TÉMOIN 32 BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 HERVÉ GASTAUD Le chiffre d’affaires de la construction métallique s’élevait à quatre milliards d’euros en 2025 en France. © SCMF LE CONTEXTE Hervé Gastaud est délégué général du Syndicat de la construction métallique de France (SCMF) depuis septembre 2024. Il a auparavant exercé cette fonction au sein d’autres organisations professionnelles comme le Syndicat national des aménageurs lotisseurs, l’Union nationale des géomètres-experts et l’Union nationale des économistes de la construction. Il a été président du Cedap, réseau des dirigeants d’associations professionnelles entre mars 2022 et avril 2025. Il est actuellement président d’Initiatives Hauts-de-Seine. «La période est exigeante mais elle confirme l’utilité stratégique de la construction métallique» Entretien avec Hervé Gastaud, délégué général du Syndicat de la construction métallique de France (SCMF). PROPOS RECUEILLIS PAR ADELINE DIONISI Le marché construction métallique est en baisse mais ne décroche pas d’après le SCMF qui rappelle que la filière dispose de tous les leviers pour être l’une des solutions d’avenir du bâtiment et de l’industrie en France. BARDAGE.INFO Dans un contexte national et international complexe, comment se porte le marché de la construction métallique ? HERVÉ GASTAUD Il pèse pour environ quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires. Après une croissance moyenne de 1,59 % par an entre 2014 et 2024, on note un tassement estimé à -3,69 % en 2025. Le tonnage mis en œuvre est compris entre 740 000 et 760 000 tonnes, contre 773 365 tonnes en 2024. Le marché traverse donc une phase de ralentissement que l’on explique notamment par un climat d’investissement morose, aggravé par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient : les décisions se prennent plus lentement et les investisseurs sont prudents. Ce contexte pèse directement sur les carnets de commandes. Le SCMF note d’ailleurs une baisse de 10 % des commandes sur la période septembre-novembre 2025 par rapport à la même période en 2024 et un recul de -7,3 % sur douze mois glissants hors ouvrages d’art et export. La filière peut néanmoins compter sur ses atouts pour rester solide malgré tout et prouver qu’elle est au cœur des enjeux de souveraineté industrielle, de réindustrialisation et de transition écologique. D’abord, elle dispose d’un outil industriel performant. Ensuite, elle est portée par des marchés très concrets : les bâtiments industriels représentent 60,18 % du tonnage, les ouvrages comme les ombrières et supports photovoltaïques montent à 12,76 %, et les autres bâtiments progressent de 7,03 % à 9,43 % du tonnage total. Enfin, preuve de sa compétitivité, la filière exporte encore 5 à 10 % de son chiffre d’affaires.
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