Etanchéité.Info - Numéro 90 - Juin 2026

TÉMOIN 40 ÉTANCHÉITÉ.INFO #91 SEPTEMBRE 2026 FRÉDÉRIC CARRÉ L’été en flammes La canicule et les feux à répétition de l’été n’ont pas épargné les entreprises du bâtiment. Outre des conditions de travail rendues très difficiles en raison de températures jamais ressenties encore en France, de nombreuses structures ont subi de plein fouet le ravage des flammes. « Certaines ont brûlé, rappelle Frédéric Carré, le nouveau président de la FFB. D’autres ont été impactées de manière indirecte en raison de la fermeture de chantiers, de l’impossibilité pour les compagnons de venir travailler ou de défauts de livraison. Avec des conséquences importantes sur le chiffre d’affaires. » Chaque jour, les fédérations départementales se sont mobilisées pour soutenir leurs adhérents. Au niveau national, des réunions avec les ministères se sont tenues chaque semaine. « Nous avons remporté plusieurs batailles avec la prise en charge de l’activité partielle, l’étalement des charges sociales, les avances sur indemnisation ou l’arrêt des crédits machines. Néanmoins, ces catastrophes ont encore un peu plus fragilisé les entreprises. » E.I. Etes-vous entendu lorsque vous exposez vos points de vue ? F.C. Pas toujours et c’est bien là notre combat. Il y a eu quand même des avancées, en termes de besoins notamment. Il y a encore quelques années, l’État les évaluait à 200 000 logements par an alors que nous les estimions à 500 000 et la Fondation pour le logement des défavorisés à 600 000. Aujourd’hui, le chiffre de 430 000 par an jusqu’en 2030 fait consensus. Sur les moyens pour y arriver, nous allons tout mettre en œuvre pour convaincre que nos solutions sont efficaces. Nous allons renforcer notre présence au sein des ministères, notamment à Bercy et des instances européennes. De plus, chacun de nos syndicats de métiers sera impliqué dans les réflexions pour être au plus près des problématiques de nos adhérents. En d’autres termes, nous allons renforcer nos actions de lobbying. E.I. On peut imaginer que la rénovation énergétique sera un sujet central… F.C. J’évoquai les stops and go gouvernementaux tout à l’heure. Avec MaPrimeRénov’ (MPR), nous sommes en plein dedans. On ne compte plus les fois où le dispositif a été modifié, voire carrément interrompu, alors même que nous, ménages et entreprises, avons besoin d’une vision pérenne et stable. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la rénovation ne décolle pas, au contraire ! Le gouvernement affirme vouloir éradiquer les quatre millions de passoires thermiques d’ici 2035 mais il réduit de 300 000 000 euros le budget de MPR sous prétexte que les caisses sont vides. À la FFB, nous percevons la situation différemment : une rénovation globale coûte entre 30 000 et 50 000 euros. Multipliez ce chiffre par quatre millions et vous aboutissez à des milliards d’euros de gains ! En outre, on le sait, nos concitoyens veulent rénover leur logement mais ne peuvent pas le financer. Conditionner les aides aux rénovations globales ne peut que faire reculer les volontaires qui n’ont pas les moyens de débourser 50 000 euros. La FFB milite pour un retour des monogestes dans le dispositif avec la mise en place d’un parcours de rénovation qui permettrait, pas à pas, d’aboutir à une rénovation d’ampleur du logement. E.I. Vous insistez également sur le fait que la relance du secteur passera par le fait qu’« on vous laisse travailler » ? F.C. Les entreprises sont en effet confrontées à la baisse de leur activité dans le neuf comme en rénovation mais aussi à l’accumulation d’obligations qui, soit bloque les projets comme le Zéro artificialisation nette (ZAN), soit impacte leur trésorerie de manière conséquente sans bénéficier du service promis. Il s’agit là surtout de la REP. E.I. Un sujet qui crispe particulièrement les entreprises du bâtiment… F.C. Oui, car elle ne fonctionne pas alors même que les entreprises continuent de payer, et même payent de plus en plus. Les éco organismes perdent de l’argent, ne cessent d’augmenter les éco contributions et finissent par stopper les services de reprise ! Pour répondre aux besoins en logements, il faut en construire 430 000 par an. 280 000 sont sortis de terre en 2025.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTY5NjE1OA==