TÉMOIN 40 ÉTANCHÉITÉ.INFO #89 MARS 2026 THOMAS LE DIOURON LE CONTEXTE Fondateur d’Impulse Partners en 2011, Thomas Le Diouron dirige toujours l’entreprise aujourd’hui. Une suite logique après un parcours dans l’industrie de la construction, au sein de majors et en tant que consultant externe. « Le bâtiment de demain répondra à tous les enjeux auxquels il est confronté aujourd’hui » Entretien avec Thomas Le Diouron, fondateur et dirigeant d’Impulse Partners. PROPOS RECUEILLIS PAR ADELINE DIONISI Impulse Partners met en relation acteurs de la construction et développeurs d’innovations. Une rencontre entre deux mondes pour réfléchir et anticiper le bâtiment de demain. Deux obstacles principaux se dressent sur leur route : le coût et l’absence de normes. ÉTANCHÉITÉ.INFO Pouvez-vous nous présenter Impulse Partners ? THOMAS LE DIOURON La société a été créé il y a quinze ans à partir d’un constat : le secteur de la construction ressent un fort besoin d’innovations sans pour autant avoir les moyens de les mettre en place, qu’ils s’agissent de R&D ou d’application sur le terrain. C’est particulièrement le cas pour les petites entreprises. En face, une foule de solutions répondant ou anticipant les enjeux auxquels le bâtiment est confronté existe, développée par des start-ups, des laboratoires de recherche et même les services R&D de grands groupes. Malgré leur potentiel, elles sont souvent mal voire pas connues par les entreprises de travaux, les fournisseurs de matériaux ou les bureaux d’études. Impulse Partners joue le rôle de facilitateur et d’intermédiaire entre chacune de ces parties. E.I. Comment cela se traduit-il concrètement ? T.L.D. Nous avons développé un réseau de près de 3 000 start-ups et autres organismes de R&D qui couvrent l’ensemble du spectre de l’acte de construire. En parallèle, nos partenaires acteurs de la construction nous sollicitent pour effectuer l’analyse de leurs besoins et définir les solution(s) innovante(s) adaptée(s). Nous les mettons ensuite en contact avec les structures correspondantes. Mais ce rapprochement ne suffit pas pour concrétiser un projet. L’accompagnement est primordial pour s’assurer que la collaboration sera efficace. Nous nous assurons, avec le client, que le produit est sérieux, que le prix est juste… Nous avons ainsi lancé plus de 200 projets. E.I. Quels sont les freins au déploiement de ces solutions ? T.L.D. Comme souvent des problématiques de budget. L’innovation induit généralement un surcoût. Face à la concurrence qui propose des prix inférieurs, il est alors difficile de remporter les marchés. Par conséquent, elle n’est pas valorisée dans un devis. Le recours à la soustraitance, qui n’a pas forcément les compétences ou la volonté de s’impliquer, peut également bloquer les initiatives. Ensuite, la construction est une filière silotée et les efforts bénéficient finalement souvent à l’aval de la chaîne. Le retour sur investissement est donc loin d’être garanti. Dans certains cas, l’absence de normes ou de référentiels reconnus visant ces solutions peut également freiner. E.I. Comment sélectionnez-vous les start-ups qui constituent votre réseau ? T.L.D. Nous sommes en veille permanente mais la plupart du temps, ce sont les start-ups elles-mêmes qui nous sollicitent. La sélection se fait ensuite en collaboration avec nos clients à travers (par exemple) des sessions de présentation. L’avantage est réciproque : les partenaires découvrent les nouvelles tendances et les start-ups bénéficient de retours rapides pour évaluer le potentiel de leurs innovations sur le marché. E.I. Quelles sont les grandes tendances justement ? T.L.D. La première, poussée par la réglementation et notamment la RE2020, touche aux émissions de CO2 et notamment les matériaux bas-carbone et biosourcés. Pour les fabricants de produits fortement émetteurs, il s’agit surtout de trouver les solutions pour les décarboner ou pour les intégrer de manière à ne pas alourdir le bilan global de l’ouvrage. Les industriels du biosourcé, eux, recherchent plutôt les opportunités pour substi-
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