DOSSIER 20 URBANISME ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 potable. « L’objectif est de remettre à disposition une eau qui aurait été renvoyée au réseau », insiste Rémi Perrin. Sur ces questions, le groupe a même une filiale dédiée à la gestion et la réutilisation de l’eau (Kipopluie). « Nous travaillons également sur la réutilisation des eaux grises du bâtiment grâce à la phyto épuration », ajoute Rémi Perrin. CHALEUR SENSIBLE L’efficacité effective des toitures végétalisées sur les ICU est-elle mesurable ? « Autour de la toiture, la température de l’air ambiant à 1,5 m peut baisser jusqu’à 4 °C », affirme Yannick Beix. Pour Rémi Perrin, il faut également prendre en compte l’impact du flux de chaleur latent (énergie thermique associée à un changement d’état comme l’évaporation) par rapport au flux de chaleur sensible (énergie thermique qui fait changer la température sans modifier l’état de la matière). « Pour l’évaluer, nous avons effectué pendant cinq ans, en partenariat avec le CSTB, une campagne de mesures sur un bâtiment emblématique de Strasbourg : la Manufacture des tabacs. Les premières ont été réalisées avant la rénovation de la toiture-terrasse, alors revêtue d’une étanchéité autoprotégée, et les suivantes après la mise en œuvre d’un système de végétalisation à fort pouvoir d’évapotranspiration (Sopranature Fresh semi intensif). Nous avons constaté une diminution à la fois de la température de l’air en surface mais également d’entre 15 et 20 % de la chaleur sensible. La végétalisation est donc capable, dans cette configuration, de tamponner près d’un tiers du flux sensible qui arrive sur la toiture. » Alors même que l’environnement, très minéralisé, était considéré comme plutôt défavorable. « Cet abattement pourrait atteindre plus de 50 % dans des conditions plus avantageuses », ajoute Rémi Perrin qui insiste sur le fait que « la température n’est donc pas le seul indicateur à prendre en compte pour mesurer les effets de ces ouvrages sur les ICU ». MEMBRANES RÉFLECTIVES Qu’en est-il des membranes réflectives ? Elles font appel à la combinaison de deux principes physiques : la réflectivité solaire (ou albédo) pour, comme le précise Emmanuel Bozonnet, « créer une barrière radiative et bloquer les apports solaires de jour » et l’émissivité thermique, soit la capacité de la surface à émettre un rayonnement thermique la nuit « vers ce puits de chaleur qu’est la voute céleste ». Les membranes de couleur blanche sont les plus connues aujourd’hui. Leur mise en œuvre est désormais fréquente, notamment dans cet objectif de réduction des ICU. Mais elles ne sont pas les seules à bénéficier de ces propriétés et la couleur, parfois même sombre, fait son entrée dans les gammes Cool roof. « Plus que la teinte, c’est la composition de la membrane qui lui donnera ses qualités. Le produit joue alors sur les proches infrarouges, parties du solaire invisibles pour l’œil », souligne Emmanuel Bozonnet. Certains vont encore plus loin en utilisant le fait que « la voûte céleste est transparente dans une certaine bande de longueurs d’onde. Réémettre toute la chaleur dans cette bande permet de maximiser l’émissivité thermique du revêtement ». Les surfaces se comportent alors comme des puits de chaleur… et leur température est inférieure à celle de l’air ! « On parle alors de super Cool roof », précise L’Adivet organise son colloque Le 8 octobre prochain, l’association pour la végétalisation de l’îlot bâti et des infrastructures (Adivet) organise une journée dédiée aux îlots de chaleur urbains à l’ESTP Cachan. Experts, acteurs de la filière végétalisation du bâti, donneurs d’ordre, concepteurs, chercheurs, pouvoirs publics seront réunis pour échanger sur les rôles que la végétalisation du bâti peut jouer, à quelles conditions et dans quelles limites. Les toitures associant végétalisation et accessibilité permettent à leurs usagers de bénéficier de bénéficier de l’effet rafraîchissant des plantes à l’échelle du piéton (Siège du MEL, Henning Larsen et KeurK Architecture). © Javier Callejas
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