P. 30 RÉALISATION Biot Les façades jouent la souplesse P. 08 ACTUALITÉ Assemblée générale de la CSFE Quelles actions pour le bardage ? P. 18 DOSSIER Préfabrication La construction hors-site en manque de dénominateur commun LE MAGAZINE DES PROFESSIONNELS DU BARDAGE ET DE L’ISOLATION PAR L’EXTÉRIEUR NUMÉRO MAI 2026 29
RÉNOVEZ EN TOUTE CONFIANCE, VALORISEZ DURABLEMENT ! Offrez une nouvelle vie à vos bâtiments grâce à des solutions de rénovation de façades et de bardage conçues pour répondre à tous les enjeux : esthétiques, thermiques, économiques et de sécurité. Nos systèmes par voie sèche permettent une mise en œuvre rapide, propre et maîtrisée, tout en garantissant des performances durables. Adaptées aux supports béton, acier et bois, nos solutions s’intègrent à tous vos projets pour améliorer l’efficacité énergétique, valoriser l’image de vos bâtiments et assurer leur pérennité en toute simplicité. Spécialiste de l’enveloppe du bâtiment, nos équipes interviennent pour vos travaux de façade, mais aussi d’isolation et d’étanchéité, de métallerie-serrurerie, de charpente bois et métal sur toute la France. Notre ambition : rendre chaque bâtiment plus performant et répondre aux enjeux de nos clients. soprema-entreprises.fr
ÉDITO 3 BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 10-31-1495 BARDAGE.INFO est une publication de l’Association pour la promotion des métiers de l’étanchéité APME-PROMÉTHÉE, éditée sous l’égide de la CSFE. CSFE 6-14, rue La Pérouse, 75784 Paris cedex 16 Tél. : 01 56 62 13 20 Fax : 01 56 62 13 21 www.etancheite.com Directrice de la publication Edwige Parisel Comité de rédaction Pierre Archez, Olivier Bernard, Loredana Corvi, Clément Damée, Stéphane Fayard, Gabin Fétis, Jean-Noël Héry, Sinicha Knezevic, Marie-Alice Lacoste, Stéphane Lambert, Jean Passini, Carole Peyre, David Piantino, Valérie Rougemont, Aurélien Sollet. ABONNEMENT GRATUIT sur simple demande : 01 56 62 13 20 PYC MÉDIA Bardage.info est éditée par 16-18, place de la Chapelle 75018 Paris Tél. : 01 53 26 48 00 - www.pyc.fr Actionnaire principal : Edith Sarl Rédaction Bastien Cany (47 85) b-cany@pyc.fr Adeline Dionisi (48 05) a-dionisi@pyc.fr Rédacteur graphiste François Bordrez Publicité Morgane Gargadennec (48 03) m-gargadennec@pyc.fr Lucie Bechet (88 86) l-bechet@pyc.fr Aurélie Degasse (47 89) a-degasse@pyc.fr (chargée de relations annonceurs) Design graphique Marge Design Photo de couverture ©Smac N°ISSN : 2260–4693 Dépôt légal à parution Impression, façonnage ILD ZAC Artois Pôle 2 - Allée de Belgique 62128 Wancourt Papier : UPM Star Silk 90gr Origine du papier : Kaukas en Finlande Taux de fibres recyclées : 0 % Taux d’eutrophisation : 0,004 Kg / tonne Certification PEFC 100% « La construction hors-site diminue les aléas de chantier mais génère de nouvelles problématiques.» La construction hors-site appliquée à la façade suscite de plus en plus d’intérêt dans le secteur du bâtiment. Ce numéro de Bardage.Info lui consacre son dossier principal. Cette « préfabrication » de tout ou partie de panneaux complets en usine ou en atelier, avec isolation thermique et fixations intégrées, permet un assemblage de ces ensembles directement sur l’ouvrage en construction. Ses avantages sont, bien entendu, la diminution des aléas de chantier. Cette fabrication avec le recours au BIM et à la modélisation numérique amène en effet une grande précision dans les découpes et les assemblages. Elle est également réalisée à l’abri des intempéries et de manière à exercer un contrôle qualité rigoureux et permanent. Les systèmes sont ensuite acheminés prêts-à-poser, identifiés et livrés dans l’ordre d’installation avec des plans de calepinage précis. La durée de montage est donc raccourcie permettant de tenir plus facilement les plannings serrés. Enfin, elle permet de réduire la main-d’œuvre sur chantier, améliorer les conditions de travail et optimiser la logistique. Au-delà des gains opérationnels, la construction hors site s’inscrit pleinement dans l’évolution des métiers du bâtiment. Elle participe au renforcement de la sobriété énergétique des ouvrages, à la réduction de la production de déchets et à l’amélioration de l’attractivité du métier de bardeur. D’où une généralisation qui progresse inévitablement. Cependant, cette transformation soulève aussi plusieurs problématiques. Les modifications tardives sont compliquées voire impossibles. Les projets devront donc être conçus en amont avec les bureaux d’études d’une façon rigoureuse, la coordination entre les différents lots devra être parfaitement synchronisée. Elle impose également d’anticiper les contraintes de transport, de manutention et d’accès sur chantier liées à des systèmes volumineux et fragiles. Je suis convaincu que les entreprises de bardage, fortes de leur expertise, sauront s’approprier ces nouveaux modes constructifs. Elles continueront à faire évoluer leurs pratiques tout en préservant leur savoir-faire et leur capacité d’adaptation. l La construction hors-site ne peut pas s’improviser PIERRE ARCHEZ, PRÉSIDENT DU COMITÉ DE RÉDACTION DE BARDAGE.INFO
www.rockwool.fr Conserver & améliorer durablement vos bardages métalliques Rockzed® Bardage Installez un nouveau bardage métallique double peau sur l’ancien bardage, sans avoir besoin de tout retirer ! Le système Rockzed Bardage est un système, en laine de roche, de rénovation thermique et esthétique des bardages métalliques existants à nervures verticales. Rockzed Bardage est constitué de l’association d’ossatures en acier à âme perforée, Z Thermiques® élaborées par BACACIER, et de panneaux isolants à entretoise nus Rockbardage Réno. Il consiste à réaliser un nouveau bardage double peau métallique en utilisant le bardage existant comme support. La système Protégez vos bâtiments des incendies Diminuez les ponts thermiques et réduisez votre facture énergétique N’interrompez-pas votre activité durant la rénovation Utilisez un isolant durable avec une excellente tenue au vent et à la pluie Simplifiez-vous l’installation Utilisez un isolant recyclable à l’infini
SOMMAIRE 5 BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 18 26 P. 32 TÉMOIN Hervé Gastaud Délégué général du Syndicat de la construction métallique de France P. 34 AGENDA A lire : - Un guide pour la construction en CLT - La réhabilitation pour transformer À savoir : salons, formations, colloques... P. 07 TABLEAU DE BORD P. 08 ACTUALITÉS Assemblée générale de la CSFE En bref P. 14 Projets Une tour en bois R+10 avec bardage ventilé Les façades créent le lien P. 16 Innovations P. 18 DOSSIER Préfabrication La construction hors-site en manque de dénominateur commun Encore minoritaire par rapport à la construction traditionnelle, le hors-site ne tient pas à le rester. La filière est même très engagée mais son positionnement fait grincer quelques dents. Et soulève encore bon nombre de questions, notamment pour les entreprises de bardage. Sommaire #29 | mai 2026 P. 24 TECHNIQUE Décryptage Bardage rapporté sur parois bois : des Recommandations professionnelles pour clarifier P. 26 RÉALISATIONS Reims La Tour des Argonautes revêt sa nouvelle toison Dans le cadre de la restructuration du quartier des Châtillons, l’emblématique tour des Argonautes a été entièrement rénovée. Ses façades notamment ont bénéficié de la mise en œuvre d’un bardage avec ITE à vocation esthétique et thermique. P. 28 Paris Surélévation en façades légères P. 30 Biot Les façades jouent la souplesse © Studio Vingt-Trois © 3F DR
Inspiring Smarter Building Itinéraires Architecture | Direction des Services Techniques et des Transports (DSTT) © Aurélien Vivier D2B® Façade Murs-rideaux préfabriqués D2B® Archisol® & D2B® Promisol® ArcelorMittal Building Solutions France D2B® - Designed to Build - est un complexe de façade préfabriquée étanche associant des isolants haute performance, un système de montage innovant et une large gamme de finitions architecturales. Grâce à leur conception sèche et légère, D2B® Archisol® & D2B® Promisol® permettent une installation simple et rapide, qui améliore la sécurité sur site et la qualité de la construction, tout en maîtrisant les coûts. Les modules D2B® Archisol® & D2B® Promisol® sont de dimensions variables et ajustables au besoin architectural. Nos solutions D2B® de façade sont sous Avis Technique. Contact : commercialambsf@arcelormittal.com
ACTUALITÉS 7 TABLEAU DE BORD BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 INDICATEURS Conjonctures variables Dans le logement, si le nombre de délivrances de permis de construire augmente, celui des mises en chantier baisse. Dans le non résidentiel, c’est l’inverse avec des écarts importants entre secteurs d’activité. LES CHIFFRES DU MOIS 2,1 C’est, en pourcentage, la prévision de croissance de l’activité des entreprises du bâtiment en 2026. (source : FFB) 35 600 C’est le nombre d’artisans et d’entreprises ayant bénéficié, depuis 2022, du programme Oscar qui vise à les sensibiliser aux aides à la rénovation énergétique. 213 750 C’est le nombre de mises en chantier de logements neufs évalué pour 2050 au regard des tendances démographiques observées (baisse de la natalité) contre 334 650 en 2030. (source : Xerfi. La projection n’intègre pas les conditions de mal-logement) 5,9 C’est, en pourcentage, la baisse du nombre d’immatriculations d’entreprises dans le secteur de la construction en 2025. (source : bilan national des entreprises 2025) LOGEMENTS COLLECTIFS ÷ 5,3 % Hausse du nombre de permis de construire de logements collectifs en février2026 par rapport au mois précédent. ◊ 4,9 % Baisse du nombre de mises en chantier de logements collectifs en février2026 par rapport au mois précédent. Les chiffres LOGEMENTS ÷ 3,3 % Hausse du nombre de permis de construire de logements neufs en février2026 par rapport au mois précédent. ◊ 1,6 % Baisse du nombre de mises en chantier de logements neufs en février2026 par rapport au mois précédent. LOCAUX NON RÉSIDENTIELS ◊ 14,1 % Baisse des surfaces autorisées à la construction de locaux non-résidentiels de décembre 2025 à février 2026 par rapport à la même période il y a un an. ÷ 1 % Hausse des surfaces mises en chantier de locaux non-résidentiels neufs de décembre 2025 à février 2026 par rapport à la même période ily a un an. COMMERCES ET ACTIVITÉS DE SERVICES ÷ 10,9 % Hausse des surfaces autorisées à la construction de commerces et activités de services neufs de décembre 2025 à février 2026 par rapport à la même période il y a un an. ÷ 4,8 % Hausse des surfaces mises en chantier de commerces et activités de services neufs de décembre 2025 à février 2026 par rapport à la même période il y a un an.
ACTUALITÉS 8 EN BREF BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 PROFESSION Assemblée générale de la CSFE : quelles actions pour le bardage ? Lors de son assemblée générale annuelle, la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) a fait le point sur les travaux du groupe bardage et vêture mis en place en mars 2025 et intégré à la commission nationale technique. Son président Pierre Archez a rappelé que plusieurs documents techniques avaient d’ores et déjà été publiés. Ainsi, depuis avril et mai 2025, deux Recommandations professionnelles Profeel sur les bardages rapportés sur COB et CLT sont disponibles. (voir article p. 24) En juillet 2025, un calepin de chantier ITE par bardage rapporté est paru et, en septembre 2025, un guide ITE par bardage rapporté ventilé, vêture et vêtage à destination des maîtres d’ouvrage. Il a été rédigé par le Groupement Isolation thermique par l’extérieur (GITE-FFB). Le groupe travaille actuellement à la révision des NF DTU 41.2 et 31.2, à la rédaction de Recommandations professionnelles sur le réemploi des plateaux métalliques en partenariat avec l’Enveloppe métallique du bâtiment (EMB), l’Union des métalliers et l’écoorganisme Valobat et d’un Cahier des prescriptions techniques sur les bardages rapportés sur CLT (GS 2.2 et GS 3.3). D’autres projets sont évidemment prévus. Nous ne manquerons pas de vous en faire part ! l NOMINATION La direction exécutive de Bacacier évolue L’entité spécialisée dans les solutions d’habillage acier des bâtiments du groupe Kingspan se dote « d’une direction bicéphale pour accompagner le développement de l’entreprise ». La direction exécutive commerciale est confiée à Frédéric Beaumont. Au sein de l’entreprise, qu’il a intégrée en 2021, il a d’abord exercé les fonctions de responsable grands comptes nationaux et, depuis fin 2024, de directeur commercial. Guillaume Laisne a, quant à lui, été nommé directeur exécutif opérations. Chez Bacacier by Kingspan depuis 2024, il a tout d’abord été directeur des opérations. l TECHNIQUE Interface ITE-menuiserie : parution de deux calepins Profeel lance une nouvelle collection baptisée « Interfaces » destinée à accompagner les professionnels de la construction dans le traitement des jonctions entre lots de travaux. Pour le moment, deux calepins illustrés sont disponibles. Ils sont dédiés à la jonction entre une menuiserie et une isolation thermique par l’extérieur en rénovation. Les solutions proposées décrivent une pose de bloc baie en tunnel au nu extérieur dans le cadre d’une rénovation globale et d’une rénovation par étapes. De manière générale, le traitement des interfaces entre lots de travaux constitue une difficulté récurrente dans les opérations de rénovation énergétique et représente l’une des principales sources de non-qualité sur les chantiers. Pourtant, ce sujet est longtemps resté un angle mort des référentiels techniques, laissant les entreprises souvent seules face à des situations complexes, traitées au cas par cas sur le terrain. Pour y remédier, le programme Profeel a mis en place ce projet « non pas pour écrire une nouvelle règle ni viser l’exhaustivité, mais pour proposer une gamme de ressources pédagogiques, fondées sur des exemples concrets issus du terrain, pour inspirer et sécuriser les pratiques ». Cent solutions de traitement de jonctions entre lots de travaux ont été priorisées puis scénarisées, geste par geste, en s’appuyant sur des bonnes pratiques et les remontées du terrain. Ce travail a été piloté par l’Agence Qualité Construction (AQC), avec le concours du Cerema et de l’Asder, partenaires du projet, ainsi que de la Capeb et de la FFB. Il est progressivement transposé dans des formats directement exploitables par les entreprises et les artisans. « À ce jour, sept vidéos et deux calepins sont disponibles sur proreno.fr, avec un objectif de 20 vidéos et 60 calepins d’ici fin 2026. Chaque calepin présente un traitement possible d’une interface entre lots de travaux, sous forme de fiches illustrées synthétisant les étapes clés, pour un usage en amont ou en cours de chantier », explique Profeel. l
L‘architecture dans une nouvelle dimension www.fundermax.com
ACTUALITÉS 10 EN BREF BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 SAINT-LOUIS Une résidence expose des œuvres d’art À Saint-Louis dans le Haut-Rhin, la résidence Eurêka est composée de 142 logements répartis sur 7 bâtiments. Il s’inscrit dans la dynamique de renouvellement du quartier via notamment l’intégration de portraits monumentaux sur les pignons des bâtiments. L’objectif : « insuffler une dimension artistique à l’architecture pour créer un marqueur culturel visible et porteur de sens », explique Fabien Marlier, directeur de travaux chez Trianon Résidences, maître d’ouvrage. Chaque œuvre, réalisée par les artistes Guy Denning et FrakOne, représente un portrait d’inventeur (Braille, Bell, Einstein…), choisi pour les valeurs qu’il incarne. Ils ont été reproduits par impression digitale sur mesure sur des parements en stratifié HPL (Individual Decor sur Max compact exterior (Fundermax)). l Architecte: DRLW Architectes / mise en œuvre: agence de Mulhouse de Soprema Entreprises. INDUSTRIE Nouveau directeur général chez Jackon Insulation by Bewi Depuis le 15 janvier dernier, Daniel Geigenfeind a pris la tête de Jackon Insulation by Bewi. Il remplace Michael Scheider. Il occupait précédemment le poste de directeur financier. l PROFESSION Frédéric Carré, nouveau président de la Fédération française du bâtiment Frédéric Carré a été élu président de la Fédération française du bâtiment (FFB) lors du conseil d’administration du vendredi 20 mars. Sa prise de fonction est prévue pour le 19 juin prochain, à l’issue du conseil d’administration de la FFB. Il est président du groupe de métallerie et construction métallique Groupe Carré, situé à Tournefeuille (31) qui compte 150 salariés. Il était jusqu’alors vice-président et président du conseil des régions de la FFB, ainsi que président de la Fédération régionale Occitanie. Il succède à Olivier Salleron, à la tête de la fédération depuis 2020. l NANTES Un bardage aux couleurs de l’innovation Sur l’Île de Nantes, la Poste Immobilier a fait édifier un nouveau bâtiment destiné à accueillir un millier d’informaticiens et de chercheurs du groupe La Poste. Baptisé la maison de l’Innovation, l’ouvrage de 15 375 m² a également pour vocation à être un espace collaboratif et ouvert tant pour ses utilisateurs que pour les riverains. Conçu par l’agence Baumschlager Eberle, le bâtiment est construit avec des matériaux bas carbone comme le bois ou le cuivre recyclé. Un système de récupération d’énergie des baies informatiques, des brasseurs d’air et un raccordement au réseau biomasse collectif ont été installés pour minimiser les consommations et maximiser le recours aux énergies renouvelables. La maison de l’Innovation traduit son intégration dans la dynamique de la transformation de l’Île de Nantes en un pôle d’innovation et de créativité à travers le traitement de sa façade. 19 400 m² de panneaux en aluminium composite revêtus d’une couche d’anodisation naturelle matte (Alucobond premium anodised Old copper) habillent ainsi l’ensemble. Un procédé qui lui permet de résister notamment aux rayures superficielles. En outre, « au fil du temps, les surfaces gagnent en profondeur et en expression », ajoute le fabricant. Les parements ont été façonnés par Tim Composite pour respecter le calepinage de l’architecte. l © Fundermax
Retrouvez toutes les publications de la CSFE sur le CSFE Chambre Syndicale Française de l’Étanchéité 6-14 rue La Pérouse · 75784 Paris Cedex 16 Tél: 01 56 62 13 20 · Fax: 01 56 62 13 21 www.etancheite.com RECOMMANDATIONS PROFESSIONNELLES DE LA CSFE DOSSIER07 JUIN 2017 Pour la conception de l’isolation thermique des toitures-terrasses et toitures inclinées avec étanchéité et élément porteur en maçonnerie pour la conception et la réalisation des terrasses et toitures végétalisées RÈGLES PROFESSIONNELLES Edit°N°3 / Mai 2018 www.kiosqueetancheite- bardage.com ANDROID APP ON Votre bibliothèque numérique disponible gratuitement sur : Création : Studio 201
ACTUALITÉS 12 EN BREF BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 MARCHÉ L’américain AIAC acquiert Renolit Ondex American Industrial Acquisition Corporation, holding industrielle internationale, a finalisé l’opération de rachat du fabricant de plaques planes et de plaques ondulées bi-orientées, mises en œuvre entre autres en bardage, le 1er octobre 2025. Renolit Ondex a repris son nom d’origine Ondex. « Les emplois, les équipes et les savoir-faire sont intégralement maintenus », annonce le groupe. l AMIENS Une nouvelle entrée tout en bois pour le zoo À Amiens le Pôle oriental du zoo, inauguré en mars 2025 et conçu principalement en bois par l’architecte Bruno Mader, redéfinit l’accès au parc. Le bâtiment de 2 500 m² regroupe la billetterie, la boutique, les espaces pédagogiques et les pôles administratifs et techniques du site. Le choix du bois en matériau principal de construction cherche à ancrer la nature au cœur du projet. Son bardage (Ducerf) participe à ce parti pris. Le calepinage des parements en jeu d’écailles en peuplier file à la fois la métaphore animale en renvoyant à l’image de la peau d’un reptile et rappelle les briques traditionnelles de la région picarde. Les éléments de bardage sont constitués de lames et de bardeaux réalisés sur mesure par l’entreprise Ilicut pour reproduire la texture souhaitée par l’architecte. l SIDÉRURGIE ArcelorMittal confirme la construction d’un four électrique sur son site de Dunkerque Le doute s’était installé mais Reiner Blaschek, PDG du groupe en Europe, l’a affirmé mardi 10 février en présence du Président de la République et les salariés : le géant de l’acier devrait bien investir 1,3 milliard d’euros dans un four électrique d’une capacité de deux millions de tonnes d’acier par an. Il remplacera un des deux hautsfourneaux du site de Dunkerque pour la production d’acier sans charbon. Il sera financé à 50 % par les CEE. C’est donc un projet revu à la baisse par rapport aux ambitions de 2024 qui a été annoncé. En effet, au départ, il prévoyait la construction de deux fours électriques et une unité directe de réduction du fer. Mais face à la concurrence accrue de l’acier chinois et aux prix de l’énergie, rien n’a été concrétisé. Aucune date de lancement du chantier n’a encore été communiquée mais le démarrage du four est prévu pour 2029. l MISE EN ŒUVRE Projet d’ITE sous bardage ? Parution d’un guide Le Groupement Isolation thermique par l’extérieur (GITEFFB), en collaboration avec les industriels et institutionnels de la filière, lance une série de guides dédiée aux principes et préconisations pour la mise en œuvre d’une ITE. Après un premier document sur les procédés sous enduit, un second est sorti sur l’ITE sous bardage rapporté. En une vingtaine de pages, ce guide répond concrètement aux questions couramment posées par les entreprises lors de la conception, la pose et la réception des systèmes. Il est disponible sur le site de la FFB et auprès du GITE-FFB. l GITE-FFB, Réussir son projet d’isolation thermique extérieure par bardage rapporté ventilé, vêture ou vêtage, octobre2025, 20 pages.
LE BÂTIMENT EN MOUVEMENT REPENSER. RESTAURER. RÉINVENTER. batimat.com
BORDEAUX Une tour en bois R+10 avec bardage ventilé À Bordeaux, la résidence Iksso compte 94 logements répartis en plusieurs bâtiments dont deux tours de 10 étages. Particularité: elles sont en structure 100% bois autour d’un noyau béton. Le système de bardage rapporté a été visé par une ATex pour une utilisation sur façades bois non porteuses permettant ainsi d’étendre, pour ce projet, le domaine d’emploi du procédé aux bâtiments de troisième famille pour des ouvrages de plus grande hauteur. La résidence bordelaise Iksso, livrée à l’été 2025, répond aux exigences de l’aménageur EPA Euratlantique d’avoir recours à un maximum de matériaux biosourcés tout en répondant au besoin de densification de la parcelle. Elle est composée de quatre bâtiments s’élevant sur un socle commun de deux niveaux de parking. Le premier est en bois sur trois étages, le deuxième, de neuf niveaux, est en béton bas carbone et les deux derniers font appel à la mixité des matériaux : un noyau en béton accueille ascenseur et escalier et le reste de la structure est en bois. À noter que l’ensemble des éléments bois a été préfabriqué en atelier. L’habillage des façades est réalisé en bardage ventilé (StoVentec R de Sto) avec finition enduit (Stolit K de Sto avec un grain de 1,5) de teinte blond argile « qui rappelle la couleur et la matérialité de la pierre, très utilisée dans la ville », explique Agathe Chevalier, directrice de l’agence CoBe Architecture et Paysage. Les panneaux supports de bardage (StoCarrier Aero de Sto) « d’une dimension de 3,05 m ont permis de couvrir toute la hauteur de chaque étage en une seule fois, limitant ainsi les recoupements avec, à la clé, une réduction des déchets et une optimisation sur l’économie du projet », souligne Jean-Philippe NdoboEpoy, directeur technique de Sto France. Une solution rendue possible notamment par la délivrance d’une ATex spécifique permettant une mise en œuvre de la solution sur les tours de grande hauteur. Le projet a reçu le label Biosourcé niveau 3 en phase conception, le label NF Habitat 9 étoiles et la Pyramide d’argent 2024 de la région Nouvelle-Aquitaine. Il a également été récompensé par un prix spécial « Bâtir un avenir responsable ». l ©Manuel Panaget ©Manuel Panaget ACTUALITÉS 14 BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 PROJETS
ARRAS Les façades créent le lien À Arras, l’Ehpad associatif Jean-Marie Alexandre-Résidence des arts s’est installé dans l’ancien conservatoire de musique, de danse et d’arts dramatiques de la ville. À l’occasion, le bâtiment a été reconfiguré et agrandi. L’extension et son architecture contemporaine jouent la prolongation avec l’existant classé monument historique notamment grâce au traitement de ses façades. Conçues par les architectes des agences Imagine Architecture et Parallèle Architectes, les façades de l’extension de l’Ehpad associatif Jean-Marie Alexandre-Résidence d’Arras combinent plusieurs matériaux. « L’enjeu était d’assurer une continuité avec le bâtiment existant classé monument historique tant sur le plan esthétique que technique », explique Samuel Steenkiste, chef de secteur pour l’entreprise Sergeant (filiale de Soprema Entreprises), en charge du lot. La grande majorité des habillages a été mise en œuvre en suivant les dispositions constructives du bardage rapporté ou de la vêture. Ont ainsi été posés 1 200 m² de bardage en verre (Lite-Point de Saint-Gobain), 590 m² de bardage en ardoises (Cedral by Etex), 375 m² de vêture en pierre naturelle (Veticlip de Vetisol) et 50 m² de zinc à joint debout. Sans oublier 2 800 ml de brise-soleil en terre cuite (Terreal). Chaque revêtement répondant à un mode de pose spécifique, les intervenants se sont donc adaptés, à chaque fois, à une technique différente. Ainsi, les parements en ardoise fibre-ciment sont liaisonnés à une ossature bois associée à une isolation en laine de verre, un lattage et un contre lattage (pour assurer la ventilation du système) via des crochets. « Par endroits, nous avons intégré des entretoises de charpente traversant le bardage pour reprendre les ossatures métalliques des brise-soleil en terre cuite », souligne Frédéric Olivier, chef d’équipe couverture. Une configuration qui a imposé un calepinage et une mise en œuvre de ces derniers au millimètre. En outre, « le dégradé de teintes des bardeaux rappelle les matériaux et les coloris de l’ancien conservatoire », rappelle Samuel Steenkiste. Quant à la pierre naturelle, elle est rapportée en façade par des agrafes fixées sur des rails en inox. Pour les compagnons, c’est la pose des vitrages qui a été la plus complexe. « Nous n’avions encore jamais eu affaire à ce type de produit très spécifique », indique Samuel Steenkiste. Et assez contraignant de par son poids (jusqu’à 90 kg pour certains éléments) et le fait qu’il est non recoupable sur chantier. « Le moindre écart le rend inutilisable. » La préparation en amont a été déterminante pour la réussite du projet, aussi bien au niveau du bureau d’études que du relevé géomètre. Chaque panneau a été fixé à la ventouse sur la double ossature aluminium, ajustée, là encore, au millimètre. « La mise en œuvre a nécessité une rigueur à toute épreuve pour rapporter le système d’accrochage des vitrages et ajuster le rail », décrit Pascal Wojtera, chef d’équipe pour l’entreprise Sergeant. L’établissement a été inauguré en décembre 2024 et peut accueillir jusqu’à 84 résidents et une cinquantaine de professionnels. l © David Coppieters ACTUALITÉS 15 BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 PROJETS
ACTUALITÉS 16 EN BREF BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 NEOLIFE Bardage relief Neolife lance une nouvelle gamme de parements en bois composite recyclable inspirée des mouvements de la nature. Baptisée Link Creativ’, elle se décline en deux styles : Wave propose des ondulations aléatoires pour un design fluide tandis que Prism affiche des facettes triangulaires asymétriques. Ils sont tous deux proposés en neuf teintes mates. Ce bardage se met en œuvre dans le neuf et en rénovation. L’ATec est en cours. l TRESPA Système de fixation invisible pour parement stratifié HPL Le fabricant annonce le lancement de TS208 pour une fixation invisible par patte-agrafes de ses panneaux de bardage en épaisseur 8 mm. Il permet des entraxes d’ossatures verticales (bois ou métal) de 900 mm et la pose de panneaux jusqu’à 4 270 mm de longueur et 3 050 mm de hauteur. Il peut se mettre en œuvre sur support béton, maçonnerie enduite, COB et CLT ainsi qu’en habillage de sous-face sur des structures béton à plus de trois mètres de hauteur. Le système est visé par un ATex. l JAMES HARDIE Deux nouvelles solutions fibre-ciment Le fabricant de parements de bardage en fibre ciment élargit sa gamme avec un système de fixation invisible et des panneaux petit format. Pour rendre invisible la fixation Hardie Panel, un trou borgne est réalisé dans l’épaisseur à l’arrière du panneau sans le traverser. Un ancrage mécanique (auto taraudeur ou rivet aveugle en inox) y est fixé, créant ainsi le point d’accroche. Sur cet insert est vissée une patte agrafe (clip métallique). Elle s’insère où se clipse sur des rails horizontaux en aluminium, fixés sur l’ossature. En raison de la profondeur du trou borgne, ce procédé est admis pour des panneaux d’épaisseur 11 mm. L’Avis technique est en cours. Les panneaux Hardie Easy Panel affichent des dimensions réduites : 1 200 × 600 mm. Ils s’adressent plutôt aux artisans pour traiter des petites surfaces. Ils sont disponibles en douze coloris (six teintes lisses unies et six finitions métalliques). l REVIBAT Panneau isolant en laine de verre recyclée Reviver est un panneau isolant entièrement fabriqué à partir de laine de verre provenant de déchets de chantiers ou de chutes de coupes. Il est disponible dans des épaisseurs variant de 45 à 200 mm pour 1 200 mm de longueur et 600 mm de largeur. Il peut être mis en œuvre en intérieur ainsi qu’en façade sous bardage rapporté. Le fabriquant annonce des performances thermiques équivalentes à une laine de verre standard (R entre 1,25 m².K/W (45 mm) et 5,70 m².K/W et λ = 0,035 W/m.K). l SFS Système de fixation pour faciliter l’installation des façades La nouvelle gamme Center Point System permet à la fois d’assurer un bon positionnement des fixations et d’éviter le sur-serrage. Elle est destinée au liaisonnement précis des parements de bardage, prenant en compte la dilatation et la contraction des matériaux. Pour cela, elle intègre notamment une bague de centrage prémontée associée à une pointe auto-perceuse et un filetage à la géométrie spéciale. Les risques de dommages esthétiques sont ainsi prévenus en éliminant les matières résiduelles dans le trou du panneau pour assurer son expansion et sa contraction complète. Les rayures lors de dilatation sont également impossibles grâce à la forme conique de la tête des fixations. Elles sont disponibles en inox ou en bi métal (pointe en acier et corps inox). l
ACTUALITÉS 17 EN BREF BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 OCEWOOD Nouvelle gamme de bardage composite Le fabricant lance sa première ligne de revêtement rapporté sur façade en matériau expansé associant PVC recyclé et anas de lin, résidu agricole local. Disponible en trois profils modulables entre eux (plane, grand claire-voie et petit claire-voie), ce bardage se pose à la verticale et à l’horizontale. Les lames sont pré percées pour une fixation directe invisible. Elles sont également aboutées pour les relier facilement entre elles et permettre la gestion de la dilatation. Elles sont disponibles en six couleurs (chêne clair, chêne brut, chêne cendré, Ipé, Red Cedar et Tek). l MOCOPINUS Lames bois pour pose modulable Pinuflex est une lame de bardage en pin à rainures fraisées avec une inclinaison de 15° pouvant être mise en œuvre horizontalement et verticalement. La face arrière peut également être visible, pour une utilisation du profilé en carport par exemple. Le parement est conçu de manière à ce que les points de fixation soient invisibles. De plus, il peut être fabriqué avec un rainage en bout pour une pose horizontale continue ou avec une coupe en biais « goutte d‘eau » de 15° ou 30° pour une pose verticale qui permet l’écoulement de l’eau. l
© 3F DR Rapporter une façade préfabriquée demande la mobilisation de moyens de levage spécifiques. (ici : rénovation de logements sociaux à Thiais) DOSSIER 18 FILIÈRE BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 PRÉFABRICATION La construction hors-site en manque de dénominateur commun Encore minoritaire par rapport à la construction traditionnelle, le hors-site ne tient pas à le rester. La filière est même très engagée pour faire valoir ses avantages mais son positionnement fait grincer quelques dents. Et soulève encore bon nombre de questions, notamment pour les entreprises de bardage. ADELINE DIONISI Certains l’appellent hors-site, d’autres préfabrication. On entend aussi parler d’industrialisation ou de standardisation. Pour comprendre les enjeux de ce mode de conception et de construction, un point terminologique s’impose car les avis divergent. Ainsi, l’association Filière hors-site de France* différencie clairement chacun des termes. On peut lire dans son référentiel de la construction hors-site paru en 2023, suivi en février 2025 par la publication de celui sur la rénovation, que la construction hors-site « est une méthode de construction qui vise à déplacer une partie de cette construction hors du chantier. (…) Elle englobe la notion de préfabrication en tenant compte des enjeux contemporains (carbone, filières locales, qualité de vie au travail, qualité architecturale et d’usage ». La préfabrication fait donc ici partie du hors-site et n’en est pas synonyme : « Elle consiste en la fabrication, dans des usines et ateliers spécialisés, d’éléments et/ou de composants constructifs d’un bâtiment ou d’une partie de bâtiment. Ces éléments et/ou composants sont ensuite transportés et montés sur site. » Idem pour l’industrialisation qui correspond « à la mise en place de méthodes issus du secteur de l’industrie pour permettre la production à grande échelle avec une forte productivité et qualité » et la standardisation qui « crée et utilise des référentiels correspondants à « la meilleure façon de faire connue à ce jour ». Un standard est construit à partir des retours du terrain et permet de réutiliser systématiquement les meilleurs process ou produits, favorisant l’amélioration continue. » L’association Filière hors-site de France distingue donc la méthode (le hors site) des outils pour l’appliquer (la préfabrication, l’industrialisation et la standardisation). En revanche, pour la Fédération française du bâtiment (FFB), « la préfabrication est hors-site et le hors-site est préfabrication ». Elle s’appuie sur le code de la construction et de l’habitation (CCH) et la définit comme étant « la conception et la réalisation d’un ouvrage à partir d’éléments préfabriqués, qui sont produits sur un site qui peut être soit une usine ou un atelier, soit une installation temporaire jouxtant le chantier, soit sur une aire dédiée du chantier, et qui sont assemblés, installés et mis en œuvre sur le chantier ». L’organisation professionnelle rappelle également que l’idée n’est pas nouvelle et que nombre d’éléments préfabriqués arrivent déjà sur chantier. Elle s’inscrit donc dans la construction traditionnelle avec, quel que soit
Les façades du collège Simone Veil à Saint-Priest (69) ont été préfabriquées. (Architectes : Aurélie Dargnat et Sarah Bigot (Métropole de Lyon)) © Neolife DOSSIER 19 BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 FILIÈRE le projet, un large recours à de la préfabrication/ hors site associant des techniques traditionnelles et innovantes dans le neuf comme en rénovation. C’est le cas particulièrement des Façades ossatures bois (FOB) systématiquement assemblées en usine ou en atelier, mais aussi par exemple des panneaux sandwich ou encore, et on y pense moins, des parements de bardage prédécoupés aux bonnes dimensions et pré percés. Il existerait donc différents degrés de préfabrication. Et elle n’est pas irrémédiablement liée à la construction bois, comme on peut parfois l’entendre. « Le hors-site est souvent assimilé à ce matériau et aux gains de productivité qui en découlent. Or, si le bois domine, c’est parce qu’il répond aux enjeux de décarbonation. Il ne faut pas les confondre avec la productivité, l’évolution des process, des méthodes et des outils notamment numériques », rappelle la FFB. PLANNINGS ET COÛTS Productivité. Le mot est lâché et justifie, en partie au moins, l’engouement actuel pour le hors-site. « L’intérêt de 3F pour ce mode constructif a démarré dès 2019 à partir du constat que, sur chantiers, les dérives de planning et de coût avaient un impact négatif sur la production de nos logements sociaux », explique Eva Madec, doctorante à l’école d’architecture de Versailles et chargée de mission spécialisée hors-site chez le bailleur social, un des fondateurs de l’association Filière hors-site de France. Les premières réflexions autour de la thématique et l’observation des pratiques chez nos voisins allemands et néerlandais notamment semblent confirmer que l’arrivée sur chantier d’éléments prêts-à-poser permettrait d’anticiper et de maîtriser délais et factures. Depuis, les premiers retours d’expérience ont permis aux acteurs du hors-site d’avancer des précisions pour évaluer ces bénéfices. Si un surcoût est encore constaté comparé aux solutions traditionnelles, il semblerait, d’après les constatations de l’ « observatoire du hors-site », que la durée d’un chantier standard serait généralement divisée par deux. « À l’heure où le neuf connaît des difficultés et n’arrive plus à répondre à la demande, quand on construit, il faut le faire efficacement », remarque Léa Delpech, cheffe de projets au sein de l’association Filière hors-site de France. Un argument qui tient aussi pour la rénovation qui, rappelons-le, peine à se massifier malgré l’urgence des besoins. Mais ce n’est pas tout. L’observatoire fait part d’une réduction, sur chantier, de 80 % des émissions de poussière et de temps d’actions bruyantes. Un atout non négligeable en zone dense, pour le Organisation et passation des marchés La construction hors-site telle qu’elle est promue par la Filière hors-site de France bouscule le cadre traditionnel de passation des marchés. Entreprises et industriels sont consultés bien plus tôt qu’en construction traditionnelle. Si ces nouvelles modalités ne sont pas encore définies de manière explicite, des adaptations de l’existant sont testées comme les montages loi MOP ou les marchés globaux (conception-réalisation, marchés globaux de performance). Des expérimentations sont également réalisées avec notamment celle de la loi MOP inversée qui consiste à « consulter entreprises générales et industriels en amont du concours de maîtrise d’œuvre. L’objectif est d’établir un cahier des charges techniques et une sorte de boîte à outils « hors-site » qui sont ensuite mis à la disposition des architectes dans le cadre du concours », explique Eva Madec, doctorante à l’école d’architecture de Versailles et chargée de mission spécialisée hors- site chez le bailleur social 3F. « Nous incitons les entreprises de construction à s’emparer du sujet et à se regrouper en macro lot pour associer leurs compétences et pouvoir répondre de manière indépendante à ces marchés », conseille la Fédération française du bâtiment.
La préfabrication-hors site intègre des solutions 1D, 2D ou comme ici 3D. La préfabrication de la façade peut également intégrer le système de bardage rapporté (réalisée ici par Sybois). © 3F DR © Raphaël Gabrion DOSSIER 20 FILIÈRE BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 de conception, de phasage, de choix des produits et de mise en œuvre changent. La passation de marché, les relations entre lots, la validation des procédés et l’assurabilité aussi (voir encadrés). Sans oublier le transport et la logistique. Avec deux maîtres mots : anticipation et collaboration. PLUSIEURS DIMENSSIONS Préalable indispensable au hors-site : que des solutions préfabriquées existent. Elles se catégorisent en éléments 1D (poteaux, poutres, linteaux, gaines, conduits…), 2D, qui intègrent notamment les façades simples et complexes avec bardage intégré mais aussi par exemple les balcons, et 3D correspondant à la construction modulaire, les salles de bain… C’est de la solution choisie que découlera le choix du hors-site dans un projet et non l’inverse. C’est ce qu’on appelle le Design for manufacturing and assembly (DFMA) ou, en français, conception pour la fabrication et l’assemblage, largement utilisée dans l’aérospatiale, l’automobile ou l’informatique. Pierre-Antoine Duffrene, co-fondateur et directeur associé de Ressorts**, incubateur de projets pour l’accélération de la transition de l’habitat, complète : « il ne suffit pas de préfabriquer en usine puis de mettre en œuvre sur chantier. Pour que le hors-site ait un sens, il est nécessaire de développer des composants standardisés qui répondent aux configurations les voisinage et les interventions en site occupé. « Le hors site répond aux enjeux de la RE2020 », ajoute Thomas Delepine, responsable technique du fabricant de parements Neolife. Une affirmation partagée par l’observatoire qui établit qu’il permettrait d’atteindre les seuils 2028 et 2031 de la réglementation environnementale « sans surcoût par rapport à une opération RT2012/RE2020 seuil 2025 ». En outre, « la préfabrication en atelier réduit les déchets car les chutes de production sont revalorisées plus facilement que les découpes sur chantier », poursuit Bernard Voisin, fondateur et président de l’entreprise. Le hors-site gagnerait encore des points grâce à la valorisation des filières et des ressources locales, des transports réduits et un recours aux matériaux bio et géo sourcés facilité, tout comme le réemploi. L’amélioration des conditions de travail est également largement soulignée grâce à une pose en atelier à l’abri des aléas climatiques. Enfin, la multiplication des contrôles tout au long de la chaîne de production garantirait une fabrication au millimètre et des composants assemblés avec précision à la sortie d’usine. Bref, sur le papier, difficile de trouver à redire. Mais sur le terrain, le hors-site soulève plusieurs questions. Et la première touche directement aux pratiques et aux relations entre acteurs et ce à toutes les étapes de l’acte de construction. Les habitudes
StoCarrier Aero Gagnez du temps sur la mise en œuvre ! Ultra légère et issue du recyclage, votre plaque à revêtir de bardage est également agrafable sur ossature bois. Constituée à 96 % de billes de verre recyclé, la plaque à revêtir StoCarrier Aero, en plus de se visser, peut être agrafée sur chevron de section standard. Un atout considérable en terme de productivité ! Gage d’excellence et de pérennité de vos futures façades en bardage ventilé, elle se découpe sans générer de poussière et admet de nombreux types de revêtements. StoCarrier Aero sur ossature bois : un atout unique sur le marché ! Partageons la passion de construire. Bâtir en responsable. DOSSIER 21 BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 FILIÈRE En phase conception, l’architecte (à qui est également généralement dévolue la synthèse) et les bureaux d’études doivent travailler conjointement avec les industriels de la préfabrication. « Nous sommes en relation étroite avec eux dès les premières projections pour s’assurer qu’elles sont compatibles avec la préfabrication. C’est d’autant plus vrai lorsque l’intégration d’un bardage est prévue en pose hors-site, confirme Armand Dubois, directeur de Savare, spécialisée dans la construction bois. Par exemple, nous pouvons garantir une couverture allant jusqu’à 100 % de la façade par le revêtement sur FOB lorsque celle-ci est rapportée contre la structure par l’extérieur. En revanche ce taux sera nettement moins important si elle est posée en cotes contraintes entre les poteaux et les dalles. » Les interfaces seront également étudiées avec attention. Autres contraintes majeures à anticiper : le stockage et surtout le transport. En effet, comme le rappelle Anca Cronopol, responsable développement et partenariat au sein de la direction Sécurité structure feu du CSTB, « les éléments préfabriqués ne peuvent plus courantes en ciblant des typologies d’ouvrage bien définies pour accélérer les phases études et conception, optimiser continuellement les process et éliminer tout ce qui n’apporte pas de valeur ajoutée grâce aux analyses des retours d’expérience. Le tout dans un objectif d’amélioration de la qualité, de réduction des coûts et de massification. » DISTRIBUTION DES RÔLES Partir du système pour aboutir au bâtiment… En d’autres termes, inverser la méthodologie habituelle ! La maîtrise d’ouvrage y joue un rôle central en définissant clairement ses besoins. Elle impulse la dynamique pour appliquer les méthodes adéquates, sélectionner les bons intervenants et assurer les échanges d’informations. « Elle doit également intégrer le fait que les étapes conception et études sont différentes et parfois plus longues qu’en construction traditionnelle et en adapter le financement », insiste Léa Delpech. Et ne pas revenir sur les décisions prises et validées. Une fois le process lancé, changer d’avis n’est plus possible.
DOSSIER 22 FILIÈRE BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 dépasser 2,55 m de largeur, 2,90 m de hauteur et 16 m de longueur pour ne pas basculer en convoi exceptionnel et ses contraintes ! » Ces gabarits impactent les systèmes : « Ils imposent par exemple des joints entre façade répétés et multiples. Il faut s’assurer que le calepinage des parements de bardage les a prévus. » Finalement, ce changement de paradigme fait passer l’industriel du bardage au rang de fournisseur - « dont le rôle de conseil reste primordial, précise Anca Cronopol, car il reste l’expert de son produit et de sa bonne exploitation » - et l’industriel de la préfabrication à celui de constructeur ! « Nous achetons parements et ossatures auprès des fabricants spécialisés. Ils sont découpés et positionnés sur le support en atelier », confirme Paul Cordier, ingénieur d’affaires chez Sybois. Monter ainsi une façade complète demande par conséquent les compétences de plusieurs corps d’état à la fois. C’est pourquoi on assiste à l’émergence d’un nouveau métier : celui d’assembleur, pour le moment généralement issu du monde de la charpente. Il suppose quelques investissements en formation et l’acquisition d’outils numériques pour la réalisation de maquettes partagées. Le BIM permet non seulement à chacun d’avoir le même niveau d’information mais aussi de déceler les incohérences et « de limiter la multiplication des plans qui peut potentiellement devenir source d’erreurs », relève Thomas Delepine. LE BARDEUR EN AMONT Quelle est alors la place du bardeur dans le hors site ? « Il existe deux options aujourd’hui, souligne Anca Cronopol. La première (que l’on a évoqué plus haut NDLR) voit le bardage mis en œuvre en atelier et le bardeur est effectivement, dans ce cas, remplacé par l’assembleur. La seconde, et c’est encore la plus courante, consiste à rapporter, sur chantier, le revêtement sur un support conçu horssite, comme c’est le cas avec les FOB. » L’entreprise de bardage doit alors intervenir en amont dans le process de conception « pour s’assurer par exemple que nous bénéficions des bons espacements entre ossatures pour rapporter nos parements, que les tolérances sont respectées et prennent en compte les déformations inhérentes à ces procédés constructifs », rappelle Aurélien Sollet, dirigeant de l’entreprise de bardage SEV Groupe. Son expertise restera également nécessaire pour l’ensemble des travaux de finitions qui ne peuvent être effectués sur site. « Il faut néanmoins rester attentifs pour conserver nos savoir-faire en matière de conception et de pose, insiste Pierre Archez, président de la commission bardage de la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE). Le risque étant que les entreprises de bardage ne deviennent que des exécutants. » La FFB conseille aux entreprises d’associer leurs compétences pour répondre aux marchés. (voir encadré) UN MARCHÉ ENCORE RÉDUIT Pour le moment, on est loin de la massification du hors-site. « Le marché ne décolle pas pour l’instant en raison notamment d’un volume insuffisant et donc de coûts encore plus élevés que ceux des solutions traditionnelles », explique Julien Parc, responsable d’activité études prospectives au sein La prudence des assureurs Les opérations hors-site introduisant un mur complet en bois avec bardage intégré sont encore rares mais existent. Comme à chaque fois qu’une disposition constructive nouvelle fait son entrée, la question de sa validation technique et de son assurabilité se pose. Les éléments préfabriqués ne font évidemment pas exception, bien au contraire. Les COB et les FOB sont couvertes respectivement par les NF DTU 31.2 et 31.4. Tous deux citent, dans leur domaine d’application, la possibilité d’avoir recours à des modules préfabriqués pour ces ouvrages. En revanche, ils ne visent pas le mur complet, c’est-à-dire avec le bardage rapporté en atelier. Au regard des assureurs, cela change radicalement la donne pour plusieurs raisons et la première et celle… du transport du module de l’atelier au chantier. « Les sollicitations dynamiques liées au transport ne sont pas envisagées dans l’immense majorité des textes de référence. Le domaine d’emploi, et donc le cadre du risque normalisé, est limité aux travaux réalisés in situ », rappelle SMABTP sur son site internet. C’est pourquoi le CSTB notamment a modifié ses pratiques. « Il ne s’agit plus de monter une maquette du procédé dans nos laboratoires mais d’y tester ses performances après transport », souligne Anca Cronopol, responsable développement et partenariat au sein de la direction Sécurité structure feu du CSTB. D’autres facteurs conduisent les assureurs à la prudence : « la notion de sinistre sériel est plus élevée que pour la construction traditionnelle sur site car une erreur pourrait être répétée plusieurs fois dans toutes les unités « préfabriquées » sortant de l’usine. Il est souvent aggravé par l’innovation, la possible mise en œuvre de procédés non suffisamment éprouvés ou mis en œuvre hors domaine d’emploi. » Ou encore d’un stockage inadapté. Et la liste ne s’arrête pas là et avec elle la nécessité de mettre en place des contrôles pour vérifier « l’étanchéité à l’eau des modules en façades et en couverture, l’étanchéité à l’air et une certaine vulnérabilité vis-à-vis des réglementations thermique, acoustique ou de la sécurité incendie, si une attention particulière n’est pas portée à toutes les phases du projet ». Bref, pour résumer, les assureurs considèrent le hors-site comme relevant de la technique non courante et étudient les dossiers au cas par cas. Et la SMABTP de conclure : « Si on veut massifier, il convient de faire évoluer le corpus normatif. » En effet, une évolution vers des techniques courantes (NF DTU, Avis technique, ATex…) constitue un levier clé pour sécuriser l’assurabilité au titre de la garantie décennale.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTY5NjE1OA==