HORS-SÉRIE Fiches techniques Éléments porteurs, isolation, protections d’étanchéité, évacuations des eaux pluviales... TOME 4 DÉCEMBRE 2025 LE HORS-SÉRIE INFOGRAPHIES DU MAGAZINE ÉTANCHÉITÉ.INFO
www.etancheiteinfo.fr Suivez-nous sur Linkedin Les dernières infos de l’étanchéité, l’isolation et l’aménagement des toitures-terrasses directement dans votre boîte e-mail ! Inscrivez-vous gratuitement sur Etancheiteinfo.fr/newsletter Sous l’égide de
ÉDITO 3 Recueil d’infographies Tome IV MANUEL DECOODT, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION NATIONALE TECHNIQUE DE LA CSFE ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 « Destiné aussi bien aux encadrants de chantier qu’aux concepteurs (bureaux d’études, maîtres d’œuvre…), ce recueil couvre les thématiques qui structurent aujourd’hui nos métiers. » Dans un secteur qui évolue sans cesse, disposer d’informations techniques fiables et actualisées est indispensable pour garantir la qualité de nos ouvrages et le respect des normes. Depuis 2007, chaque numéro d’Étanchéité.Info propose une infographie thématique qui s’est imposée, au fil du temps, comme un outil incontournable. Conçues comme de véritables aide-mémoire, ces fiches mettent en avant les points essentiels des bonnes pratiques en étanchéité de toiture. Leur présentation visuelle, à la fois simple et opérationnelle, permet à chacun de saisir rapidement les Règles de l’art, les techniques autorisées et les dernières évolutions réglementaires. Après trois volumes déjà parus, dont le dernier en 2020, ce quatrième recueil rassemble les nouvelles fiches revues et mises à jour pour répondre aux toutes dernières exigences. Destiné aussi bien aux encadrants de chantier qu’aux concepteurs (bureaux d’études, maîtres d’œuvre…), il couvre les thématiques qui structurent aujourd’hui nos métiers : • l’isolation thermique sur éléments porteurs acier, désormais complétée par les exigences acoustiques et de perméabilité à l’air ; • les usages émergents, comme l’agriculture urbaine ou les platelages bois, qui illustrent l’évolution écologique et sociétale des toitures ; • la réfection sur supports en maçonnerie, enrichie de rappels essentiels en matière de sécurité avec les protections collectives temporaires, pour conjuguer durabilité des ouvrages, maintenance aisée et sécurité de nos compagnons toujours prioritaire ; • enfin, ne sont pas en reste, les accessoires, couvertines, points singuliers, terrasses circulables véhicules, choix des protections qui apportent des repères concrets et mettent en lumière les points de vigilance à maîtriser. Ce nouveau volume s’inscrit pleinement dans notre volonté de partager à tous les bonnes pratiques et d’accompagner la profession face aux enjeux actuels comme futurs. L’ensemble des fiches reste gratuitement et librement accessible sur le kiosque « Étanchéité et Bardage » de la CSFE. Bonne lecture à toutes et à tous. 10-31-1495 ÉTANCHÉITÉ.INFO est une publication trimestrielle de l’Association pour la promotion des métiers de l’étanchéité APME-PROMÉTHÉE, éditée sous l’égide de la CSFE. WWW.ETANCHEITEINFO.FR CSFE 6-14, rue La Pérouse, 75784 Paris cedex 16 Tél. : 01 56 62 13 20 Fax : 01 56 62 13 21 Directrice de la publication Edwige Parisel Comité de rédaction Alain Blotière, Nadia Bouijellaben, Frédéric De Bray, Manuel Decoodt, Florent Guilabert, Cédric Hotton, Denis Lehnen, François Michel, Bertrand Morin, Edwige Parisel ABONNEMENT GRATUIT sur simple demande : 01 56 62 13 20 PYC MÉDIA Étanchéité.info est éditée par 16-18, place de la Chapelle 75018 Paris Tél. : 01 53 26 48 00 - www.pyc.fr Actionnaire principal : Edith Sarl Rédaction Bastien Cany (47 85) b-cany@pyc.fr Adeline Dionisi (48 05) a-dionisi@pyc.fr Rédacteur graphiste François Bordrez Publicité Morgane Gargadennec (48 03) m-gargadennec@pyc.fr Lucie Bechet (88 86) l-bechet@pyc.fr Aurélie Degasse (47 89) a-degasse@pyc.fr (chargée de relations annonceurs) Design graphique © Marge Design Couverture © William Raynal Infographies Laurent Stefano, William Raynal, Laubywane N°ISSN : 1958-3575 Dépôt légal à parution Impression, façonnage ILD ZAC Artois Pôle 2 - Allée de Belgique 62128 Wancourt Ce numéro hors-série comporte vingt-deux infographies publiées dans Étanchéité.Info d’octobre 2020 à décembre 2025. Mise à jour en décembre 2025. Papier : UPM Star Silk 90gr Origine du papier : Kaukas en Finlande Taux de fibres recyclées : 0 % Taux d’eutrophisation : 0,004 Kg / tonne Certification PEFC 100%
TECHNIQUE 4 FICHE PRATIQUE ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 Sommaire #déc. 2025 P.03 ÉDITO TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS LES PARTIES COURANTES P. 06 Les procédés d’étanchéité en partie courante sur toitures inclinées LES POINTS SINGULIERS P. 08 Les systèmes photovoltaïques rapportés sur toiture-terrasse Trois principales familles de procédés photovoltaïques existent aujourd’hui sur le marché. En l’absence de référentiels communs, elles sont validées par des évaluations collégiales reconnues comme les Avis techniques ou les ATEx. Une conception en amont du projet permettra le bon fonctionnement de l’ensemble. P. 10 Les évacuations d’eaux pluviales sur toiture-terrasse P. 12 L’évacuation des eaux pluviales par effet siphoïde P. 14 La mise en œuvre des couvertines P. 16 Le rafraîchissement adiabatique L’ÉLÉMENT PORTEUR EN BETON LES TOITURES ACCESSIBLES P. 18 L’agriculture en toiture-terrasse P. 20 La conception et la réalisation des platelages bois La conception et la réalisation des toitures-terrasses et balcons étanchés avec protection par platelage bois bénéficient de Règles professionnelles dédiées, rédigées par la CSFE et publiées en juin 2017. Elles précisent les préconisations spécifiques applicables à ces ouvrages. P. 22 Les toitures-terrasses accessibles aux véhicules sans isolation LES OUVRAGES SPECIFIQUES P. 24 Isolation inversée : le choix de la protection lourde Les procédés d’étanchéité avec isolation inversée nécessitent la mise en œuvre d’une protection suffisamment lourde pour lester l’ouvrage. Son choix sera fonction de différents critères dont notamment la zone de vent, la catégorie de terrain et la hauteur de la toiture. P. 26 Les Règles professionnelles pour le traitement de l’étanchéité des balcons par système d’étanchéité liquide P. 28 Les garde-corps temporaires 42 3 à 8 mm 3 à 8 mm 20
TECHNIQUE 5 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 FICHE PRATIQUE P. 30 Les hauteurs et espacements sous les équipements solidaires du bâtiment Pour permettre les opérations d’entretien, de maintenance et de réparation des complexes d’étanchéité situés sous les équipements solidaires du bâtiment sur toiture-terrasse, certaines dispositions doivent être respectées. L’objectif : laisser un espace suffisant à l’étancheur pour intervenir. L’ÉLÉMENT PORTEUR EN TAN GÉNÉRALITÉS P. 32 Les toitures avec élément porteur en tôles d’acier nervurées ISOLATION ET PERMÉABILITÉ À L’AIR P. 34 L’isolation thermique et le traitement de la perméabilité à l’air des toitures avec étanchéité sur TAN Dans le prolongement de ses Recommandations professionnelles (RecoPro) n°4 et 7, la CSFE a publié les RecoPro n°8, dédiées aux toitures avec élément porteur en tôles d’acier nervurées. Pour la première fois est abordé le traitement de la perméabilité à l’air nécessaire pour atteindre la performance énergétique attendue du bâtiment. P. 36 L’isolation thermique et la perméabilité à l’air des toitures sur TAN : le traitement des points singuliers ACOUSTIQUE P. 38 Le traitement acoustique des toitures-terrasses sur TAN L’ÉLÉMENT PORTEUR EN BOIS P. 40 Les toitures accessibles avec élément porteur en bois et panneaux à base de bois LA RÉNOVATION P. 42 La réfection des toituresterrasses : mode d’emploi P. 44 Hauteur d’acrotère insuffisante : les solutions techniques Dans le cadre d’une opération de rénovation sur un ouvrage béton, les hauteurs d’acrotère peuvent s’avérer inférieures aux exigences normatives. Le rehaussement de ces ouvrages doit être réalisé selon les Règles de l’art. P. 46 Transformer une toiture inaccessible en toiture-terrasse végétalisée Pour valoriser un bâtiment mais aussi son environnement, un maître d’ouvrage peut faire le choix de transformer une toiture-terrasse inaccessible avec étanchéité apparente ou protection gravillons en toitureterrasse végétalisée. Certaines règles doivent impérativement être respectées. P. 48 L’étanchéité des raccordements par système d’étanchéité liquide en rénovation P. 50 RÉFÉRENTIELS Textes de référence cités dans ce recueil et/ou à connaître pour réaliser des ouvrages d’étanchéité 48
TECHNIQUE 6 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS MISE EN ŒUVRE Les procédés d’étanchéité en partie courante sur La définition des toitures selon la pente est définie : - pour les éléments porteurs en béton dans le NF DTU 20.12 et le NF DTU 43.1 ; - pour les éléments porteurs en tôles d’acier nervurées (TAN) dans le NF DTU 43.3 ; - pour les éléments porteurs en bois ou panneaux à base de bois dans le NF DTU 43.4. Sont ainsi considérées comme inclinées les toitures dont la pente est supérieure à 5 %. Elles ne peuvent qu’être inaccessibles, techniques, végétalisées et rampes d’accès pour véhicules (dont la pente est limitée à 18 %). Les pentes peuvent être réalisées soit directement par l’élément porteur soit par des formes de pente rapportées en béton ou mortier (uniquement avec l’élément porteur maçonné) ou encore par la mise en œuvre d’un isolant penté. Attention, cette dernière disposition constructive est admissible dans le neuf et en rénovation pour les ouvrages béton (voir les Règles professionnelles de la CSFE sur les « Isolants supports d’étanchéité en indépendance sous protection lourde ») mais uniquement en rénovation lorsque l’élément porteur est en TAN ou en bois ou panneaux à base de bois. PENTE SUPÉRIEURE À 5 % De manière générale, au-delà de 5 % de pente, la mise en œuvre d’un complexe d’étanchéité en indépendance n’est pas possible en raison du risque de glissement. Ce dernier est dû au fluage de la membrane lié à la température de surface. Lorsque le revêtement est en asphalte, la limite est de 3 % Les préconisations spécifiques qui s’appliquent concernent notamment le mode de fixation des composants du procédé d’étanchéité. On retiendra notamment que, pour les bicouches bitumineux autres que fixés mécaniquement et autoadhésifs, dans les cas de pente supérieure à 20 % (système soudé sur isolant surfacé à l’EAC) ou à 40 % (système sans EAC), des fixations mécaniques en tête des lés d’étanchéité sont mises en œuvre. Le haut des lés de la dernière couche du revêtement d’étanchéité est fixé avec interposition de plaquettes à raison d’une fixation tous les 20 cm. Dans le cas des éléments porteurs en bois, il est possible de les remplacer par une bande de clouage continue à raison d’une fixation tous les 10 cm. PENTE SUPÉRIEURE OU ÉGALE À 100 % Lorsque la pente est supérieure ou égale à 100 %, les revêtements d’étanchéité ci-avant et avec élément porteur maçonné ou en TAN seront, de plus, renforcés ou la longueur des lés limitée à 5 m. Les procédés intégreront également des butées de l’isolant thermique fixées à l’élément porteur. En bois ou en métal et de hauteur sensiblement égale à l’épaisseur des panneaux isolants, elles sont disposées perpendiculairement à la ligne de la plus grande pente. L’écartement des lignes de butées ne doit pas excéder 5 m sauf dans le cas des TAN où la butée n’est prévue qu’à l’égout. Pour les systèmes fixés mécaniquement, le DTA définit la densité des fixations qui peut être augmentée à partir d’une certaine pente. Pour certains systèmes, à partir d’une pente de 40 ou 100 %, avec Au-delà d’une pente de 5 %, une toiture est considérée comme inclinée. Le procédé d’étanchéité doit donc intégrer des dispositions constructives spécifiques pour permettre d’éviter les phénomènes de glissement. 9 8 7 6 4 3 2 1 1 - Élément porteur 2 - Pare-vapeur 3 - Isolant thermique 4 - Revêtement d’étanchéité 5 - Dispositif de retenue 6 - Couche drainante 7 - Couche ltrante 8 - Substrat 9 - Couche végétale 01 EXEMPLE DE TOITURE VÉGÉTALISÉE EN PENTE
TECHNIQUE 7 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS toiture inclinée des lés dans le sens de la pente, leur longueur peut être limitée à 5 m et les lés sont fixés en tête. Pour les systèmes autoadhésifs, le DTA requiert, à partir d’une pente supérieure à 20 %, des fixations mécaniques en tête de lés de la couche autoprotégée, voire des dispositions complémentaires. Pour des systèmes monocouches en adhérence totale, le DTA définit une pente maximale pour l’emploi du système, 40 % par exemple. l Le cas des toitures végétalisées extensives Les Règles professionnelles pour la conception et la réalisation des terrasses et toitures végétalisées précisent que dans les cas de pente supérieure à 5 %, un système de retenue du système de végétalisation permettant l’écoulement de l’eau sera mis en œuvre en bas des rampants. Il peut s’agir de l’acrotère s’il existe, associé à un dispositif complémentaire tous les 20 m pour les pentes entre 5 % et 10 % et tous les 10 m pour les pentes entre 10 % et 20 %. En son absence, il sera remplacé par des chevrons en bois mis en œuvre de façon discontinue ou de bandes métalliques ajourées. 5 6 4 5 3 2 1 1- Élément porteur 2- Pare-vapeur 3- Butée 4- Fixation de la butée 5-Isolant 6- Revêtement d’étanchéité EXEMPLE DE TOITURE ÉTANCHÉE EN PENTE AVEC BUTÉE SUR ÉLÉMENT PORTEUR EN BOIS (PENTE ≥ 100 %) 02
TECHNIQUE 8 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS ÉNERGIE Les systèmes photovoltaïques sur toiture-terrasse Trois principales familles de procédés photovoltaïques existent aujourd’hui sur le marché. En l’absence de référentiels communs, elles sont validées par des évaluation collégiales reconnues comme les Avis techniques et les Atex. Une conception en amont du projet permettra le bon fonctionnement de l’ensemble. Il existe différents types de procédés photovoltaïques pour toitureterrasse. Modules souples ou rigides, liaisonnés à l’étanchéité ou rapportés… Les systèmes surimposés sans percement de l’étanchéité sont aujourd’hui les plus couramment mis en œuvre. Ils sont généralement fixés sur des systèmes d’intégration liaisonnés à l’étanchéité par des plots (schéma 1) ou des rails (schéma 2). Les modules souples (schéma 3) sont quant à eux plus rares mais disposent d’un atout : leur poids généralement suffisamment faible pour être mis en œuvre sur un bâtiment existant, dans le cas de projets de rénovation de l’étanchéité. Ces systèmes sont pour la plupart sous Avis techniques. Ces évalua- tions permettent de compenser le manque de référentiels communs disponibles. En tant que terrasses techniques, ils relèvent, selon la nature de leur élément porteur, des NF DTU 43.1 (béton), 43.3 (tôles d’acier nervurées) et 43.4 (bois et panneaux à base de bois) en travaux neufs. En rénovation, le NF DTU 43.5 devient la référence. Ces normes ne donnent pas de préconisation spécifique relative à la mise en œuvre de systèmes photovoltaïques. C’est pourquoi la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) a publié en juin 2009 des « Recommandations professionnelles pour la mise en œuvre de procédé d’étanchéité photovoltaïque avec modules souples » puis en février 2011 des Recommandations professionnelles sur « la mise en œuvre traditionnelle de capteurs solaires rapportés sur revêtement d’étanchéité en toiture-terrasse ». Parmi les principales mesures à mettre en œuvre, il faut : - dimensionner préalablement la charpente en fonction des charges rapportées en toiture par l’ensemble du procédé, y compris les modules ; - raisonner sous forme de « procédés ». Les référentiels visent le système complet : élément porteur – isolant – complexe d’étanchéité – système d’intégration – module photovoltaïque ; - vérifier la référence exacte et la géométrie du module prévu par le lot photovoltaïque ; Complexe d’étanchéité Module photovoltaïque Isolant Isolant Membrane d’étanchéité PVC-P Élément porteur Élément porteur Profilé et insert aluminum
TECHNIQUE 9 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS - respecter les exigences de pente des éléments porteurs définies dans les différents documents techniques d’application ; - calepiner les modules en fonction des objectifs de production qui dépendent de leur orientation, de leur inclinaison et de la présence ou non d’ombres portées ; - vérifier la destination de l’ouvrage. Les dispositions réglementaires liées notamment au feu en provenance de l’extérieur s’appliquent pour des installations photovoltaïques sur ICPE, ERP et ERT. Il convient notamment, sur ICPE, de justifier que le procédé complet bénéficie d’un rapport de classement feu BRoof(t3) ; - vérifier le domaine d’emploi du procédé complet pour chaque projet : celui-ci peut sensiblement varier en fonction des zones de neige et de vent. L’installation d’un système photovoltaïque en toiture-terrasse requiert des compétences techniques dans les domaines du bâtiment et de l’électricité. Cette cohabitation entre deux lots doit être préalablement décrite dans les marchés de travaux. l 01 03 02 PROCÉDÉ PHOTOVOLTAÏQUE LIAISONNÉ PAR PLOTS RÉGLABLES PROCÉDÉ D’ÉTANCHÉITÉ PHOTOVOLTAÏQUE AVEC MODULES SOUPLES PROCÉDÉ PHOTOVOLTAÏQUE LIAISONNÉ PAR RAILS Étanchéité Module photovoltaïque Module photovoltaïque Pare-vapeur éventuel Écran de séparation Plots Élément porteur Isolant Fixation mécanique de l’isolant
TECHNIQUE 10 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS 9 8 7 6 4 5 3 2 1 GEP Les évacuations d’eaux pluviales sur toiture-terra Les règles d’implantation et de dimensionnement des dispositifs d’évacuation des eaux pluviales en toiture-terrasse sont, pour la plupart des cas, définies dans les NF DTU en vigueur. Ainsi, pour les éléments porteurs en béton, il s’agira principalement du NF DTU 20.12, pour les éléments porteurs en tôles d’acier nervuré (TAN), il faut se référer au NF DTU 43.3 et pour le bois, au NF DTU 43.4 (en tenant compte, du fait de l’ancienneté de ce texte, de l’avertissement du Cahier des clauses techniques (CCT) P1-1 de ce NF DTU). Seules exceptions, les systèmes siphoïdes qui sont, eux, visés par des Avis techniques. Parmi les règles communes à toutes les typologies de toiture, il faut noter que toute évacuation doit être munie d’un dispositif d’arrêt des débris (papiers, feuilles…) risquant de boucher les descentes. Il s’agit de crapaudines et garde-grèves. De plus, les ouvrages d’évacuation des eaux pluviales seront systématiquement étanchés et raccordés à l’étanchéité de partie courante. LE CAS DES ÉLÉMENTS PORTEURS EN BÉTON Le fait que les dispositions constructives relatives à l’évacuation des eaux pluviales soient mentionnées dans le NF DTU 20.12 « maçonnerie des toitures et d’étanchéité - Gros œuvre en maçonnerie des toitures destinées à recevoir un revêtement d’étanchéité » signifie qu’elles doivent être prises en compte lors de la conception du gros œuvre, autrement dit en amont de la définition et de la mise en œuvre du procédé d’étanchéité. Les entrées d’eau doivent être réparties sur la toiture de manière à limiter le parcours des eaux de pluie à 30 m de tout point de la toiture et de l’ouvrage de collecte. Cela implique notamment qu’entre deux entrées, la distance ne peut pas excéder 30 m. En outre, le NF DTU 20.12 précise également que la distance entre une entrée d’eau et l’extrémité de l’ouvrage de collecte (chéneau, caniveau, noue) restera inférieure à 30 m (20 m dans le cas des toitures accessibles aux piétons avec protection par dalles sur plots). Chaque entrée d’eau intéresse une surface collectée de 700 m² maximum (200 m² dans le cas des toitures accessibles aux piétons avec protection par dalles sur plots). Les règles de dimensionnement des ouvrages de collecte sont mentionnées dans l’annexe C du NF DTU 20.12, tout comme les sections minimales des descentes pluviales. LE CAS DES ÉLÉMENTS PORTEURS EN TAN Les eaux pluviales sont collectées par les noues puis conduites vers les systèmes d’évacuation d’eaux pluviales (EEP). Les entrées d’eau sont positionnées soit en fond de noue (la surface maximale collectée par entrée est alors de 700 m², chaque noue devant comporter au moins trois EEP de section « normale ») soit « en déversoir » de forme rectangulaire uniquement. Elle conduit alors l’eau dans une boîte à eau extérieure, située en tête de descente d’eaux pluviales. La surface maximale collectée est alors de 350 m². Les EEP sont généralement métalliques et constituées d’une platine et d’un moignon soudés entre eux. Leur implantation dans les noues et leur dimensionnement sont définis dans le NF DTU 43.3 P1-1(chapitre 7 et annexe E). Elles dépendent notamment du positionnement des TAN par rapport à la noue (perpendiculaire, de biais ou parallèle), de la longueur des travées (définies comme la portée de l’élément support de la noue) ou des portées des TAN selon la configuration de la toiture et de la pente de la noue. À noter que l’annexe E insiste sur la vérification des éléments d’ossature sous accumulation d’eau, obligatoire dans certains cas, par exemple lorsque la pente de la noue est nulle et que les EEP sont implantées près des appuis de l’élément support de noue. Assurer l’évacuation des eaux pluviales est une mission clé des toitures-terrasses étanchées. Leur implantation et leur dimensionnement dépendent de la nature de l’élément porteur, de la pente de la toiture et de son usage. 01 RACCORDEMENT FOND DE NOUE 1- Élément porteur 2- Pare-vapeur 3- Isolant 4- Revêtement d’étanchéité 5- Platine 6- Moignon 7- Feuille de renfort 8- Couche de granulats 9- Garde-grève
TECHNIQUE 11 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS 3 4 5 2 1 6 3 7 8 4 3 2 1 sse LE CAS DES ÉLÉMENTS PORTEURS EN BOIS ET PANNEAUX À BASE DE BOIS Le NF DTU 43.4 P1-1 comporte un avertissement signalant que des dispositions spécifiques aux charges d’eau figurant dans le NF DTU 43.3 seront introduites dans une future révision du NF DTU 43.4. En effet, les planches ou voliges en bois massif et les panneaux à base de bois sont tout aussi souples que les TAN. En attendant cette révision, il est donc prudent, pour éviter des effondrements, d’appliquer aux terrasses à élément porteur en bois, les principes retenus pour la conception des terrasses, l’implantation des eaux pluviales et les vérifications de charpente définies dans le NF DTU 43.3. Les Avis techniques des éléments porteurs à base de bois non traditionnels, comme les panneaux CLT (Cross Laminated Timber), se réfèrent au Cahier du CSTB 3814 de novembre 2019 dont le chapitre 18 et l’annexe D traitent de l’évacuation des eaux pluviales. Ils peuvent être utilisés pour les éléments porteurs en bois traditionnels relevant du NF DTU 43.4. l Ouvrages de collecte : définitions Les NF DTU définissent les ouvrages de collecte des eaux pluviales ainsi : - Chéneau : de section généralement rectangulaire, il est implanté sur une toiture inaccessible. Toutes les pentes sont admises, y compris la pente nulle. - Caniveau : de section généralement rectangulaire, il est implanté sur une toiture accessible et recouvert par une grille de protection amovible. La pente doit être supérieure ou égale à 0,5 %. - Noue: ligne rentrante formée par l’intersection de deux versants ou par l’intersection d’un versant ou d’un relief. Tous les types de pente sont admis à part dans les cas de toitures accessibles piétons avec protection autre que dalles sur plots et accessibles aux véhicules. La pente devra ici être supérieure ou égale à 0,5%. - Trop-plein : ouverture débouchant à l’extérieur de la toiture. Note : sur élément porteur en maçonnerie en climat de montagne, les chéneaux sont interdits et la pente minimale des caniveaux et des noues est de 1 %. 02 CHENEAU BÉTON 03 CHENEAU BOIS 1- Élément porteur 2- Pare-vapeur 3- Isolant thermique 4- Revêtement d’étanchéité 1- Élément porteur 2- Pare-vapeur 3- Isolant 4- Revêtement d’étanchéité apparent 5- Bande d’égout 6- Sous-couche clouée 7- Feuille de bitume élastomère SBS 8- Feuille de bitume élastomérique 35 autoprotégée
TECHNIQUE 12 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS EEP L’évacuation des eaux pluviales par effet siphoïde Moins connue que le gravitaire, l’évacuation dite siphoïde est peu répandue. De faible section, elle présente des avantages certains mais nécessite en parallèle de respecter scrupuleusement plusieurs règles. En toiture-terrasse, les systèmes d’évacuation des eaux pluviales sont, dans leur grande majorité, dits gravitaires, c’est-à-dire que l’écoulement se fait par gravité. Les systèmes dits siphoïdes utilisent, quant à eux, le principe de la dépression dans la canalisation : à partir d’une certaine hauteur d’eau au-dessus de la naissance de l’évacuation, l’air n’entre plus ce qui provoque un effet chasse d’eau dans la noue qui évacue l’eau à grande vitesse. Elles sont généralement prescrites par des maîtres d’ouvrage au fait de la technique, principalement sur des bâtiments métalliques de grands volumes tels que les bases logistiques ou les centres commerciaux. Elles présentent des avantages et notamment le fait qu’à débit égal, les sections de tuyaux sont réduites. « Ces derniers peuvent donc être facilement rapportés sur une charpente et évitent ainsi les installations sous dallage », explique François Michel, directeur technique de la CSFE. Avec néanmoins un revers à cette médaille : « la conception des naissances et la faiblesse de leur diamètre sont telles que pour que l’effet siphoïde fonctionne, l’écoulement de l’eau ne doit pas être gêné ». Car si le système se bouche, la toiture se met en charge puis en surcharge et le risque est alors loin d’être anodin : il s’agit bel et bien de l’effondrement de la toiture. Pour s’en prémunir, plusieurs règles doivent être suivies. Elles sont consultables dans les Avis techniques des procédés* et complétées dans le Cahier des prescriptions techniques 3600_V2 d’avril 2025**. « Ce dernier vient d’être refondu à la suite de l’analyse par le Groupe spécialisé 5.2 de la CCFAT de retours d’expérience parfois malheureux. Il n’est pas autoportant puisqu’il renvoie aux Avis Techniques. » Il vise les éléments porteurs en béton, en acier et en bois, les toitures inaccessibles et techniques et les revêtements d’étanchéité apparents ou protégés par dallettes sur non tissé. Les principales préconisations à respecter sont : - un entretien régulier, à la charge de l’exploitant du bâtiment, afin d’éviter que l’évacuation ne se bouche ; - un calcul précis du positionnement des naissances, avec une marge de sécurité. Par exemple, à partir d’une surface de toiture de 1 000 m², deux descentes sont nécessaires, ce qui conduit à deux collecteurs. Les naissances sont de ce fait implantées en quinconce sur ces collecteurs. - le respect d’une même altimétrie des naissances reliées à un même collecteur. « Si tel n’est pas le cas, l’une peut se retrouver sous l’eau alors que l’autre reste à l’air libre. L’évacuation des eaux ne fonctionnera alors pas correctement. » Conception et calepinage des naissances ne sont pas attribués au lot étanchéité. « Le rôle de l’étancheur est de mettre en œuvre les naissances. » Pour éviter de se voir impliquer en cas d’effondrement de l’ouvrage, il lui est conseillé de vérifier leur bonne implantation et d’être attentif à la réalisation du raccordement de ces naissances à l’étanchéité. l *À ce jour: UV-System TM (UV-System Nordic AB), Vacurain (Dyka), Sifonika Plus (Sifonika France), Nicoll Akasison (Nicoll), EPAMS (Saint Gobain PAM) Geberit Pluvia (Geberit) **https://www.ccfat.fr/groupes-specialises/publications/?keywords=3600&document=7&specializedGro up=5&sort=1#documents
TECHNIQUE 13 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS ➊ Naissance pour membrane PVC-P ➋ Dispositif anti-vortex ➌ Support isolant ➍ Élément porteur ➊ Évacuations d’eaux pluviales siphoïdes ➋ Toiture ➌ Ligne d’évacution aux points bas de la toiture IMPLANTATION D’UNE NAISSANCE D’EEP SIPHOÏDE POUR MEMBRANE PVC-P COUPE DE PRINCIPE DE L’IMPLANTATION DES EEP SIPHOÏDES AVEC LA LIGNE DE NAISSANCE DANS UNE NOUE, AUX POINTS BAS DE LA TOITURE Procédé Epams de PAM Building Procédé Sifonika Plus de Dika
TECHNIQUE 14 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS 01 Il n’existe pas de référentiel unique définissant les dispositions constructives applicables aux couvertines. C’est pour pallier ce vide référentiel que la CSFE a lancé la rédaction de Règles professionnelles (RP) dédiées. Elles se basent notamment sur les essais de tenue des couvertines aux efforts de vent réalisés en soufflerie. L’objectif : dimensionner ces ensembles au regard de différentes configurations (ITE, double mur…) et faire bénéficier aux entreprises de méthodes de calcul fiables et de valeurs tabulées. En attendant la sortie de ces RP, les résultats sont compilés dans des rapports établis en octobre 2021 dans le cadre du programme Profeel. Ils donnent notamment une définition de l’ouvrage : « tôle pliée couvrant la partie supérieure de la saillie verticale d’une façade (acrotère) au-dessus du niveau de la couverture ou de la toiture. La couvertine joue le rôle de dispositif empêchant les eaux de ruissellement et de rejaillissement de s’introduire derrière les relevés d’étanchéité. Elle est un élément essentiel à la pérennité des toitures-terrasses et des façades. » Elle est maintenue par une patte support, soit une « pièce métallique pliée fixée sur le support, constitué par un élément de charpente ou autre élément structurel ». Une autre définition est accessible dans le cahier du CSTB 3035-V2 « Système d’ITE enduit sur polystyrène expansé » : « profilés dont le rôle est de protéger la tranche supérieure du système et d’éloigner les eaux de ruissellement. Il doit être muni d’un nez goutte d’eau d’au moins 25 mm de débord. La largeur du profilé doit être adaptée à l’épaisseur du système fini. L’épaisseur du profilé doit être adaptée aux sollicitations auxquelles il est soumis (sollicitations mécaniques, vent, etc.). Dans tous les cas, cette épaisseur doit être : – au moins égale à 10/10 mm si le profilé est en aluminium brut ou laqué ; – au moins égale à 7,5/10 mm si le profilé est en acier inoxydable, en acier galvanisé ou en acier galvanisé laqué ». Outre ces documents, il faut glaner à droite à gauche les informations qui ne concernent généralement qu’un type d’élément porteur et restent finalement assez vagues. Les RP Rage sur les « toitures accessibles avec élément porteur bois » rappellent ainsi que « la couvertine métallique doit être résistante à la corrosion, au vent, étanchée à l’eau et pentée ». Celles déstinées à l’isolation des points singuliers des toitures avec élément porteur en béton y dédient leur chapitre 8. « Le grand inconnu, c’est le système de fixation. En l’absence de norme claire, chacun y va de sa technique personnelle allant de la patte de fixation au simple collage, avec un risque d’arrachement important pouvant entraîner, dans les cas extrêmes, l’envol de la couvertine », explique Aurélien Sollet, dirigeant de l’entreprise SEV IDF. Les textes renvoient généralement aux Avis techniques des procédés qui sont, eux-mêmes, avares en informations. En attendant la sortie du référentiel, Etanchéité.Info vous propose quelques schémas permettant d’identifier les principales précautions de mise en œuvre. l Destinées à protéger les relevés d’étanchéité et les têtes de façade des infiltrations d’eau, les couvertines jouent un rôle majeur pour la pérennité des ouvrages. Pourtant, les règles définissant leur mode de mise en œuvre sont éparpillées dans plusieurs documents et restent, pour certaines, évasives. 1- Isolation 2- Étanchéité 3- Couvertine avec une pente dirigée vers l’intérieur ≥ 5 % 4-ITE 5- Parement extérieur 6- Élément porteur 7- Eclisse 8- Vis autoforante 9- Silicone formant chéneau sous la couvertine EXEMPLE DE MISE EN OEUVRE DE LA COUVERTINE SUR ÉLÉMENT PORTEUR EN BÉTON : ZOOM SUR L’ÉCLISSAGE 2 1 PROTECTION La mise en œuvre des couvertines
TECHNIQUE 15 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS 02 1- Isolation 2- Étanchéité 3- Couvertine avec une pente dirigée vers l’intérieur ≥ 5 % 4- Fixation mécanique 5- Patte (étrier) en acier, pentée vers l’intérieur 6- Parement extérieur 7- ITE 8- Élément porteur en bois EXEMPLE DE MISE EN ŒUVRE DE LA COUVERTINE SUR ÉLÉMENT PORTEUR EN BOIS : ZOOM SUR LA FIXATION 2 1 3 4 5 3 7 8 9 4 5 6 6 7 8
TECHNIQUE 16 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS CONFORT D’ÉTÉ Le rafraîchissement adiabatique en toiture Peu connu mais à l’efficacité démontrée, le rafraîchissement adiabatique utilise l’évaporation de l’eau pour réduire la température intérieure. Il est particulièrement judicieux pour les ouvrages de grands volumes de type industriel ou logistique. Pour les bâtiments tertiaires, il est généralement plus adapté de le coupler à une centrale de traitement d’air. «Le principe de base du refroidissement adiabatique est d’utiliser l’énergie de la transformation d’état de l’eau liquide en vapeur », décrit le guide Profeel « Les solutions de rafraîchissement adiabatique dans les bâtiments tertiaires en rénovation » de septembre 2021. Dans le détail : « de l’air chaud et sec traverse un média humidifié par un filet d’eau. L’air chaud provoque l’évaporation d’eau dans le média et la chaleur nécessaire à la vaporisation d’eau est extraite de l’air qui se refroidit ». Cette technologie est particulièrement adaptée aux bâtiments de grands volumes sans possibilité ou en alternative à la climatisation, « soient les ouvrages industriels, logistiques, ERP… », explique JeanMarie Caous, directeur technique chez Bluetek. L’objectif : répondre aux besoins en confort d’été. « Les retours d’expérience confirment les études menées par les organismes indépendants que sont Profeel ou la DHUP », poursuit le directeur technique. Il existe plusieurs technologies de rafraîchissement adiabatique : direct (figure 3), indirect (connecté à une centrale de traitement d’air), ou couplé direct + indirect. Le rafraîchissement adiabatique direct fonctionne en introduisant directement dans l’ambiance du bâtiment l’air humidifié et rafraîchi. « Etant donné qu’il n’y a pas d’échangeur, la performance est accrue. » L’unité est installée en toiture et souffle l’air dans les locaux (figure 2). « L’air refroidi peut être insufflé via un diffuseur dans l’intégralité de l’ouvrage, dans les espaces non ventilés ou de façon localisée », rappelle Jean-Marie Caous. L’évacuation de l’air entrant est obligatoire pour assurer la qualité de l’air intérieur et assurer la régulation du taux d’hygrométrie ambiant. Elle sera réalisée via des extracteurs tels que les ouvrants de toiture ou de façade. Le pilotage de l’ensemble est automatisé par un système de sondes. Le dimensionnement et le nombre d’équipements dépendront évidemment du volume à rafraîchir et de la température ambiante souhaitée. En gros, on en compte un pour 200 m². Des périphériques optionnels tels que des sondes de température (intérieure et extérieure) et un capteur hygrométrique peuvent également compléter l’installation. Cette dernière se pose à la manière d’un lanterneau sur tous les types d’élément porteur. « La première étape consiste à mettre en place une costière (avec intégration de chevêtre en raison de l’apport de charges) et à les traiter en relevés d’étanchéité. Les costières en acier galvanisé du système adiabatique seront installées dessus avec adaptation de sa taille à celle du support si nécessaire. Entre les deux, on vient positionner le procédé de diffusion d’air qui peut ainsi être connectée dans le bâtiment », décrit Jean-Marie Caous (figure 1). l 01 Exemple de raccordement de rafraichisseur au complexe d’étanchéité de toiture-terrasse
TECHNIQUE 17 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 TOUT TYPE D’ÉLÉMENTS PORTEURS Air frais au sou age 23°C Air chaud chassé par la pression 2 2 3 3 4 4 Commande murale centralisée 5 5 1 1 Air extérieur 35°C 23°C 27°C 35°C 6 6 Sonde intérieure 7 7 Sonde extérieure Appareil de ventilation ouvert Mesure de niveau d’eau Air frais Air chaud Air chaud Électovanne vidange 2 2 3 3 4 4 Réservoir 5 5 1 1 Ventilateur 6 6 Électrovanne arrivé d’eau 7 7 Pompe de circulation Échangeur adiabatique en cellulose 02 Principe de diffusion de l’air refroidi par rafraîchissement adiabatique dans le bâtiment 03 Rafraîchissement adiabatique direct en unité autonome
TECHNIQUE 18 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 ÉLÉMENT PORTEUR EN BÉTON Il n’existe pas de référentiel dédié à l’agriculture urbaine. Le NF DTU 43.1 et les Règles professionnelles CSFE et Adivet (Association pour la végétalisation de l’îlot bâti et des infrastructures) pour la conception et la réalisation des toitures et terrasses végétalisées décrivent respectivement les dispositions constructives relatives aux toitures-terrasses jardins et végétalisées. « Mais ceuxci ne prennent pas en compte lisiblement les spécificités de l’usage des toitures-terrasses à des fins de production agricole en termes de contraintes (charges, accessibilité, sécurité...) et de durabilité », POTAGER Concevoir une toiture support d’agriculture urbaine Résilient sous-jardinière non transportable Garde-corps conforme NF P01-012 Jardinière non transportable Protection lourde en dalles sur plots Jardinière transportable auto-stable TERRASSE ACCESSIBLE AU PUBLIC AVEC BACS ET JARDINIÈRES explique l’Adivet. C’est pourquoi l’organisme a rédigé, avec ses partenaires, les « Recommandations techniques de l’agriculture urbaine en toiture », publiées en novembre 2018. Ces dernières ne sont pas reconnues au sens assurantiel du terme mais posent les grands principes de conception de toitures dédiées à ces pratiques. Le document définit l’agriculture urbaine comme « une activité productive réalisée dans la ville, dont les produits comestibles (légumes, fruits ou végétaux) sont à destination principale de ses habitants. Le plus généralement, elle s’oriente soit vers la production (activité Les terrasses accueillant une production agricole en toiture ne sont ni vraiment des toitures végétalisées, ni vraiment des terrasses jardins. Pour clarifier les bonnes pratiques en la matière, l’Adivet a rédigé des Recommandations techniques spécifiques.
TECHNIQUE 19 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 ÉLÉMENT PORTEUR EN BÉTON TERRASSE À L’ACCÈS RESTREINT AUX PROFESSIONNELS - PLATES-BANDES TERRASSE ACCESSIBLE AU PUBLIC - PLEINE SURFACE Garde-corps conforme NF P01-012 Garde-corps conforme NF E85-015 Dispositif de séparation Circulation technique Circulation technique de type passe-pieds Zone stérile Circulation technique de type passe-pieds Circulation piétonne professionnelle), soit vers des projets à dimension sociale et pédagogique (jardinage de loisir) ». En toiture, elle ne peut être prévue que si l’élément porteur est en béton et présente une pente ≤ 5 %. En cas d’activités de loisir, l’ouvrage doit être reconnu comme « accessible », avec les équipements de sécurité adaptés. En cas d’activité professionnelle, elle sera considérée comme « technique ». En aucun cas elle ne sera classifiée comme « inaccessible ». Un chapitre est d’ailleurs dédié aux jardinières qui requièrent certaines précautions complémentaires, notamment si elles sont transportables. Les Recommandations différencient trois modes de culture : les conteneurs, bacs et jardinières, les plates-bandes et la pleine surface (voir schémas). Les plantations peuvent être réalisées soit dans de la terre végétale, soit dans du substrat. Le choix des complexes d’étanchéité et de leurs protections (lourdes meubles, lourdes dures…) devra être adapté au mode de culture et aux charges appliquées. A minima, l’isolant présentera une classe de compressibilité C et l’étanchéité sera anti-racines. l
TECHNIQUE 20 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 ÉLÉMENT PORTEUR EN BÉTON 03 PROTECTION LOURDE La conception et la réalisation des platelages en Avant la publication des Règles professionnelles (RP) pour la conception et la réalisation des toitures-terrasses et balcons étanchés avec protection par platelage en bois, les étancheurs ne disposaient, pour la conception de ces ouvrages, que des NF DTU 43.1 et 43.11, qui n’évoquent que les procédés avec dalles sur plots en béton et pierre naturelle, et du NF DTU 51.4 qui lui, ne vise que les platelages bois sur sols stabilisés et sols béton. Les supports avec étanchéité imposent à ces ouvrages des contraintes spécifiques nécessaires à leur durabilité et leur pérennité qui ont nécessité l’écriture de ces Règles. Les platelages bois pour protection d’étanchéité font partie intégrante de l’ouvrage d’étanchéité. À ce titre, ils sont assujettis à la garantie décennale. En conséquence, les travaux décrits dans les RP prennent en compte une durabilité des bois plus exigeante que celle définie dans le NF DTU 51.4. Seuls les bois compatibles avec la classe d’emploi 4 hors sol (sans contact avec le sol) sont envisagés. Le choix des essences utilisables est donc plus réduit. Le seul principe de pose envisagé est le lambourdage posé sur plots, dont la densité Nmin dépend de la catégorie d’usage* et de la pression maximale p à ne pas dépasser sur le complexe d’étanchéité (60 kPa ou la valeur pour laquelle le tassement en service de l’isolant thermique support n’excède pas 2 mm si elle est plus faible). Le tableau ci-après donne les valeurs de Nmin, pour les catégories d’usages A, C1 et D1, pour p = 60kPa. Catégorie d’usage Usage spécifique Nmin (nombre de plots minimal par m2) A Habitation, résidentiel - balcons (usage privé ou collectif) 2,8 C1 Lieux de réunions, espaces équipés de tables, etc., par exemple : terrasses d’écoles, cafés, restaurants... 2,8 D1 Commerces de détails courants (terrasses d’accès magasins...) 3,8 Le lambourdage peut être simple (voir schéma 1) ou croisé (mise en œuvre d’un premier lit de lambourdes sur lequel est fixé perpendiculairement un deuxième lit de lambourdes - voir schéma 2) lorsque les lames sont constituées d’un bois peu stable (voir en annexe A des RP la liste des bois utilisables et leur niveau de stabilité) ou pour mieux résister aux hétérogénéités de sollicitations. Le dimensionnement des lames et lambourdes est également plus exigeant et sera défini en fonction des caractéristiques mécaniques des bois et des contraintes et flèches maximales à respecter avec comme conditions initiales que la flèche totale finale des lambourdes soit limitée à L/400 en partie courante tandis que celle des lames sera limitée à 3 mm contre 5 mm dans le NF DTU. La conception et la réalisation des toitures-terrasses et balcons étanchés avec protection par platelage bois bénéficient de Règles professionnelles dédiées, rédigées par la Chambre syndicale française de l’étanchéité et publiées en juin 2017. Elles précisent les préconisations spécifiques applicables à ces ouvrages. 03 Lambourdes solidaires des plots et jeu entre lambourdes au droit d’un plot. 3 à 8 mm
TECHNIQUE 21 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 bois massif sur étanchéité ÉLÉMENT PORTEUR EN BÉTON 01 02 Les RP mettent à disposition la méthode de calcul ainsi que des tableaux de valeurs pré calculées en fonction de la classe de résistance du bois, donnant l’épaisseur et la hauteur des lames et lambourdes, respectivement selon l’entraxe des plots dans le sens de portée des lames et dans le sens de portée des lambourdes supports des lames. La mise en œuvre du platelage bois sur plots reprend les principes généraux déjà définis dans le NF DTU 43.1 pour les protections d’étanchéité par dalles sur plots, tels que les hauteurs minimales de relevé et le maintien de l’accès à ces relevés et autres points singuliers de la terrasse. Seule exception : la hauteur verticale en sous-face des lames de platelage est autorisée jusqu’à 30 cm. Les RP soulignent également que le taux d’humidité des lames à la pose sera compris en 12 et 22 %. Ces dernières seront pré percées et leur fixation sera assurée par des vis à double filetage ou à congé de filetage sous tête et empreintes de têtes de type carré, six pans ou torx pour faciliter le démontage ultérieur qui doit rester exceptionnel. * Les catégories d’usages correspondent à un classement des surfaces selon le type d’usage et donc les charges d’exploitation à retenir pour le dimensionnement; elles sont définies dans l’Eurocode 1- partie 1-1. 01 Mise en œuvre de la protection par platelage bois sur lambourdage simple 02 Mise en œuvre de la protection par platelage bois sur double lambourdage croisé
TECHNIQUE 22 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 ÉLÉMENT PORTEUR EN BÉTON 3 42 41 5 Le dispositif écartant en tête de relevé, les eaux de ruissellemen ≥ 0,05 m RÈGLES PROFESSIONNELLES Les toitures-terrasses accessibles aux véhicules La profession de l’étanchéité a décidé de rendre traditionnelles la conception et la réalisation des terrasses accessibles aux véhicules (légers ou lourds) ne comportant pas d’isolation thermique, lorsque le revêtement d’étanchéité est constitué d’un complexe mixte « membrane bitumineuse + asphalte ». Dans ces conditions, une partie du domaine d’emploi des Avis techniques et des DTA des procédés de la famille « Revêtement d’étanchéité de toitures à base d’asphalte et feuille en bitume modifié » de la CCFAT est supprimée. Pour encadrer la technique et éviter une interruption de l’assurabilité décennale de ces procédés, la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) a lancé la rédaction de Règles professionnelles (RP) dédiées. Celles-ci, désormais validées par la Commission prévention produit (C2P), ont été publiées en juillet 2024. À noter qu’elles décrivent également les asphaltes coulés à basse température, non envisagés dans le NF DTU 43.1. Ces nouvelles RP, intitulées « Toitures-terrasses sans isolation thermique accessibles aux véhicules - Étanchéité par systèmes à base d’asphalte », visent les travaux neufs et de réfection sur les éléments porteurs en maçonnerie de types A, B ou D avec dalle de compression au sens du NF DTU 20.12 ou en bacs métalliques collaborants, en climat de plaine ou de montagne. Les travaux seront obligatoirement réalisés par une entreprise d’étanchéité spécialiste de l’asphalte, titulaire de la qualification Qualibat 3233. Cette prescription se place dans la continuité des Avis techniques sur les complexes mixtes dont les titulaires sont exclusivement des entreprises spécialistes de l’asphalte. Ces dernières, seules ou en association avec l’industriel fabricant des feuilles bitumineuses, établiront une « fiche système » pour leur propre complexe selon le modèle défini dans l’annexe D. En climat de plaine, les systèmes d’étanchéité seront composés de la manière décrite dans les tableaux 1 et 2. Par exemple, dans les cas de terrasses accessibles aux véhicules lourds, une protection supplémentaire en enrobé sera rapportée. Elle peut également être constituée d’une dalle en béton armée fractionnée avec interposition d’une couche de désolidarisation quel que soit le type de véhicules, légers ou lourds. l Les procédés d’étanchéité en complexe mixte membrane bitumineuse + asphalte sans isolation thermique sont entrés dans le domaine traditionnel. Ils sont désormais visés par des Règles professionnelles, publiées en juillet 2024. Complexe d’étanchéité Protection Sans protection Dallage en béton armé sur couche de désolidarisation Véhicules légers (1) EdsF + AP2 BT + AS2 BT OUI EdslF + AS2 BT + GV + AG2 BT OUI OUI Véhicules lourds (1) EdsF + AP2 BT + AS2 BT OUI EdsF + AS2 BT + GV + AG2 BT OUI Rampes (1) EIF + écran Kraft perforé + AG4 BT + GV + AG4 BT OUI EIF + GV + AG4 BT + GV + AG4 BT OUI TABLEAU 1 COMPOSITION DES COMPLEXES ASPHALTE ET DES PROTECTIONS EN CLIMAT DE PLAINE (1) La circulation « piétons » est également visée. Les cases grisées correspondent à une exclusion d’usage. 1 Relief en béton imprégné d’EIF 2 Feuille de bitume SBS type BE 35 3 Feuille de bitume élastomèrique 35 autoprotégée 41 Asphalte gravillonné 25 mm 42 Asphalte gravillonné 25 mm 5 Chasse-roue ÉTANCHÉITÉ TOUT ASPHALTE EN RAMPE Le dispositif en tête de relevé écartant les eaux de ruissellement n’est pas représenté.
TECHNIQUE 23 ÉTANCHÉITÉ.INFO DÉCEMBRE 2025 2 1 nt n’est pas représenté. ≥ 0,10 m ≥ 0,15 m sans isolation thermique ÉLÉMENT PORTEUR EN BÉTON ≥ 0,20 m ≥ 0,05 m ≥ 0,10 m ≥ 0,15 m 2 3 4 5 1 Complexe d’étanchéité Protection Sans protection AC1 BT AC2 BT AG4 BT Enrobé 2 (2) Enrobé 3 (2) Dallage en béton armé sur couche de désolidarisation Véhicules légers pour trafic normal (1) EIF + SSI *+ AG2 BT OUI OUI (3) OUI (3) OUI OUI OUI EIF + FA** + AG2 BT (4) OUI (3) OUI (3) OUI OUI OUI Véhicules légers pour trafic intense (1) EIF + SSI + AG2 BT OUI OUI (3) OUI OUI EIF + FA + AG2 BT (4) OUI (3) OUI OUI Véhicules lourds - PTAC < 200 kN (1) EIF + SSI + AG6 BT (5) OUI (3) OUI OUI EIF + FA + AG6 BT (4) OUI (3) OUI OUI Véhicules lourds - 200 kN ≤ PTAC ≤ 400 kN (1) EIF + SSI + AG6 BT (5) OUI (3) OUI OUI EIF + FA + AG6 BT (4) OUI (3) OUI OUI Rampes - Véhicules légers - trafic normal (1) EIF + SSI+ GV (facultatif) + AG4 BT OUI OUI (3) OUI OUI OUI EIF + FA+ GV (facultatif) + AG4 BT (6) OUI (3) OUI OUI OUI Rampes - Véhicules légers - trafic intense (1) EIF + SSI+ GV (facultatif) + AG4 BT OUI OUI (3) OUI OUI EIF + FA+ GV (facultatif) + AG4 BT (6) OUI (3) OUI OUI Rampes - Véhicules lourds (1) EIF + FA+ GV (facultatif) + AG4 BT (6) OUI (3) OUI OUI TABLEAU 2 COMPOSITION DES COMPLEXES MIXTES ET DES PROTECTIONS EN CLIMAT DE PLAINE (1) La circulation « piétons » est également visée. (2) Les enrobés 2 et 3 peuvent être remplacés par l’enrobé 1 uniquement en usage piéton, tel que définis dans le paragraphe 8.2.2 des Règles professionnelles. (3) Avec interposition d’une grille de verre entre les deux couches d’asphalte. (4) Hors éléments porteur de type D (y compris avec dalle béton collaborant rapportée), de type A avec bac collaborant de type C. (5) Hors éléments porteur de type D (y compris avec dalle béton collaborant rapportée). (6) Hors éléments porteur de type A avec bacs métalliques collaborants. * SSI : système semi-indépendant ** FA : feuille adhérente Les cases grisées correspondent à une exclusion d’usage. 1 Remblai 2 Feuille de bitume SBS type BE 35 3 Feuille de bitume élastomèrique 35 autoprotégée alu 4 Feuille anthracite de partie courante posée sur plancher : • soit feuille en bitume élastomère à semi-indépendance intégrée • soit système composé d’un écran perforé de semi-indépendance + feuille en bitume élastomère ou en bitume plastomère 5 Asphalte gravillonné d’épaisseur 20 à 30 mm ÉTANCHÉITÉ MIXTE ASPHALTE
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