Etanchéité.Info - Numéro 90 - Juin 2026

DOSSIER 16 CONDITIONS DE TRAVAIL ÉTANCHÉITÉ.INFO #91 SEPTEMBRE 2026 SÉCURITÉ Prévenir pour ne pas avoir à guérir La sécurité et les conditions de travail des compagnons étancheurs ne s’improvisent pas. Sous la responsabilité du chef d’entreprise, les règles et les équipements adaptés doivent être réfléchis dès l’amont du chantier et transmis à l’ensemble des intervenants. ADELINE DIONISI Ce n’est ni une nouveauté ni une surprise : les étancheurs interviennent dans un environnement à risques. Certains sont communs à l’ensemble des corps d’état du bâtiment, d’autres leur sont spécifiques. Heureusement, dans l’étanchéité, les solutions pour s’en préserver existent et sont couramment mises en place sur le terrain. Leur efficacité est liée à la conformité de leur installation mais également à un comportement adéquat. Quelles sont-elles ? On peut les classer en deux grandes familles : les équipements de protection collective et les équipements de protection individuelle (EPI), « sachant que les premiers sont déterminants dans la démarche de prévention car ils sécurisent un plus grand nombre de personnes », précise Jean-Baptiste Spinicci, directeur de business unit chez Frénéhard & Michaux et directeur grands comptes bâtiment chez Tubesca-Comabi. CHUTES DE HAUTEUR De par son intervention sur toiture-terrasse, le premier danger auquel est confronté l’étancheur est évidemment la chute de hauteur. « Il constitue la première cause d’accident grave et mortel », souligne Valérie Tournier, responsable du domaine enveloppe second œuvre de la direction technique de l’OPPBTP. Pour s’en prémunir en périphérie de toiture, les solutions collectives les plus connues sont les garde-corps. Si leur mise en œuvre de manière permanente n’est pas possible, ils peuvent être temporaires, pour le temps du chantier. Ils doivent alors répondre à des critères stricts, conformément à la norme NF EN 13374. « Ils sont composés de potelets espacés de 1,5 m maximum et conçus pour recevoir des lisses hautes, une protection intermédiaire de type filet et des plinthes s’il n’existe pas d’acrotères pouvant remplir cette fonction », décrit Bertrand Morin, président de la commission prévention et conditions de travail de la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE). Ils doivent également être mis en œuvre autour des trémies, lors de la dépose / pose de lanterneau. « Si elles ne sont pas protégées, les étancheurs, qui travaillent souvent en reculant pour souder leur rouleau d’étanchéité, ne peuvent pas voir le danger », rappelle Valérie Tournier. D’autres solutions peuvent être mises en place comme des protections par platelage, par filets de sécurité ou par costières rapportées avec dispositifs de sécurité intégrés. Ne pas oublier non plus que, dans les cas où le lanterneau n’est pas déposé, celui-ci (ou sa grille antichute) doit systématiquement être refermé après l’accès d’une personne en toiture. Des filets de protection antichute seront également rapportés en sous-face lors de la mise en œuvre notamment des éléments supports d’étanchéité en bac acier. « Ils protègent des chutes dans l’emprise du bâtiment et complètent les protections périphériques lors de ce type de travaux », précise Valérie Tournier. Un saut de loup est une passerelle permettant de franchir les obstacles sur toiture-terrasse. ©Frénéhard & Michaux

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