La préfabrication-hors site intègre des solutions 1D, 2D ou comme ici 3D. La préfabrication de la façade peut également intégrer le système de bardage rapporté (réalisée ici par Sybois). © 3F DR © Raphaël Gabrion DOSSIER 20 FILIÈRE BARDAGE.INFO #29 MAI 2026 de conception, de phasage, de choix des produits et de mise en œuvre changent. La passation de marché, les relations entre lots, la validation des procédés et l’assurabilité aussi (voir encadrés). Sans oublier le transport et la logistique. Avec deux maîtres mots : anticipation et collaboration. PLUSIEURS DIMENSSIONS Préalable indispensable au hors-site : que des solutions préfabriquées existent. Elles se catégorisent en éléments 1D (poteaux, poutres, linteaux, gaines, conduits…), 2D, qui intègrent notamment les façades simples et complexes avec bardage intégré mais aussi par exemple les balcons, et 3D correspondant à la construction modulaire, les salles de bain… C’est de la solution choisie que découlera le choix du hors-site dans un projet et non l’inverse. C’est ce qu’on appelle le Design for manufacturing and assembly (DFMA) ou, en français, conception pour la fabrication et l’assemblage, largement utilisée dans l’aérospatiale, l’automobile ou l’informatique. Pierre-Antoine Duffrene, co-fondateur et directeur associé de Ressorts**, incubateur de projets pour l’accélération de la transition de l’habitat, complète : « il ne suffit pas de préfabriquer en usine puis de mettre en œuvre sur chantier. Pour que le hors-site ait un sens, il est nécessaire de développer des composants standardisés qui répondent aux configurations les voisinage et les interventions en site occupé. « Le hors site répond aux enjeux de la RE2020 », ajoute Thomas Delepine, responsable technique du fabricant de parements Neolife. Une affirmation partagée par l’observatoire qui établit qu’il permettrait d’atteindre les seuils 2028 et 2031 de la réglementation environnementale « sans surcoût par rapport à une opération RT2012/RE2020 seuil 2025 ». En outre, « la préfabrication en atelier réduit les déchets car les chutes de production sont revalorisées plus facilement que les découpes sur chantier », poursuit Bernard Voisin, fondateur et président de l’entreprise. Le hors-site gagnerait encore des points grâce à la valorisation des filières et des ressources locales, des transports réduits et un recours aux matériaux bio et géo sourcés facilité, tout comme le réemploi. L’amélioration des conditions de travail est également largement soulignée grâce à une pose en atelier à l’abri des aléas climatiques. Enfin, la multiplication des contrôles tout au long de la chaîne de production garantirait une fabrication au millimètre et des composants assemblés avec précision à la sortie d’usine. Bref, sur le papier, difficile de trouver à redire. Mais sur le terrain, le hors-site soulève plusieurs questions. Et la première touche directement aux pratiques et aux relations entre acteurs et ce à toutes les étapes de l’acte de construction. Les habitudes
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