Etanchéité.Info - Numéro 90 - Juin 2026

TÉMOIN 38 ÉTANCHÉITÉ.INFO #91 SEPTEMBRE 2026 FRÉDÉRIC CARRÉ LE CONTEXTE Âgé de 52 ans, Frédéric Carré est président du groupe de métallerie et construction métallique de 150 salariés Groupe Carré à Tournefeuille (31). Élu président de la FFB le 20 mars dernier avec une entrée en fonction de 19 juin, il était précédemment vice-président et président du conseil des régions de la FFB, ainsi que président de la Fédération Régionale Occitanie. « Le gouvernement doit comprendre que la construction est un moteur de la croissance » Entretien avec Frédéric Carré, président de la Fédération française de bâtiment (FFB) PROPOS RECUEILLIS PAR ADELINE DIONISI Élu en mars, entré en fonction en juin, le nouveau président de la FFB n’a pas pris de vacances. Prise en main des dossiers, rencontre avec les équipes, transposition de son programme en feuille de route opérationnelle et anticipation d’une rentrée chargée ont rythmé un été également marqué par une canicule sans fin et des incendies destructeurs. Il fait le point, pour Étanchéité.Info, sur un secteur du bâtiment marqué par une crise qui se prolonge, sur les grands axes de sa mandature pour en sortir et l’implication de l’organisme professionnel aux côtés des entreprises. ÉTANCHÉITÉ.INFO Lors de votre première conférence de presse en juin dernier, vous avez décrit une situation très tendue pour le secteur du bâtiment. Qu’en est-il pour cette rentrée ? FRÉDÉRIC CARRÉ Elle reste à la fois compliquée et particulièrement préoccupante mais cela n’a finalement rien de surprenant. La FFB alerte depuis plusieurs années sur la crise que nous subissons. L’activité se réduit depuis quatre ans. Encore en 2025, elle a chuté de 5 %. Au total, depuis 2022, nous avons enregistré une baisse de 12 %. Sur un chiffre d’affaires global de 200 milliards d’euros, c’est énorme. Nos marchés sont en bernes et notamment notre principal, le logement. Alors qu’il faudrait en construire plus de 400 000 chaque année, seuls 280 000 ont vu le jour en 2025. Même la rénovation énergétique, qui représente un marché gigantesque et plus de la moitié de l’activité des entreprises du bâtiment, a perdu 2 % et pourrait même descendre jusqu’à - 4 % si on ne fait rien. Résultat, le nombre de défaillances d’entreprises explose avec 13 000 par an et le secteur a perdu 55 000 emplois. Un chiffre qui aurait pu être encore plus haut si les entreprises n’avaient fourni un effort considérable pour conserver un maximum de collaborateurs. Ils sont leur principale richesse et elles font tout pour les garder malgré les difficultés économiques. Malheureusement, si cette tendance baissière persiste, certaines n’auront plus le choix que de licencier… Leurs dirigeants sont très inquiets et attendent des actions de la part de la FFB et des pouvoirs publiques. E.I. Avez-vous déjà établi des contacts avec les instances décisionnaires ? F.C. Bien sûr. Les relations n’ont pas été stoppées avec le changement de présidence. J’ai déjà rencontré tous les ministres dont nous dépendons d’une manière ou d’une autre : de l’économie avec Roland Lescure, de la ville et du logement avec Vincent Jeanbrun, de la transition écologique avec Mathieu Lefèvre et de l’action et des comptes publics avec David Amiel. D’autres réunions sont d’ores et déjà prévues. Nous avons également participé aux rencontres des entreprises de France organisées par le Medef fin août. Suivra Batimat à la fin septembre qui sera notamment visité par les candidats aux élections présidentielles de 2027. Ces derniers seront également entendus lors du sommet de la construction que nous organisons cet automne. Certains d’entre eux nous ont d’ailleurs déjà sollicités. E.I. Vous évoquez les élections présidentielles qui se tiennent dans moins d’un an. Ne craignez-vous pas un certain attentisme de la part du gouvernement actuel ?

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