La toiture-terrasse, une solution contre les îlots de chaleur urbains ? l’émission En partenariat avec À voir dès maintenant ! Rendez-vous sur etancheiteinfo.fr DOSSIER 22 URBANISME ÉTANCHÉITÉ.INFO #90 JUIN 2026 Rémi Perrin, dont les équipes américaines ont réalisé un premier chantier avec un tel produit à Las Vegas aux États-Unis l’été dernier. On le voit, le secteur ne cesse d’innover mais « il faut prendre en compte le poids carbone de ces produits. Il n’est pas forcément en phase avec la réglementation française et notamment la RE2020 qui pousse le constructeur à trouver un équilibre dans les solutions techniques choisies », alerte Julien Bigorgne. Le blanc n’a pas non plus que des avantages : l’entretien doit être rigoureux pour maintenir l’état de la surface et ses propriétés. « Il peut également créer de l’inconfort visuel avec des risques d’éblouissement. De la même manière, il ne doit pas être associé à du végétal qui supporte mal cette réflexion solaire », poursuit l’ingénieur environnement. Il n’empêche que la température de surface de la toiture-terrasse ne dépassera pas les 40 °C quand elle atteint facilement 80 °C avec une membrane bitumineuse classique. De plus, son albédo limite le piégeage de la chaleur. Des caractéristiques également bénéfiques pour la durée de vie de la membrane. CONFORT D’ÉTÉ Ces membranes réfléchissantes, tout comme les toitures végétalisées et plus généralement d’ailleurs les toitures-terrasses, peuvent jouer un autre rôle qui, indirectement, participe à la lutte contre les ICU. Ou plutôt évite de les entretenir en limitant les recours à la climatisation qui, comme on l’a vu, rejette de la chaleur à l’extérieur. Ce rôle, c’est l’amélioration du confort d’été à l’intérieur du bâtiment. Une bonne isolation de la toiture a déjà prouvé son efficacité. La végétalisation aussi, sous réserve que « l’épaisseur du substrat dépasse 8 cm. Ainsi, dans certaines configurations, notamment les bâtiments de moins de 10 m, ces solutions permettent de s’affranchir d’un système de refroidissement », souligne Yannik Beix. Côté toitures Cool roof, plusieurs études, notamment celle menée par Pouget Consultants à l’initiative de la CSFE (voir Étanchéité.Info n°84) ainsi que, plus récemment, celle du CSTB (voir article p. 8), montrent que leur efficacité est limitée à un nombre restreint de configurations. Les gains les plus significatifs sont observés sur des bâtiments légers et climatisés, dont la toiture présente une isolation thermique faible, voire inexistante. Dans ces cas, « grâce à la barrière radiative, le bénéfice peut être important et rapide, jusqu’à permettre, dans certains cas, de se passer de climatisation », décrit Emmanuel Bozonnet. La membrane d’étanchéité mise en œuvre sur le Village Décathlon de Bouc-Bel-Air (13) est recouverte d’une couche de protection pour favoriser l’écoulement des eaux et des poussières et limiter l’encrassement. (Architecte : ateliers 4+)
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