PRÉVENTION CONTRE LES GÎTES LARVAIRES DE MOUSTIQUES SUR LES TOITURES-TERRASSES Aedes albopictus : le moustique tigre Le moustique-tigre, de son nom scientifique Aedes albopictus (skuse, 1894), est une espèce de moustique de la famille des Culicidés, originaire d’Asie du Sud-Est. Les gîtes de pontes naturels de ce moustique sont les creux d’arbres ou de rochers. Au cours de sa vie, il se déplace très peu (un rayon de 100 à 200 mètres au maximum). Le moustique tigre se nourrit de nectar ou jus sucré qu’il trouve sur les fleurs et les fruits. Seules les femelles piquent l’homme, le repas sanguin étant nécessaire à la ponte des œufs. Les œufs sont pondus sur la partie sèche qui jouxte une surface d’eau et peuvent résister à une phase de sècheresse de plusieurs semaines. La submersion de ces œufs par la pluie ou un arrosage permet l’éclosion des œufs et le développement des larves, puis après quelques jours l’émergence des adultes. À l’automne, lorsque les jours raccourcissent et les températures diminuent, les femelles se mettent à pondre des œufs capables d’entrer en diapause* (diapause hivernale). Ces œufs étant résistants au froid et à la dessiccation, l’éclosion ne se fera qu’au printemps suivant, lorsque les conditions optimales seront réunies. Il est aujourd’hui établi dans plus de 100 pays sur les cinq continents en accompagnant les déplacements de l’Homme. Son adaptation aux gîtes artificiels, tels que les soucoupes, les jardinières, les réserves d’eau et les pneus, a considérablement augmenté ses capacités à coloniser de nouveaux territoires. Cette expansion, favorisée par le commerce de pneus, lui vaut d’être classé parmi les espèces les plus invasives au monde grâce à son adaptabilité aux régions ayant des hivers froids. Aedes aegypti C’est une espèce très proche d’Aedes albopictus en termes de biologie et de comportement. Aedes aegypti est originaire du continent africain. Sa capacité à exploiter des gîtes larvaires de petites dimensions (réserves d’eau douce, collections d’eau pluviale, …) lui a très vite permis de mettre à profit les moyens de transport terrestres (caravanes de nomades) et maritimes (navires de commerce) afin de coloniser d’autres continents. Ce moustique, désormais présent dans toute la ceinture intertropicale du globe, est responsable dans ces régions de la transmission vectorielle de plus d’une centaine d’agents infectieux (virus, parasites, …). Son arrivée dans les Amériques remonte au xvie siècle, avec le démarrage du commerce triangulaire : le moustique a très volontiers exploité les réserves d’eau douce constituées au départ de l’Afrique, indispensables pour la traversée de l’Atlantique, pour ainsi coloniser le « Nouveau monde ». Présent aux Antilles depuis environ quatre siècles, Aedes aegypti a toujours eu un très gros impact sur la santé publique de la région, avec la fièvre jaune (dernière épidémie majeure déplorée en 1908 en Martinique) et plus récemment la dengue (Une épidémie de dengue sévit aux Antilles depuis début 2023), le Zika (2016) et le chikungunya (2013). Bien que rencontrée ponctuellement aux abords des aéroports et des ports, l’espèce n’est pas installée en France Métropolitaine. Culex pipiens Ce moustique, agressif essentiellement la nuit, est celui que nous entendons dans nos habitations. De taille moyenne, ce moustique de couleur brune à ocre se déplace très peu au cours de sa vie. Dès le mois de mars, les femelles vont pondre à la surface de l’eau des œufs regroupés en barquette de 200 à 400 œufs avant de mourir rapidement. De ces œufs seront issues les générations de l’été. Le développement larvaire dure d’une semaine à un mois, il se raccourcit quand la température de l’eau augmente. Les larves se développent dans des eaux stagnantes présentes au moins quinze jours, c’est-à-dire : dans les fossés, les mares, mais également en zone urbaine dans les bidons de recueil d’eau, les jardinières, les regards d’eau pluviale, des gouttières bouchées ou des piscines non entretenues, etc. D’avril à octobre, ce moustique se développe en génération continue ; on peut donc trouver en même temps des œufs en train d’éclore, des larves et des adultes. Les femelles émergeant après le mois d’août et tout de suite fécondées peuvent passer l’hiver en diapause* dans des abris. L’espèce est vectrice de maladies tel que le virus du Nil occidental (WNV), qui est en recrudescence en Europe ces dernières années. * Diapause : arrêt temporaire du développement. 9
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