Etanchéité.Info - Numéro 89 - Mars 2026

DOSSIER 21 ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 MATÉRIAUX DÉCHETS Matériaux d’isolation : des opportunités de recyclage variables De quelle manière se recyclent aujourd’hui les panneaux d’isolation mis en œuvre sur toiture-terrasse ? Nous allons ici nous pencher sur les laines minérales (laine de roche et laine de verre) et le polyuréthane. Chacun connaît en effet des problématiques et des débouchés propres, quand il y en a. Le principal exutoire étant les fabricants eux-mêmes. A.D. Les laines minérales sont recyclables à l’infini en boucle fermée. Depuis plusieurs années, les industriels de la filière ont développé des solutions techniques pour réintégrer, dans leur process de fabrication, les chutes de production tout d’abord puis les déchets issus de chantier de dépose. « Ils sont prêts depuis longtemps et se sont lancés bien avant la REP », rappelle Caroline Lestournelle, secrétaire générale du syndicat national des fabricants d’isolants en laines minérales (FILMM). Même si la démarche suppose des investissements importants, « avec très peu d’aides, souligne Lucile Kotler, directrice RSE et développement durable chez Isover. Nous avons lancé le recyclage de la laine de verre en nous concentrant dans un premier temps sur nos déchets internes. La démarche maîtrisée, nos outils sont entrés en surcapacité et nous avons mis en place Isover Recycling en 2018 pour accueillir les déchets de construction et de démolition. » Chez Rockwool, le service Rockcycle a démarré en 2012. « Il ciblait alors les chutes de chantier de laine de roche neuve ainsi que les déchets annexes de type emballages plastiques et palettes », précise François Hababou, chef de produit, marketing et développement d’un composé complexe grâce à des décharges électriques de forte intensité mais de faibles durées. Ce processus sépare les fibres de carbone de la résine polymérisée. SYNTHÉTIQUE Côté membrane synthétique, c’est encore plus compliqué. « Tout d’abord, le gisement est réduit en raison de l’arrivée plus tardive des produits sur le marché français et de leur faible renouvellement. Ensuite, il faut rappeler que les NF DTU autorisent, à une occasion, un recouvrement d’une membrane existante par une feuille synthétique neuve. Les déposes sont d’autant plus limitées ! », rappelle Frédéric Girard, président du comité de membranes synthétiques de la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE). Un service existe néanmoins, baptisé Roofcollect. Il a été lancé au début des années 2010 à l’initiative d’European Single ply Waterproofing Association (ESWA) (depuis devenue Waterproofing Europe à la suite de sa fusion avec l’association BW dédiée aux membranes bitumineuses). « La structure est en pleine réorganisation et Roofcollect va être redéfini dans ce nouveau cadre. » Difficile d’en dire plus à ce stade donc. La REP n’est pour l’instant pas d’un grand secours. Pas assez de volume mais pas assez d’exutoires non plus, « même si finalement beaucoup de transformations sont possibles. Il y a quelques années, les membranes synthétiques étaient utilisées pour la fabrication de tapis pour haras ou de manches de pioche ! » Garder un œil sur les pratiques de nos voisins européens, consommateurs de longue date de membranes synthétiques, pourrait être riche d’enseignement. l Le dispositif Rockcycle (Rockwool) a été lancé en 2012. © Rockwool

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