Etanchéité.Info - Numéro 90 - Juin 2026

LE MAGAZINE DES PROFESSIONNELS DE L’ÉTANCHÉITÉ, DE L’ISOLATION ET DU BARDAGE NUMÉRO 90 JUIN 2026 P.16 DOSSIER Dérèglement climatique Les toitures-terrasses, une solution contre les îlots de chaleur urbains ? P.8 ACTUALITÉS Membranes réfléchissantes Une étude du CSTB confirme celle de Pouget Consultants P.26 INFOGRAPHIE Sécurité Les EPI des métiers de l’étanchéité

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ÉDITO 3 ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 10-31-1495 ÉTANCHÉITÉ.INFO est une publication trimestrielle de l’Association pour la promotion des métiers de l’étanchéité APME-PROMÉTHÉE, éditée sous l’égide de la CSFE. WWW.ETANCHEITEINFO.FR CSFE 6-14, rue La Pérouse, 75784 Paris cedex 16 Tél. : 01 56 62 13 20 Fax : 01 56 62 13 21 Directrice de la publication Edwige Parisel Comité de rédaction Agapé Ambs, Manuel Decoodt, Corinne Foubert, Serge Grégoire, Gilles Guyoton, Cédric Hotton, Loreleï Housset, Sinicha Knezevic, Marie-Alice Lacoste, Mathieu Lechantre, François Michel, Line Nguyen, Edwige Parisel, Carole Mahé Peyre, Valérie Rougemont, Aurélien Sollet ABONNEMENT GRATUIT sur simple demande : 01 56 62 13 20 PYC MÉDIA Étanchéité.info est éditée par 16-18, place de la Chapelle 75018 Paris Tél. : 01 53 26 48 00 - www.pyc.fr Actionnaire principal : Edith Sarl Rédaction Bastien Cany (47 85) b-cany@pyc.fr Adeline Dionisi (48 05) a-dionisi@pyc.fr Rédacteur graphiste François Bordrez Publicité Morgane Gargadennec (48 03) m-gargadennec@pyc.fr Lucie Bechet (88 86) l-bechet@pyc.fr Aurélie Degasse (47 89) a-degasse@pyc.fr (chargée de relations annonceurs) Design graphique © Marge Design Couverture © Javier Callejas Infographie Laubywane N°ISSN : 1958-3575 Dépôt légal à parution Impression, façonnage ILD ZAC Artois Pôle 2 - Allée de Belgique 62128 Wancourt Papier : UPM Star Silk 90gr Origine du papier : Kaukas en Finlande Taux de fibres recyclées : 0 % Taux d’eutrophisation : 0,004 Kg / tonne Certification PEFC 100% « Notre filière démontre sa capacité d’adaptation, son sens de l’innovation et son engagement pour une construction plus durable. » © Harald Gottschalk « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. » Cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry résonne particulièrement dans le contexte que traverse aujourd’hui notre profession. L’actualité économique de ces dernières semaines, marquée par les fortes hausses appliquées sur les carburants mais également sur les matériaux d’étanchéité et d’isolation thermique, mobilise naturellement toute notre attention et nous rappelle combien les équilibres géopolitiques mondiaux peuvent impacter notre activité. Pour autant, ces préoccupations immédiates ne doivent pas nous détourner des enjeux de fond auxquels notre profession est confrontée. Car si nos entreprises doivent répondre aux défis d’aujourd’hui, elles ont également la responsabilité de préparer les solutions dont nos bâtiments et nos villes auront besoin demain. Les épisodes de chaleur extrême se multiplient, les températures en ville augmentent et les exigences en matière de confort d’été deviennent une préoccupation majeure. Face à cette réalité, les métiers de l’étanchéité et du bardage occupent une place stratégique. C’est pourquoi nous avons consacré le dossier de ce numéro aux îlots de chaleur urbains et recueilli le témoignage de Priscille Béguin, dirigeante de Climera, qui apporte un éclairage particulièrement pertinent sur les enjeux d’adaptation des bâtiments au changement climatique et sur les réponses que notre filière est en mesure d’apporter : végétalisation, photovoltaïque, procédés réflectifs… Ce numéro met aussi en lumière l’importance de la sécurité à travers un focus consacré aux équipements de protection individuelle et le rôle essentiel des qualifications Qualibat, véritables gages de compétence et de professionnalisme pour nos entreprises. Enfin, je tiens à saluer l’élection de Marie Chauvin à la présidence de la CSRE Centre-Val de Loire. Son engagement illustre le dynamisme de notre réseau régional et la mobilisation de nombreux professionnels au service de nos métiers. Dans un environnement en constante évolution, notre filière démontre chaque jour sa capacité d’adaptation, son sens de l’innovation et son engagement en faveur d’une construction plus durable. C’est collectivement que nous rendrons possible l’avenir de nos métiers. l Les métiers de l’étanchéité au cœur des défis actuels GÉRALD FAURE, PRÉSIDENT DE LA CSFE

bmigroup.com/fr Réalisation : Agence Centaure Optez pour un toit intelligent avec le Cool Roof Les solutions d’étanchéité bitumeuse réflectives ■ Confort d’été amélioré ■ Contribue à la limitation des îlots de chaleur urbains ■ Étanchéité préservée Pour en savoir plus, flashez le QR code

SOMMAIRE 5 ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 30 34 P. 36 RENCONTRE Marie Chauvin, dirigeante de l’entreprise STE à Tours P. 38 TÉMOIN Priscille Béguin, dirigeante de Climera Retrouvez également l’interview en vidéo dans notre podcast filmé «Parlez-moi de toit», saison 2 P. 42 AGENDA À lire, à voir, à savoir P. 07 TABLEAU DE BORD P. 08 ACTUALITÉS Membranes réfléchissantes : le CSTB confirme les conclusions de l’étude Pouget Consultants P. 10 Trophées de l’innovation : le palmarès P. 12 En bref P. 16 DOSSIER Dérèglement climatique Les toitures-terrasses : une solution contre les îlots de chaleur urbains ? Il fait plus chaud en ville qu’à la campagne. Les différences de température peuvent atteindre 10 °C, notamment la nuit en période de canicule. L’enjeu est majeur : permettre, face à l’accélération du réchauffement climatique, que les zones urbaines restent habitables. Heureusement, des solutions existent et l’exploitation de la toiture-terrasse en fait partie. Sommaire #90| juin 2026 P. 24 TECHNIQUE Décryptage Une nouvelle qualification pour l’intégration des modules photovoltaïques sur étanchéité P. 26 Fiche technique Les EPI des métiers de l’étanchéité P. 28 FAQ RE2020, quelles évolutions ? P. 30 RÉALISATIONS La Tronche Attention aux surcharges ! P. 32 Arras Vagues de rénovation La toiture du centre aqualudique Aquarena connaît actuellement une réhabilitation complète. Une opération rendue complexe en raison de sa forme et de la réalisation des travaux en site occupé. P. 34 Lens 32 000 m² d’étanchéité protègent le centre hospitalier © Smac © Soprema Entreprises

Rockfit PV ROCKWOOL Préserver la performance au feu de votre toiture avec un isolant incombustible permettant de conserver l’existant et d’installer un système photovoltaïque. La solution Étude de cas Découvrez une démonstration concrète, sur chantier, d’une isolation en laine de roche pensée pour accompagner les projets photovoltaïques dans le temps www.rockwool.fr Protégez vos bâtiments des incendies Réduisez vos émissions carbone Produisez de l’énergie via le photovoltaïque N’interrompez-pas votre activité durant la rénovation Simplifiez-vous l’installation Utilisez un isolant recyclable à l’infini CONSERVER & AMÉLIORER DURABLEMENT vos toitures-terrasse acier Nouveau RÉNOVATION

ACTUALITÉS 7 TABLEAU DE BORD ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 INDICATEURS La construction de logements a plongé en avril Certains chiffres montrent une baisse vertigineuse. Le non résidentiel s’en sort mieux. LES CHIFFRES DU MOIS 250 000 C’est le nombre d’emplois directs générés par le développement des énergies renouvelables (production, d’installation, de maintenance et de sous-traitance). (Source : Syndicat des énergies renouvelables) 100 C’est, en milliards d’euros, la somme que mobilisera la Banque des territoires d’ici 2030 pour soutenir la production de logements neufs sociaux et privés. 1C’est la place remportée par les apprentis du BTP en bac pro électronique au CMA Formation Bobigny lors de l’opération Apprentiscène. 26 C’est, en pourcentage, la baisse de consommation énergétique des bâtiments tertiaires en 2024. (Source : Opérat) LOGEMENTS COLLECTIFS ◊ 40,4 % Baisse du nombre de permis de construire de logements collectifs en avril 2026 par rapport au mois précédent. ◊ 17,1 % Baisse du nombre de mises en chantier de logements collectifs en avril 2026 par rapport au mois précédent. Les chiffres LOGEMENTS ◊ 29,5 % Baisse du nombre de permis de construire de logements neufs en avril 2026 par rapport au mois précédent. ◊ 10,4 % Baisse du nombre de mises en chantier de logements neufs en avril 2026 par rapport au mois précédent. LOCAUX NON RÉSIDENTIELS ÷ 2,1 % Hausse des surfaces autorisées à la construction de locaux nonrésidentiels de février à avril 2026 par rapport à la même période il y a un an. ÷ 8,8 % Hausse des surfaces mises en chantier de locaux non-résidentiels neufs de février à avril 2026 par rapport à la même période il y a un an. BUREAUX ÷ 10,9 % Hausse des surfaces autorisées à la construction de bureaux neufs de février à avril 2026 par rapport à la même période il y a un an. ÷ 10 % Hausse des surfaces mises en chantier de bureaux neufs de février à avril 2026 par rapport à la même période il y a un an.

ACTUALITÉS 8 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 COOL ROOF Une étude du CSTB confirme les conclusions de celle de Pouget Consultants sur les impacts des toitures réfléchissantes Ce rapport se concentre sur les peintures réfléchissantes. Pourtant daté de juin2024, il n’avait jusqu’alors pas été rendu public. C’est désormais chose faite et la Chambre syndicale française de l’étanchéité s’en réjouit. En voici les principaux enseignements qui montrent que ces procédés ne sont pas aussi efficients qu’il n’y paraît. Pour améliorer le confort d’été en périodes de fortes chaleurs, les peintures blanches pour recouvrir les toits connaissent un fort engouement. Pour en évaluer l’efficacité réelle, la DHUP a mandaté le CSTB qui a élargi le champ d’étude aux enjeux associés : l’aptitude à l’emploi, la rentabilité économique et les impacts environnementaux notamment. L’analyse s’est portée sur des bâtiments tertiaires neufs et existants. Première limite à ces procédés : ils ne sont pas classés en technique courante. « Quelques démarches d’évaluation technique ont bien été initiées mais à ce jour aucun Avis technique ou ATEx n’a encore été délivré. (...) Cela signifie que le manque de recul sur ce procédé ne permet pas de le positionner comme un procédé traditionnel bénéficiant d’une couverture assurantielle standard », souligne le CSTB. IMPACT SUR LE CONFORT D’ÉTÉ Cöté performance thermique, là aussi, les résultats ne sont pas aussi réjouissants qu’on a pu l’entendre et rejoignent les conclusions de l’étude initiée en 2024 par la CSFE en partenariat avec le bureau d’étude Pouget Consultants et financée dans le cadre du plan de recherche et développement de la FFB (voir Etanchéité.Info n°83) : « Les impacts observés sont beaucoup plus importants dans le cas des bâtiments existants peu ou pas isolés que pour des bâtiments neufs généralement mieux isolés. » Certes, dans cette configuration, les besoins en refroidissement sont diminués mais ceux en chauffage augmentent. « L’étude a même montré un bilan négatif en termes de besoin énergétique net dans le cas du bâtiment de commerce existant en zone climatique H2b. » L’isolation de la toiture reste donc encore la meilleure solution pour améliorer le confort d’été, d’autant plus que l’efficacité de ces peintures dépend également de leur nettoyage régulier pour éviter l’encrassement. Le rapport souligne néanmoins que « dans le cas où des contraintes techniques limitent les épaisseurs des isolants, l’association des peintures réfléchissantes en complément de l’isolation pourrait être un moyen intéressant de combiner les effets bénéfiques des deux solutions ». BILAN ÉCONOMIQUE DÉFAVORABLE « Sur le plan économique l’ajout d’une peinture réfléchissante en toiture ne s’avère pertinent que dans certaines situations très particulières présentant un ensemble de conditions favorables. En effet, l’analyse économique réalisée a montré que sur des bâtiments présentant des caractéristiques moyennes, les coûts dépassent largement les gains potentiels sur la base d’une Valeur Nette Actualisée (VAN) 1 calculée sur 30 ans. Ceci s’explique en grande partie par la surconsommation résultant de l’application de la peinture en période de chauffage qui n’est généralement pas prise en compte dans les bilans économiques », ajoute le CSTB. Pour que le bilan financier soit positif, il faut que le bâtiment combine un ensemble de caractéristiques favorables mais le cas est finalement assez rare : zone H3, toiture très sombre, niveau d’isolation réduit en toiture, surface vitrée minimale… et supprimer les coûts d’entretien. L’ENJEU ENVIRONNEMENTAL « Enfin, poursuit le CSTB, sur le plan sanitaire, les peintures réfléchissantes, au même titre que les revêtements courants, contiennent en quantité plus ou moins importante des éléments chimiques (microplastique, pigments) susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement et la santé. Leur utilisation en revêtement extérieur de paroi les place dans une situation d’exposition à la dégradation par les agents climatiques comme le rayonnement solaire, la pluie, l’abrasion naturelle ou artificielle. » Avec le risque que ces composants soient rejetés dans l’environnement via l’écoulement des eaux pluviales de toiture. Pour conclure et pour toutes ces raisons, le CSTB considère que la généralisation des peintures blanches en toiture de bâtiments tertiaires « n’est pas une solution efficace pour adapter les bâtiments dans un contexte de réchauffement climatique ». l Direction Enveloppe du Bâtiment D É s en

ROOF-SOLAR BITUME BÉTON & CLT Système photovoltaïque pour toitures-terrasses béton & CLT Nouveauté 2026 : Roof-Solar Bitume Béton & CLT Associant les fixations Roof-Solar de Dome Solarau complexe d’étanchéité IKO, cette solution photovoltaïque innovante permet une pose par adhésion, sans fixation mécanique ni lestage, tout en garantissant sécurité, performance et conformité réglementaire. Elle offre une réponse fiable et durable pour les bâtiments tertiaires, logements collectifs et établissements de santé. Roof-Solar Bitume Béton & CLT - Plat & Incliné Version Roof-Solar incliné simple shed ROOF-SOLAR BITUME BETON n°21/25-92_V1 publié le 28/04/2026

ACTUALITÉS 10 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 TROPHÉES Prix de l’innovation : le palmarès Organisés par la CSFE, les Trophées de l’innovation technique et environnementale ont été remis lors du salon Top of the Roof, le 25 mars dernier à Lyon. Six candidats ont concouru et deux gagnants ont été désignés par un jury composé… des visiteurs du salon ! Étanchéité.Info vous explique tout sur les solutions gagnantes. Le prix de l’innovation technique a été remis à Foamglas et Triflex pour leur procédé associant isolation pentée et étanchéité liquide pour terrasses accessibles. Celui de l’innovation environnementale a été décerné à Ecovégétal pour sa solution de drains permettant de retenir l’eau, même sur toiture en pente. SEL sur isolant penté : une première en Europe Le principe est une première en Europe : combiner isolation pentée et étanchéité liquide pour la mise en œuvre d’une terrasse accessible au-dessus de locaux chauffés. Cette association permet tout d’abord de palier les différences de tolérance admissibles entre l’élément porteur en béton ou en bois et celles du lot étanchéité. « D’autant plus que la mise en œuvre d’un SEL exige une pente au moins égale à 1,5 % », rappelle Pascal Morin, ingénieur des ventes chez Pittsburgh Corning France. Il dispense ensuite de recourir à une protection circulable de l’étanchéité type dalles sur plots. Plusieurs avantages en découlent : tout d’abord, les opérations d’entretien et de maintenance sont facilitées. Ensuite, « la conception du complexe intégrant du verre cellulaire permet de conserver une hauteur finale identique, indépendamment de l’épaisseur d’isolant requise pour atteindre la résistance thermique visée ». Le tout sans perdre en stabilité dimensionnelle grâce à la classe de compressibilité D de l’isolant en verre cellulaire. PLAQUE DE FIBRES-CIMENT Dans le détail, de quoi le complexe est-il composé ? « Grâce à l’étanchéité à l’eau et à la vapeur d’eau du verre cellulaire, le recours à un pare-vapeur n’est pas nécessaire si les joints de panneaux sont collés à froid sur toute la hauteur. L’isolant, dont la pente peut être réalisée sur-mesure, est collé directement sur l’élément porteur », explique Pascal Morin. Il supporte une plaque en fibres-ciment de 18 mm d’épaisseur qui joue le rôle d’écran d’indépendance : c’est sur elle qu’est appliqué le SEL (primaire + couches d’étanchéité + couche de finition circulable). « La pose est réalisée 100 % à froid », insiste l’ingénieur des ventes. Les deux industriels ont mis en place une assistance technique spécifique pour appuyer et former les compagnons au démarrage de la pose du système. En effet, « les étancheurs habitués à l’étanchéité liquide ne sont pas les mêmes que ceux spécialisés dans la mise en œuvre du verre cellulaire », précise Pascal Morin. Deux ans ont été nécessaires pour définir le procédé et lui faire passer les tests et essais vérifiant ses performances à l’arrachement, au vent et au feu. « Il est classé BRoof (t3) », indique Pascal Morin. Pour le moment visé par une Enquête de technique nouvelle (ETN), il passera par les étapes ATex puis Avis technique (AT) « dès que nous aurons un nombre suffisant de réalisations ». Retenir l’eau sur toutes les toitures végétalisées Si les systèmes de rétention et de stockage de l’eau sur toituresterrasses végétalisées sont bien maîtrisés, leur intégration sur toitures végétalisées en pente

Light roof powerdeck+ Grâce à sa légèreté et sa performance : Réalisez des économies de charges sur la structure des bâtiments commerciaux, industriels et logistiques Installez des centrales photovoltaïques sans renforcement des charpentes existantes GUIDE DE LA RÉNOVATION Solution sans écran thermique en ERP Support d’étanchéité sur bac acier Cadre réglementaire, aides à la rénovation, fiches pratiques… Téléchargez le guide ACTUALITÉS 11 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 l’est beaucoup moins. Résultat, « la pluie ruisselle et la toiture perd une grande partie de son efficacité hydrologique », rappelle Pierre Georgel, dirigeant d’Ecovégétal. Pour y remédier, le fabricant spécialisé dans la végétalisation a mis au point une nouvelle gamme de drains DH et Aquapack capable de retenir l’eau jusqu’à 50 % de pente. Deux hauteurs d’alvéoles DH sont disponibles : 25 et 40 mm. Pour Aquapack, elle est de 65 mm. Dans le détail, le fond des alvéoles stocke l’eau destinée à l’alimentation des végétaux. La partie supérieure est réservée à sa rétention temporaire. Elle est équipée d’un limitateur de débit de fuite. Ce dernier est évalué à 4,5 litres par seconde et par hectare. « La mise en œuvre de cette gamme de drains est très simple et il n’est plus nécessaire de réaliser des calculs sophistiqués pour évaluer les besoins de chaque plante. » Le fournisseur a mesuré les capacités de rétention de son produit sur différents niveaux de pente de toiture dont à plat (voir tableau). l Rétention selon le niveau de pente DH25 DH40 Aquapack Toiture plate 17,4 L/m2 29,7 L/m2 47 L/m2 10 % 5 L/m2 7,2 L/m2 43,1 L/m2 20 % 2,5 L/m2 3,8 L/m2 36 L/m2 50 % 1L/m2 - 17,9 L/m2 Étaient également en lice : - Derbigum et son Derbicoat Novi, pare-vapeur intégrant un bitume 100 % recyclé ; - Joris Ide et son Silent Roof, procédé de toiture acoustique avec une masse d’acier réduite ; - Sika et son SikaRoof Fire Screen, écran de protection au feu auto-adhésif destiné notamment aux ICPE ; - Bluetek avec Optilux, lanterneau équipé de la technologie thermochrome.

ACTUALITÉS 12 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 DÉCHETS La REP emballages professionnels inquiète déjà Pour plusieurs organisations professionnelles (Association française des industries des produits de construction (AIMCC), Confédération des Grossistes de France (CGF) et Industriels du nouvel habitat (Inoha)), les conditions de la mise en œuvre de la REP emballages professionnels ne sont pas réunies. Elles demandent le report de sa mise en application, prévue pour le 1er juillet prochain. « Des incertitudes importantes demeurent, notamment sur l’identification des metteurs en marché et sur l’interprétation des textes applicables. Certaines notions introduites dans les documents d’accompagnement, absentes du cadre européen de référence, contribuent à complexifier encore la compréhension du dispositif. Les entreprises ne sont pas en mesure d’évaluer de manière fiable leurs obligations ni les impacts financiers associés », expliquent l’AIMCC, la CGF et Inoha dans un communiqué de presse commun. Autre sujet d’inquiétude : les barèmes des éco contributions qui ne devraient être connus qu’à l’issue de l’agrément des éco organismes fin mai. Trop courts pour se mettre en conformité, selon les trois organisations. « Nous appelons à l’instauration d’un délai de prévenance de neuf mois entre la publication des barèmes et leur entrée en vigueur, afin de permettre aux entreprises de s’adapter dans des conditions opérationnelles et économiques soutenables. » l CRISE La flambée des prix des matériaux et de l’énergie touche les produits d’étanchéité Les annonces de hausse des coûts des matériaux se multiplient. Les évolutions constatées traduisent des augmentations particulièrement significatives pour les principaux produits d’étanchéité et de bardage. Ainsi, les prix des membranes d’étanchéité bitumineuses augmentent jusqu’à 40 %, ceux des membranes synthétiques de 18 à 25 % et ceux des isolants polyuréthane jusqu’à 60 %. Ces tensions s’accompagnent d’un allongement significatif des délais d’approvisionnement, susceptible d’entraîner, à court terme, des retards sur les chantiers. Auquel s’ajoutent la hausse soutenue des coûts des carburants ainsi que l’augmentation notable des éco contributions à compter du 1er juillet 2026. « Dans ce contexte, ces évolutions haussières sont susceptibles de perdurer, voire de s’accentuer. Il ne serait pas équitable que les entreprises d’étanchéité et de bardage en supportent seules les conséquences », alerte la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) qui adresse à ses adhérents conseils et recommandations pour leur éviter de subir de plein fouet les effets de cette conjoncture défavorable. Il s’agit notamment de : - mettre en œuvre, pour les marchés en cours et à venir (publics et privés), des dispositifs adaptés, notamment l’intégration de clauses de répercussion des hausses de prix et d’imprévision ainsi que la limitation de la durée de validité des devis ; - adresser aux clients une demande de prise en charge des surcoûts. Un modèle de courrier est disponible auprès de la CSFE ; - adapter les commandes de matériaux au plus près des besoins réels, afin de limiter les tensions sur les approvisionnements. l GARDANNE Toiture réflective et solaire sur le nouveau siège d’Anthéa Pour ses nouveaux locaux à Gardanne, installés proche des anciens sur un ancien site minier, l’entreprise d’étanchéité Anthéa devait respecter les exigences du label Bâtiments durables méditerranéens (BDM) niveau argent. Pour l’atteindre, les choix constructifs et techniques se sont notamment portés sur la mise en œuvre d’une toiture performante. « Nous ne construisons pas seulement des toitures, nous créons des solutions énergétiques actives qui contribuent à l’environnement », explique Emmanuel Giordanengo, dirigeant d’Anthéa. Pour ses nouveaux bâtiments, qui accueilleront également les filiales Anthéa Energy et Anthéa Entretien, une membrane PVC intégrant des pigments spécifiques réfléchissant le rayonnement solaire (Renolit Alkorplan Smart) a été mise en œuvre sur l’élément porteur en acier pour réduire les surchauffes à l’intérieur. Des panneaux photovoltaïques dont les supports sont soudés à l’air chaud sur la membrane (Renolit Alkorplan Solar) assureront la production d’énergie. l © Renolit

SMARTROOF C www.knauf.com/fr-FR MÉCANIQUE (résistance en compression et stabilité dimensionnelle) ACOUSTIQUE (affaiblissement des bruits extérieurs) THERMIQUE (confort d’été/ confort d’hiver) PROTECTION FEU (A1- incombustible) DURABILITÉ (100% recyclable) RÉSISTANCE À L’EAU (hydrophobe et imputrescible) SMARTROOF C : UNE SOLUTION INTÉGRÉE DANS LES AVIS TECHNIQUES ET ATEX DES SYSTÈMES PHOTOVOLTAÏQUES Isolation performante pour toitures-terrasses techniques et photovoltaïques Produit incombustible (A1) Meilleur lambda du marché : 37 m.W/m.K* * En laine minérale de roche

ACTUALITÉS 14 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 RÉGLEMENTATION Nouveau RPC : FFB et AIMCC vigilants Le nouveau Règlement des produits construction s’applique de manière effective depuis le 8 janvier dernier, avec une transition par étapes. Il implique de nombreuses évolutions pour les industriels et les entreprises. Leurs représentants vont veiller à préserver les intérêts de chacun. L’objectif du nouveau RPC est de « fixer les conditions applicables à la mise sur le marché européen des produits de construction, en précisant les règles harmonisées qui servent à exprimer leurs performances environnementales et de sécurité, ainsi que les exigences requises en matière d’environnement, de fonctionnement et de sécurité », précise la Fédération française du bâtiment (FFB). Dans la pratique, cela se traduit par la mise en place d’un nouveau format de déclaration de performance et de conformité, la fourniture par les industriels « d’une documentation plus étoffée sur l’installation, l’usage ou encore la sécurité de leurs produits » et surtout de l’établissement d’un passeport numérique des produits. Et pose également beaucoup de questions. TRAVAIL CONJOINT C’est pourquoi, le 19 mars dernier, Association des industries des produits de construction (AIMCC) et FFB se sont réunies pour restituer les résultats d’un travail mené conjointement sur le nouveau Règlement européen produits de construction et le marquage CE. Car, « au-delà d’un sujet technique parmi d’autres, c’est un sujet structurant, stratégique. Ce texte régit, ni plus ni moins, l’ensemble du système de marquage CE des produits de construction », souligne Philippe Gruat, président de l’AIMCC. Car si les objectifs sont clairs, les moyens pour y parvenir le sont encore beaucoup moins. Certaines exigences pourraient générer, dès le démarrage, des coûts significatifs pour les entreprises qui devront adapter leurs processus, leurs systèmes de données et leurs procédures de conformité et pour les industriels qui doivent déjà investir dans leur transformation. Heureusement, « en France, le secteur a une longueur d’avance depuis plusieurs années avec l’élaboration de données environnementales (FDES, PEP, dans le cadre de la base Inies et de la RE2020). Des travaux ont déjà été engagés, notamment avec la DHUP, pour accompagner cette transition. Grâce à la mobilisation contre l’application systématique du « worst case » (scénario du pire), les discussions qui viennent d’être réouvertes au sein de la Commission européenne sont un signal encourageant mais dont les résultats doivent se concrétiser dans les textes », expliquent les deux organisations dans un communiqué de presse commun. Les inquiétudes se portent particulièrement sur le passeport numérique. « C’est l’équilibre que nous devons trouver car l’enjeu est d’éviter que cet outil, conçu pour renforcer le marché européen ne fragilise, involontairement, ceux qui le font vivre », précise Philippe Gruat. « Nous devrons donc veiller collectivement à ce que ces outils apportent une réelle valeur aux acteurs de terrain, sans devenir une charge administrative supplémentaire. D’autant que beaucoup d’entreprises du bâtiment, notamment les PME et les artisans, ne disposent pas toujours des moyens humains ou numériques pour absorber des dispositifs trop complexes, surtout lorsque les délais sont contraints. C’est pourquoi la réussite de ce règlement passera par une mise en œuvre pragmatique, progressive et accompagnée », ajoute Franck Perraud, vice-président de la FFB. « Le respect de règles des concurrences non biaisées est un autre point de vigilance essentiel. Sans une surveillance du marché réellement efficace, sans des contrôles concrets, sans des sanctions dissuasives, le risque est réel de voir circuler des produits marqués CE qui ne respecteraient pas les mêmes exigences. Et dans ce cas, ce seraient les industriels les plus vertueux qui seraient pénalisés », ajoutent les deux partenaires. DES RÉFLEXIONS ENCORE EN COURS Comment faire pour que tout se passe bien ? Comment mettre en œuvre ce règlement, sans affaiblir la base économique européenne de la construction ? « C’est sans doute l’un des grands défis collectif, industriel, économique et politique des années à venir. Ses conséquences iront bien au-delà des fabricants et du marquage CE car il concernera toute la chaîne de valeur de la construction. » Deux zones d’incertitude feront l’objet d’une attention particulière : la lisibilité des informations sur les produits et la gestion des données et le passeport numérique des produits (DPP). l

Soyez le premier informé ! Recevez 2 fois par mois l’info dédiée à l’actualité de l’étancheité directement dans votre boîte e-mail ! etancheiteinfo.fr/newsletter ACTUALITÉS 15 EN BREF ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 REP Eco contributions : la CSFE déplore les hausses annoncées par Valobat La Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE) dénonce l’augmentation des barèmes de l’éco-organisme prévue au 1er juillet 2026. Depuis leur établissement en 2023, chaque année, les barèmes des éco contributions définis par Valobat (éco-organisme auquel la majorité des industriels de l’étanchéité adhère) augmentent pour une grande partie des produits et matériaux de construction de la filière étanchéité. Ainsi seules les éco contributions imposées aux granulats et aux enrobés bitumineux n’ont pas bougé depuis 2024. Les autres (membranes d’étanchéité et isolants, quelles que soient leurs natures) ont connu des facteurs d’augmentation supérieurs à 1 en 2025 et ont subi le même sort au 1er janvier 2026. La CSFE « déplore et dénonce cette décision, prise dans un contexte économique plus qu’incertain » et d’autant plus préjudiciable que « de nombreux services ont été interrompus en août 2025 ». Si le processus de refondation devrait permettre une reprise des activités de collecte des déchets à compter du 1er juillet 2026, la CSFE rappelle qu’elle sera « particulièrement attentive à la mise en œuvre effective de ces reprises, tant sur les chantiers qu’en entrepôts ». Elle précise à ses adhérents qu’ils peuvent se référer à la note de la direction juridique de la FFB diffusée en 2024 pour connaître les conduites à adopter pour répercuter la hausse des éco-contributions dans les marchés publics et privés, passés ou futurs. l © Rockwool

DOSSIER 16 URBANISME ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE Les toitures-terrasses, une solution contre les îlots de chaleur urbains ? Il fait plus chaud en ville qu’à la campagne. Les différences de température peuvent atteindre 10 °C, notamment la nuit en période de canicule. L’enjeu est majeur : permettre, face à l’accélération du réchauffement climatique, que les zones urbaines restent habitables. Heureusement, des solutions existent et l’exploitation de la toiture-terrasse en fait partie. ADELINE DIONISI Il fait en moyenne 5 °C de plus en ville qu’à la campagne. Les îlots de chaleur urbains (ICU), parce que c’est comme ça qu’on les appelle, les citadins les connaissent bien, surtout l’été évidemment. Car, si les épisodes de chaleur n’épargnent plus personne, en ville, ils sont encore pires : les températures étouffantes de la journée ne diminuent pas comme on l’espérerait la nuit. L’écart de température nocturne entre ville et campagne peut même atteindre 10 °C en période de canicule. C’est énorme et vu la trajectoire climatique que nous prenons, on peut légitimement se demander comment cela pourrait s’arranger. Il faut agir mais comment ? Car l’enjeu est bien de permettre à la ville de rester habitable. Quelles sont donc les solutions ? Les toituresterrasses peuvent amener leur pierre à l’édifice ? Ces questions, nous les avons abordées le 26 mai dernier, en pleine période de canicule d’ailleurs, lors d’une émission spéciale organisée par la rédaction d’Étanchéité.Info. Nous avons réuni quatre intervenants pour en débattre : Julien Bigorgne, ingénieur environnement à l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), Emmanuel Bozonnet, Professeur des universités à l’Université de La Rochelle, directeur du laboratoire commun Tipee Lasie, Yannik Beix, viceprésident de l’association pour la végétalisation de l’îlot bâti et des infrastructures (Adivet) et Rémi Perrin, directeur R&D chez Soprema. ARTIFICIALISATION DES SOLS Pourquoi fait-il plus chaud en ville qu’à la campagne et surtout pourquoi la nuit ? « Les ICU sont la manifestation d’une modification locale du climat due à l’artificialisation des sols », explique Julien Bigorgne. Cette transformation des espaces naturels en surfaces minérales a deux conséquences principales. « La première, c’est la perte du cycle de l’eau. » Au lieu d’être stockée dans les sols et mobilisée par les végétaux, parfois des mois plus tard comme c’est le cas notamment en forêt, en ville, l’eau ruisselle. Elle est envoyée directement au réseau sans capitalisation possible pour les périodes sèches. La seconde, c’est la captation de la chaleur par les sols artificialisés et par les bâtiments. Ils absorbent le rayonnement lumineux le jour et le restituent de manière différée sous forme de chaleur la nuit. « Ce phénomène est lié à l’inertie des matériaux utilisés pour construire la ville. » Il peut être renforcé par la morphologie urbaine, comme « dans ce qu’on appelle les canyons urbains, constitués de bâtiments hauts et de rues étroites. Le rayonnement de la chaleur vers le ciel est très contraint ». Ou diminué, « lorsque les bâtiments sont bas et les rues dégagées ». Un troisième facteur entre aussi en jeu : « c’est la consommation d’énergie par les activités humaines qui génère toujours de la chaleur. On pense évidemment © Vincent Eschmann La toiture de la Manufacture des tabacs à Strasbourg a fait l’objet de mesures, avant et après rénovation, pour évaluer les effets d’une végétalisation à fort pouvoir évapotranspirant.

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DOSSIER 18 URBANISME ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 aux véhicules thermiques mais on peut aussi citer la climatisation qui, si elle injecte de l’air frais à l’intérieur, elle en expulse du chaud à l’extérieur ». DEUX ÉCHELLES Cette surchauffe se manifeste à deux échelles. « L’ICU est un dôme de chaleur qui se forme sur la ville, donc de manière globale. Ses effets se cumulent dans l’espace et dans le temps et on les mesure notamment avec la température de l’air », souligne Emmanuel Bozonnet. À l’échelle du piéton, en revanche, cette hausse des températures peut être perçue différemment si des courants d’air traversent la zone, si la rue est ombragée, le sol végétalisé… « Le confort thermique est très lié au ressenti et donc à l’environnement immédiat : le sol, les façades… », rappelle Julien Bigorgne. On peut donc envisager deux manières de lutter contre les ICU : s’attaquer à leur impact sur le climat global de la ville ou s’attacher à améliorer le confort de ses usagers. De nombreux organismes se sont penchés sur la question dont l’Apur, avec le projet Epicea, mais aussi l’Ademe, le Cerema, le CNRS… Tous soulignent que les solutions fondées sur la nature sont les plus efficaces. Les parcs, les jardins, les plans d’eau, les arbres cochent toutes les cases, quelle que soit l’échelle retenue. Elles confirment aussi, même si c’est dans une moindre mesure, que les bâtiments peuvent aussi jouer un rôle. L’utilisation de leur toit notamment, offrirait des perspectives, surtout lorsqu’ils sont plats. Deux grandes solutions ont été identifiées : les toitures-terrasses végétalisées et celles avec revêtement réflectif. Elles font appel à des principes différents mais chacune évite les fortes montées en température et le stockage de la chaleur que l’on peut observer avec les revêtements sombres classiques. VÉGÉTALISATION La première joue sur plusieurs leviers : « la végétalisation crée de l’ombrage sur la toiture et empêche la chaleur d’y pénétrer, précise Yannik Beix. Mais le facteur le plus impactant, c’est l’évapotranspiration des végétaux et l’évaporation substrat. » Le principe : le système de végétalisation absorbe le rayonnement solaire et infrarouge incident, utilise l’énergie pour la photosynthèse et évapore l’eau qu’elle contient. « Résultat, la journée comme la nuit, la toiture s’affranchit de toute surchauffe, comme un climatiseur naturel. » Néanmoins, en tant qu’environnement contraint et restreint, la toiture végétalisée doit remplir quelques conditions pour remplir pleinement son rôle. Le substrat doit être assez épais pour accueillir des plantes à fort pouvoir évapotranspirant. « Ces dernières sont connues et répertoriées », souligne Yannik Beix. On peut citer par exemple l’iris, l’épiaire, la menthe aquatique ou le populage des marais. Surtout, pour que l’écosystème fonctionne, il a besoin d’humidité et donc souvent d’irrigation. En effet, comme le rappelle Rémi Perrin, « si la toiture végétalisée est trop sèche, l’effet peut être contre-productif ». Or, en cas de fortes chaleurs, le spectre du stress hydrique plane. Et on le sait, interdire l’arrosage est l’une des mesures, voire la première, prise en cas de sécheresse. « On constate une désynchronisation de l’offre et de la demande : les plantes vont évaporer l’eau après des épisodes pluvieux, soit quand on n’en a pas besoin », poursuit le directeur R&D. Pour rétablir l’équilibre tout en évitant les surconsommations d’eau, les solutions existent. « Les dispositifs de stockage d’eau temporaire, avec potentiellement de l’irrigation d’appoint, permettent de soutenir l’humidité nécessaire à la plante pour mieux évapotranspirer et rafraîchir l’air ambiant », souligne Yannik Beix. Et respecte donc la valeur de la goutte d’eau. Chez Soprema, le département R&D travaille sur la récupération des eaux non conventionnelles (eaux de pluie, eaux grises du bâtiment) pour ne pas avoir recours à une irrigation avec de l’eau Les membranes réfléchissantes sont efficaces sur les températures intérieures lorsqu’elles sont mises en œuvre sur des bâtiments légers dont les toitures sont peu ou pas isolées. Le photovoltaïque et les gravillons aussi ! On y pense moins pour lutter contre les ICU, mais l’application de modules solaires en toitureterrasse peut être intéressante lorsqu’ils viennent remplacer une surface à faible albédo. Certes, les modules monteront rapidement et fortement en température mais, en raison de leur faible inertie, ils refroidiront aussi beaucoup plus vite la nuit. En outre, par leur effet d’ombrage, ils vont limiter les surchauffes de la membrane d’étanchéité. Quant aux toitures gravillonnées, elles pourront être efficaces uniquement « si la couche de granulats contient de l’eau. Si ce n’est pas le cas, en revanche, elle surchauffera », précise Rémi Perrin, directeur R&D de Soprema. ©Soprema Entreprises

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DOSSIER 20 URBANISME ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 potable. « L’objectif est de remettre à disposition une eau qui aurait été renvoyée au réseau », insiste Rémi Perrin. Sur ces questions, le groupe a même une filiale dédiée à la gestion et la réutilisation de l’eau (Kipopluie). « Nous travaillons également sur la réutilisation des eaux grises du bâtiment grâce à la phyto épuration », ajoute Rémi Perrin. CHALEUR SENSIBLE L’efficacité effective des toitures végétalisées sur les ICU est-elle mesurable ? « Autour de la toiture, la température de l’air ambiant à 1,5 m peut baisser jusqu’à 4 °C », affirme Yannick Beix. Pour Rémi Perrin, il faut également prendre en compte l’impact du flux de chaleur latent (énergie thermique associée à un changement d’état comme l’évaporation) par rapport au flux de chaleur sensible (énergie thermique qui fait changer la température sans modifier l’état de la matière). « Pour l’évaluer, nous avons effectué pendant cinq ans, en partenariat avec le CSTB, une campagne de mesures sur un bâtiment emblématique de Strasbourg : la Manufacture des tabacs. Les premières ont été réalisées avant la rénovation de la toiture-terrasse, alors revêtue d’une étanchéité autoprotégée, et les suivantes après la mise en œuvre d’un système de végétalisation à fort pouvoir d’évapotranspiration (Sopranature Fresh semi intensif). Nous avons constaté une diminution à la fois de la température de l’air en surface mais également d’entre 15 et 20 % de la chaleur sensible. La végétalisation est donc capable, dans cette configuration, de tamponner près d’un tiers du flux sensible qui arrive sur la toiture. » Alors même que l’environnement, très minéralisé, était considéré comme plutôt défavorable. « Cet abattement pourrait atteindre plus de 50 % dans des conditions plus avantageuses », ajoute Rémi Perrin qui insiste sur le fait que « la température n’est donc pas le seul indicateur à prendre en compte pour mesurer les effets de ces ouvrages sur les ICU ». MEMBRANES RÉFLECTIVES Qu’en est-il des membranes réflectives ? Elles font appel à la combinaison de deux principes physiques : la réflectivité solaire (ou albédo) pour, comme le précise Emmanuel Bozonnet, « créer une barrière radiative et bloquer les apports solaires de jour » et l’émissivité thermique, soit la capacité de la surface à émettre un rayonnement thermique la nuit « vers ce puits de chaleur qu’est la voute céleste ». Les membranes de couleur blanche sont les plus connues aujourd’hui. Leur mise en œuvre est désormais fréquente, notamment dans cet objectif de réduction des ICU. Mais elles ne sont pas les seules à bénéficier de ces propriétés et la couleur, parfois même sombre, fait son entrée dans les gammes Cool roof. « Plus que la teinte, c’est la composition de la membrane qui lui donnera ses qualités. Le produit joue alors sur les proches infrarouges, parties du solaire invisibles pour l’œil », souligne Emmanuel Bozonnet. Certains vont encore plus loin en utilisant le fait que « la voûte céleste est transparente dans une certaine bande de longueurs d’onde. Réémettre toute la chaleur dans cette bande permet de maximiser l’émissivité thermique du revêtement ». Les surfaces se comportent alors comme des puits de chaleur… et leur température est inférieure à celle de l’air ! « On parle alors de super Cool roof », précise L’Adivet organise son colloque Le 8 octobre prochain, l’association pour la végétalisation de l’îlot bâti et des infrastructures (Adivet) organise une journée dédiée aux îlots de chaleur urbains à l’ESTP Cachan. Experts, acteurs de la filière végétalisation du bâti, donneurs d’ordre, concepteurs, chercheurs, pouvoirs publics seront réunis pour échanger sur les rôles que la végétalisation du bâti peut jouer, à quelles conditions et dans quelles limites. Les toitures associant végétalisation et accessibilité permettent à leurs usagers de bénéficier de bénéficier de l’effet rafraîchissant des plantes à l’échelle du piéton (Siège du MEL, Henning Larsen et KeurK Architecture). © Javier Callejas

À votre service depuis 1979 ISO 9001 & 14 001 QUALIBAT 3213 – 3272 – 3222 - 3292 SAS BECI BTP 6 Impasse Emile Combres 95560 MONTSOULT Tél : 01.34.69.91.88 - Fax : 01.34.69.88.39 - contact@becibtp.fr - www.becibtp.fr

La toiture-terrasse, une solution contre les îlots de chaleur urbains ? l’émission En partenariat avec À voir dès maintenant ! Rendez-vous sur etancheiteinfo.fr DOSSIER 22 URBANISME ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 Rémi Perrin, dont les équipes américaines ont réalisé un premier chantier avec un tel produit à Las Vegas aux États-Unis l’été dernier. On le voit, le secteur ne cesse d’innover mais « il faut prendre en compte le poids carbone de ces produits. Il n’est pas forcément en phase avec la réglementation française et notamment la RE2020 qui pousse le constructeur à trouver un équilibre dans les solutions techniques choisies », alerte Julien Bigorgne. Le blanc n’a pas non plus que des avantages : l’entretien doit être rigoureux pour maintenir l’état de la surface et ses propriétés. « Il peut également créer de l’inconfort visuel avec des risques d’éblouissement. De la même manière, il ne doit pas être associé à du végétal qui supporte mal cette réflexion solaire », poursuit l’ingénieur environnement. Il n’empêche que la température de surface de la toiture-terrasse ne dépassera pas les 40 °C quand elle atteint facilement 80 °C avec une membrane bitumineuse classique. De plus, son albédo limite le piégeage de la chaleur. Des caractéristiques également bénéfiques pour la durée de vie de la membrane. CONFORT D’ÉTÉ Ces membranes réfléchissantes, tout comme les toitures végétalisées et plus généralement d’ailleurs les toitures-terrasses, peuvent jouer un autre rôle qui, indirectement, participe à la lutte contre les ICU. Ou plutôt évite de les entretenir en limitant les recours à la climatisation qui, comme on l’a vu, rejette de la chaleur à l’extérieur. Ce rôle, c’est l’amélioration du confort d’été à l’intérieur du bâtiment. Une bonne isolation de la toiture a déjà prouvé son efficacité. La végétalisation aussi, sous réserve que « l’épaisseur du substrat dépasse 8 cm. Ainsi, dans certaines configurations, notamment les bâtiments de moins de 10 m, ces solutions permettent de s’affranchir d’un système de refroidissement », souligne Yannik Beix. Côté toitures Cool roof, plusieurs études, notamment celle menée par Pouget Consultants à l’initiative de la CSFE (voir Étanchéité.Info n°84) ainsi que, plus récemment, celle du CSTB (voir article p. 8), montrent que leur efficacité est limitée à un nombre restreint de configurations. Les gains les plus significatifs sont observés sur des bâtiments légers et climatisés, dont la toiture présente une isolation thermique faible, voire inexistante. Dans ces cas, « grâce à la barrière radiative, le bénéfice peut être important et rapide, jusqu’à permettre, dans certains cas, de se passer de climatisation », décrit Emmanuel Bozonnet. La membrane d’étanchéité mise en œuvre sur le Village Décathlon de Bouc-Bel-Air (13) est recouverte d’une couche de protection pour favoriser l’écoulement des eaux et des poussières et limiter l’encrassement. (Architecte : ateliers 4+)

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