DOSSIER 18 CONDITIONS DE TRAVAIL ÉTANCHÉITÉ.INFO #91 SEPTEMBRE 2026 Que faire si la configuration de la toiture ne permet pas la pose d’équipements de protection collective ? Les EPI prennent alors le relais. Il s’agit majoritairement de systèmes d’arrêt de chute composés d’une ligne de vie installée en toiture et reliée à l’étancheur via le harnais qu’il porte et un système de liaison. Ça, c’est sur la toiture. Mais la chute de hauteur peut également intervenir lors de l’accès à la terrasse. Encore une fois, la configuration du site, la présence d’autres corps d’état (avec potentiellement la présence d’équipements mutualisables) seront déterminantes. « En fonction du diagnostic, il existe différents types de moyen d’accès aux toitures : échafaudages fixes, tours d’accès, escaliers… », décrit Jean-Baptiste Spinicci. Le panel est large. « C’est pourquoi nous proposons un service d’accompagnement aux étancheurs pour les aider à faire le bon choix. » RISQUE INCENDIE Néanmoins, la sécurisation de la zone de travail vis-à-vis des chutes de hauteur ne suffit pas. Les tâches effectuées par les compagnons sous-tendent, elles aussi, des risques. Ils peuvent être répertoriés en deux grandes catégories : les risques liés à l’usage du chalumeau et ceux liés à la manutention de charges. Sur les chantiers avec mise en œuvre d’une étanchéité bitumineuse soudée à la flamme, le recours au chalumeau alimenté par bouteilles de gaz peut provoquer des explosions ou des départs de feu (et donc de brûlures) qui peut se déclencher rapidement mais aussi de manière plus sournoise « si la flamme entre par inadvertance en contact avec un matériau présent sur la toiture, par exemple le résiliant présent dans les joints de dilatation. Elle peut alors générer un feu dit couvant », ajoute Valérie Tournier. Le matériau se consume sans que personne ne le remarque avant la fin de journée et le départ des intervenants et causer un incendie. La sécurisation des interventions en toiture-terrasse passe notamment pas la mise en œuvre de garde-corps en périphérie. Intervention sous conditions climatiques difficiles Quand on évoque la sécurité et les conditions de travail des compagnons étancheurs, il est impossible de ne pas aborder la problématique des conditions climatiques. Ils interviennent non seulement en extérieur mais également en hauteur, là où le froid est plus intense, le vent plus fort et la chaleur aggravée par le rayonnement solaire direct. Si l’on ajoute à cela l’usage de la flamme et de rouleaux d’étanchéité de couleur sombre, en période de canicule, cela peut rapidement devenir intenable. Les températures estivales cette année nous l’ont particulièrement prouvé. Depuis juillet 2025, le gouvernement a lancé un nouveau plan de protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur. Il renforce les obligations des employeurs et énumère différentes mesures, « mais il n’existe pas une solution toute faite pour s’en prémunir, rappelle Valérie Tournier responsable du domaine enveloppe second œuvre de la direction technique de l’OPPBTP. Il s’agit surtout de mettre en place plusieurs dispositions organisationnelles et techniques, qui cumulées, vont améliorer les conditions de réalisation du travail. On peut citer le décalage des horaires, la création de zones ombragées si possible, la mise à disposition d’eau et des bases vie réfrigérées, voire la fourniture d’équipements techniques spécifiques (protège nuque, lunettes de sécurité solaires…). » Quand c’est possible… Julien Guilbert, dirigeant de l’entreprise Toitech, rappelle que « sur certains chantiers en site occupé, notamment en rénovation de copropriété, commencer à 5h ou 6h du matin gêne considérablement les habitants. » Stopper le chantier n’est pas envisageable non plus car « par définition, les travaux n’avancent pas. Le manque à gagner pour l’entreprise est trop important. En période de canicule, nous avons donc décidé de travailler le matin uniquement pour avancer le plus possible sans mettre en danger nos collaborateurs. L’eau est disponible àvolonté, les camions sont climatisés et nous envisageons de les équiper de glacières. » Amateur de technologies, Julien Guilbert a également fait tester àses équipes les gilets rafraîchissement mais « l’effet n’a pas été concluant ». Contre le froid, en revanche, le gilet chauffant avec résistance et batterie auxiliaire a plus de succès. « D’autant plus qu’il permet souvent de s’affranchir du blouson qui entrave les gestes », ajoute le dirigeant de Toitech qui a également fourni à ses collaborateurs des gants fourrés pour les opérations de livraisons. ©Frénéhard & Michaux
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