Etanchéité.Info - Numéro 89 - Mars 2026

DOSSIER 18 MATÉRIAUX ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 Les déchets sans filière sont évacués en DIB, comme (pour le moment) les emballages plastiques. Des critères de démontabilité Dans le cadre du projet Cap 2030, dont l’objectif est de proposer un cadre commun de référence pour aller au-delà de la RE2020, la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) a participé au groupe de travail n°6 sur l’économie circulaire à travers notamment la définition des critères de démontabilité des procédés d’étanchéité. Cette démarche rentre notamment dans le cadre du développement de l’écoconception d’un ouvrage, en prévision, entre autres, de sa fin de vie. En effet, des systèmes dont la dépose des matériaux est facile et propre sont plus à même de pouvoir être correctement triés, recyclés voire réemployés. Ainsi, la CSFE rappelle que parmi les éléments constituant un complexe d’étanchéité : Sont considérés comme démontables : - les éléments posés librement en indépendance (feuille pare-vapeur, isolant, revêtement d’étanchéité) ; - les éléments mis en œuvre par fixations mécaniques (feuille pare-vapeur, isolant, revêtement d’étanchéité) ; - les protections lourdes suivantes : granulats, pavés, dalles posées à sec, dalles sur plots, platelages bois sur plots, végétalisation, jardin et leurs accessoires : plots, couche de désolidarisation, couche filtrante, couche drainante. Ne sont pas considérés comme démontables : - les éléments collés, soudés ou liaisonnés par auto-adhésivité à leur support ; - les protections lourdes suivantes : dalles scellées sur mortier, chape mortier, dallage béton. Auxquels s’ajoutent des critères de niveaux : - niveau 1 : un seul élément est démontable (y compris la protection lourde éventuelle) ; - niveau 2 : au moins deux éléments sont démontables ; - niveau 3 : au moins trois éléments sont démontables. d’avancement différents. Les progrès technologiques y sont pour beaucoup. Par exemple, à l’heure actuelle, les process de traitement de la laine de verre et de la laine de roche sont bien mieux maîtrisés que ceux des mousses polyuréthane. Si les premières sont recyclables à l’infini, seul, à ce jour, le polyol d’isolant PU peut, technologiquement, être récupéré. Ce qui limite de facto les possibilités. TRI Autre contrainte : la qualité du tri. Elle passe tout d’abord par la bonne reconnaissance des matériaux. Un mélange peut s’avérer rédhibitoire comme avec la laine de roche et laine de verre, le TPO et le PVC… Deuxième étape : s’assurer d’un maximum de propreté des déchets déposés. S’ils sont souillés par d’autres (dépôt de métal, de colle…), les perspectives de recyclage peuvent être remises en question. « L’écoconception et les questionnements, en amont, autour de la durabilité et de la fin de vie des matériaux mis en œuvre au sein d’un ouvrage (et notamment leur démontabilité) prennent ici tout leur sens », souligne Catherine Guerniou, vice-présidente de la Fédération française du bâtiment (FFB) en charge de la transition écologique et de la RSE. « La REP pousse à réfléchir en termes de systèmes et plus de produits considérés isolément », ajoute Lucile Kotler, directrice RSE et développement durable chez Isover. Ces consignes de tri sont généralement bien connues et appliquées par les étancheurs. Même si elles restent parfois difficilement applicables comme nous l’explique Sandra Julien : « quand on arrache un procédé existant collé, bitume et laine sont parfois impossibles à désolidariser. Malgré nos efforts, ces déchets sont refusés par les gestionnaires. Pourtant, c’est une réalité assez courante… » La pose des procédés d’étanchéité en indépendance ou avec fixations mécaniques plutôt que par collage présente ici de sérieux avantages. DÉMARRAGE Contraignant le recyclage ? Oui. Impossible ? Pas du tout. « La filière de collecte à des fins de recyclage des produits mis en œuvre en toiture-terrasse en est à ses débuts, rappelle Stéphanie Jacob, responsable de secteur chez Valobat. Elle suit le schéma finalement classique d’une telle démarche : trier et collecter les volumes suffisants pour massifier, rentabiliser les process et permettre les investissements nécessaires au développement et à l’acquisition des outils adaptés. » Des travaux de R&D se développent, avec ou sans l’accompagnement des éco organismes, pour trouver les solutions techniques adaptées et que l’enfouissement ne soit plus qu’un lointain souvenir. Les annonces ministérielles du 19 février dernier relatives à la REP devraient, en outre, faire évoluer la situation (voir encadré). Les organisations professionnelles sont, en tout cas unanimes pour les saluer. l ©J2C Etanchéité

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