025, devrait ralentir à environ 12 % d’ici 2030. » JOUER LA CARTE DES TOITURES La solution se trouverait sur les toits et les ombrières de parking. « Ils sont notamment portés par les obligations réglementaires pour les bâtiments résidentiels de plus de 500 m² et les parkings de 1 500 m². Nous anticipons d’ailleurs une croissance annuelle supérieure à 20 % sur le segment des moyennes puissances », précise Damien Callet, directeur d’études chez Xerfi. En parallèle, la réduction des soutiens devrait se traduire par des modèles fondés sur les PPA, l’autoconsommation et le stockage par batteries. « À la mi 2025, seules 2 % des installations françaises en autoconsommation étaient couplées au stockage, signe d’un important gisement de valeur encore inexploité. » l
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