Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique Guide de recommandations Juin 2026
2 sommaire Qui sommes-nous ? La CSFE est une organisation professionnelle qui représente et défend les entreprises et les industriels de l’étanchéité et de bardage auprès des pouvoirs publics, des décideurs économiques et des autres acteurs de la construction. Au sein de commissions, sous-commissions et groupes de travail, elle coordonne des actions et travaux techniques pour le développement de la toiture terrasse et du bardage. La CSFE participe activement à la rédaction des documents réglementaires et normatifs sur la sécurité des biens et des personnes pour les travaux d’étanchéité et de bardage ; et contribue aux travaux concernant « l’assurabilité » des ouvrages incluant les spécificités de la profession. Elle est engagée dans la promotion des métiers de l’étanchéité et du bardage via diverses actions et supports notamment Etanchéite.lnfo et Bardage.lnfo. La CSFE accompagne aussi ses adhérents dans les défis environnementaux et sociétaux actuels. Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 3 sommaire Face à l’accélération des effets du changement climatique, la profession de l’étanchéité est confrontée à une responsabilité nouvelle : anticiper dès aujourd’hui des sollicitations climatiques inédites qui impacteront durablement les toitures-terrasses avec des revêtements d’étanchéité apparents. Les travaux scientifiques récents, notamment ceux engagés par la Chambre Syndicale Française de l’Étanchéité (CSFE), mettent en évidence une intensification des contraintes thermiques, une augmentation de la sévérité des épisodes de grêle et une évolution globale des conditions d’exposition des revêtements d’étanchéité d’ici à 2050. Or, les procédés d’étanchéité mis en œuvre aujourd’hui seront, pour une large part, toujours en service. Dans ce contexte, la CSFE a souhaité publier ce guide de recommandations. Il vise à fournir, à court terme, des repères techniques pragmatiques aux maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre et entreprises, afin d’adapter les choix de conception des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents. Ces recommandations s’inscrivent dans une démarche transitoire. Elles ne se substituent pas aux méthodes d’évaluation normatives, appelées à évoluer à long terme, notamment en matière de résistance à la chaleur, à la grêle ou aux UV. Elles constituent toutefois une base opérationnelle indispensable dans l’attente de ces évolutions, afin de renforcer dès à présent la durabilité, la résilience et la performance des ouvrages. Par cette publication, la CSFE réaffirme l’engagement de la profession de l’étanchéité à accompagner l’adaptation du bâtiment aux enjeux climatiques, dans une logique de responsabilité collective et de progrès technique. Pascal Le Cœur Président du groupe de travail « Changement climatique » Gérald FAURE Président CSFE édito
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 4 sommaire Rédaction Président du groupe de travail Rédactrice et animatrice du groupe de travail Rémi PERRIN (SOPREMA SAS) Manuel DECOODT (ETANDEX) Pascal LE CŒUR (IKO-AXTER) Marthe JACQUEAU-GRAMAGLIA (SECC) Serge GRÉGOIRE (SERTEC) Frédéric GIRARD (CMES) Edwige PARISEL (CSFE) Membres Sergio ASSOGBA (CSFE) La mise en forme de ce guide est financée par le Programme Recherche Développement Métier (PRDM) de la FFB.
5 sommaire Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 sommaire Préambule 6 Documents et textes de référence 7 Définitions 8 Les changements climatiques à l’horizon 2050 10 Eléments scientifiques disponibles concernant les toitures étanchées 12 Réponses des toitures d’aujourd’hui aux enjeux du changement climatique 15 Panorama des pistes d’adaptation envisageables pour les toitures avec revêtements apparents 17 L’importance de l’entretien des toitures 26 Les spécificités des travaux de transformation des toitures apparentes en toitures sous protections lourdes 27 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 6 sommaire Préambule 1 Face aux bouleversements climatiques qui s’intensifient, le secteur de la construction se trouve à un tournant décisif. Les toitures, en tant qu’interfaces directes entre le bâtiment et les éléments naturels, sont appelées à jouer un rôle stratégique dans l’adaptation de nos villes et territoires aux conditions météorologiques futures. Augmentation des températures, épisodes de fortes précipitations ou de grêle, sécheresses prolongées, vents extrêmes et îlots de chaleur urbains (ICU) sont autant de défis qui exigent une évolution des pratiques actuelles de conception, de rénovation et de gestion des toitures. Ce guide de recommandations vise à contribuer à la prise de conscience des différents acteurs de la construction (maîtrises d’ouvrage, acteurs de l’urbanisme, maîtrises d’œuvre, entreprises, etc.) de la nécessité d’anticiper les modifications climatiques qui nous attendent à l’horizon 2050, et propose des pistes d’adaptation des toitures avec étanchéité, que ce soit en travaux neufs ou en travaux de rénovation. Il est de la responsabilité collective de la profession de concevoir des toitures résilientes, durables et multifonctionnelles. Or, les toitures conçues aujourd’hui seront pour la plupart toujours en place en 2050. Il est désormais certain qu’elles seront exposées de façon bien plus marquée qu’elles ne le sont jusqu’à présent. Ce guide est une première étape, dans un travail de fond et de longue haleine engagé par la profession de l’étanchéité en France. Il s’appuie sur les connaissances scientifiques actuelles et les retours d’expérience, dans l’attente de modifications des processus de caractérisation et d’évaluation des procédés (jurisprudences de la profession).
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 7 sommaire 2 Documents et textes de référence Règles de l’Art construction Documents Techniques Unifiés (DTU) • NF DTU 43.1 : Étanchéité des toitures-terrasses et toitures inclinées avec éléments porteurs en maçonnerie en climat de plaine (y compris amendements) • NF DTU 43.3 : Mise en œuvre des toitures en tôles d’acier nervurées avec revêtement d’étanchéité (y compris amendements) • NF DTU 43.4 : Toitures en éléments porteurs en bois et panneaux dérivés du bois avec revêtements d’étanchéité (y compris amendements) • NF DTU 43.5 : Réfection des ouvrages d’étanchéité des toitures-terrasses ou inclinées Règles Professionnelles (reconnues par la Commission Prévention Produit C2P) : • Règles Professionnelles pour la conception et la réalisation des terrasses et toitures végétalisées (3e édition - mai 2018) • Règles Professionnelles Isolation inversée de toiture-terrasse (1ère édition – janvier 2021) • Règles Professionnelles Isolants supports d’étanchéité en indépendance sous protection lourde (4e édition – juillet 2024) • Règles Professionnelles Etanchéité sous protection lourde (1ère édition – janvier 2025) Evaluations particulières de procédés : • Avis Techniques et Documents Techniques d’Application (DTA) du GS 5.2 « Produits et procédés d’étanchéité de toitures-terrasses, de parois enterrées et cuvelage » • Appréciations Techniques d’Expérimentation (ATEx) délivrées par le CSTB Norme d’essai • NF P84-354 : Étanchéité des bâtiments – Utilisation des systèmes d’étanchéité en toiture - Classement FIT et méthodes d’essais (juillet 2019) mais aussi... ADIVET Guide « Toitures biosolaires » Juillet 2025 CSTB - DHUP Étude d’impact des peintures réfléchissantes mise en œuvre en toiture de bâtiments tertiaires Juin 2024 Guide des toitures biosolaires Juillet 2025 Guide Toitures biosolaires TYPOLOGIES, ATOUTS ET CONCEPTION Direction Enveloppe du Bâtiment Division Recherche et Expertise de l’Enveloppe du Bâtiment Direction Division Étude d’impact des peintures réfléchissantes mises en œuvre en toiture de bâtiments tertiaires Version 1 DEMANDEUR DE L’ETUDE : MINISTERE TRANSITION ECOLOGIQUE – DHUP 246, boulevard Saint-Germain 75007 PARIS Auteurs Approbateur Benjamin RIOU - Laurent REYNIER - Frédéric BOUGRAIN - Abdel LAKEL - Anouk MINON Franck LEGUILLON La reproduction de ce rapport d’étude n'est autorisée que sous la forme de fac-similé photographique intégral, sauf accord particulier du CSTB. Ce rapport d’étude comporte 112 pages dont 14 pages d’annexes. Date : 25/06/2024 Réf : DEB/R2EB 2024-105-BeR/EH Convention 2023 : Action 46 n° 2201419542 N° de commande : 70094524 Rapports du GIEC @CNRS - Youtube Quel climat en Europe pour 2050 ? Octobre 2021 Autres ressources CSFE Guide de bonnes pratiques pour la prévention contre la création de gîtes larvaires 1ère édition – Novembre 2024 GUIDE BONNES PRATIQUES PRÉVENTION contre les GÎTES LARVAIRES DE MOUSTIQUES sur les toitures-terrasses ÉDITION 1 - NOVEMBRE 2024 GUIDE POUGET Etude d’impact des procédés réflectifs de toiture Collection Recherche Développement Métier Etude d’impact des procédés réflectifs de toiture TIPEE Etude de l’évolution des sollicitations des revêtements d’étanchéité de toiture liée au changement climatique et à la réglementation thermique Ces informations sont à usage interne uniquement. Etude de l’évolution des sollicitations des revêtements d’étanchéité de toiture liée au changement climatique et à la règlementation thermique Intervenants : Maxime DOYA – Hugo GEOFFROY 1 Collection Programme Recherche Développement Métier FFB www.kiosque-etancheite-bardage.com Retrouvez ces 3 études sur :
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 8 sommaire 3 Définitions Albédo ou réflectance solaire Pouvoir réfléchissant d’une surface (grandeur sans unité). Rapport entre le flux d’énergie lumineuse réfléchie et le flux d’énergie lumineuse incidente. Cool Roofing Effet d’un revêtement de fort albédo permettant de réfléchir le rayonnement solaire afin de limiter les montées de températures en surface. Plus la surface est claire et lisse, plus une partie du rayonnement solaire est réfléchi. Îlots de chaleur urbain (ICU) Élévation localisée des températures de l’air et des surfaces des centres-villes, particulièrement des températures maximales diurnes et nocturnes, enregistrées par rapport aux zones rurales ou forestières voisines ou par rapport aux températures moyennes régionales. Cette élévation est principalement causée par : • Les propriétés thermo-physiques des matériaux utilisés pour la construction des bâtiments, des voiries et autres infrastructures. • L’occupation du sol (sols minéralisés, absence de végétation). • La morphologie urbaine (voies de circulation importantes, « rugosité » urbaine diminuant la convection…). • Le dégagement de chaleur issu des activités humaines (moteurs, systèmes de chauffage et de climatisation…). Revêtement d’étanchéité apparent Revêtement d’étanchéité de toiture autoprotégé qui n’est recouvert par aucune protection. Il est liaisonné au support (par collage, soudure ou fixation mécanique) et est résistant aux effets du vent sans apport de lestage complémentaire. SRI (Solar Reflectance Index) Indice de réflectance solaire (grandeur sans unité). Cet indice est calculé à partir de l’émissivité (capacité d’une surface à émettre de l’énergie thermique sous forme de rayonnement infrarouge) et de la réflectivité d’un matériau (selon la norme ASTM E 1980). La valeur de SRI est principalement induite par la couleur du revêtement. Elle diminue avec l’encrassement des revêtements dû notamment aux poussières, sables, décompositions de végétaux, pollens, pollutions, etc. Se reporter au tableau indicatif de valeurs de SRI en page 14.
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 9 sommaire Système de végétalisation Un système de végétalisation se compose : • d’un complexe de culture, lui-même composé : - d’une couche drainante ; - d’une couche de filtration ; - d’une couche de culture (substrat ou terre allégée suivant les types de couches végétales) ; • d’une couche végétale. Il est mis en œuvre directement sur un revêtement d’étanchéité spécifique, notamment résistant à la pénétration des racines et aux actions des micro-organismes et présentant une "classe" de résistance au poinçonnement I5 (selon la norme NF P84-354). Toiture accessible, aux piétons ou aux véhicules Toiture qui reçoit une circulation : • piétonne, éventuellement assortie d’un séjour (par séjour on entend la présence de charges statiques autres que celles liées à la circulation) ; • ou de véhicules (légers ou lourds). Toiture biosolaire Toiture qui accueille, sur la même surface, de la végétalisation et des panneaux solaires (modules photovoltaïques ou capteurs solaires thermiques), l’un au-dessus de l’autre. Les toitures biosolaires font l’objet d’un Guide « Toitures biosolaires » édité par l’ADIVET en juillet 2025, disponible sur le site de l’ADIVET (www.adivet.net). Toiture inaccessible Toiture qui ne reçoit qu’une circulation réduite à l’entretien normal des ouvrages d’étanchéité et d’appareils ou installations nécessitant des opérations peu fréquentes (une ou deux fois par an). L’accès d’une toiture inaccessible est réservé à des professionnels spécifiquement formés, pour des interventions ponctuelles. L’accès au public est exclu, même ponctuellement. Toiture solaire Toiture comportant des panneaux solaires (modules photovoltaïques pour de la production d’électricité ou capteurs solaires thermiques pour de la production de chaleur). Toiture technique Toiture qui reçoit une circulation due à la présence d’appareils ou d’installations nécessitant des interventions fréquentes d’entretien (plusieurs fois par an). L’accès d’une toiture technique est réservé à des professionnels spécifiquement formés, pour des interventions ponctuelles. L’accès au public est exclu, même ponctuellement. Toiture végétalisée Prises au sens large, les toitures végétalisées désignent les toitures protégées par de la végétalisation. Dans les Règles de l’Art, sont distinguées : • La végétalisation extensive : système de végétalisation léger comprenant un complexe de culture de faible épaisseur, généralement de 4 à 12 cm d’épaisseur. La palette végétale est restreinte, généralement composée de sedums mais aussi de vivaces et de graminées. Ces toitures sont dites inaccessibles. • La végétalisation semi-intensive : système de végétalisation léger comprenant un complexe de culture d’épaisseur moyenne, généralement comprise entre 12 et 30 cm. La palette végétale est plus variée qu’en extensif, y compris des arbustes, procurant floraisons, volumes, couleurs et senteurs plus variés. Ces toitures sont dites inaccessibles. • La végétalisation intensive, dite toiture jardin : forte épaisseur de protection végétale, comprenant un complexe de culture d’épaisseur supérieure à 30 cm. La palette végétale est très large, tant en nature de végétaux qu’en hauteur (y compris les arbres). Ces toitures peuvent être accessibles au public. Pour l’ensemble de ces solutions, il existe des listes de végétaux interdits pour limiter le risque de percement du complexe d’étanchéité.
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 10 sommaire Les changements climatiques à l’horizon 2050 D’ici 2050, les effets du changement climatique seront significativement plus marqués qu’aujourd’hui, avec des conséquences concrètes sur notre quotidien, nos infrastructures et nos écosystèmes. Les scénarios climatiques les plus probables, y compris ceux modélisés par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), annoncent une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes et une modification profonde des régimes climatiques : Augmentation des températures moyennes À l'horizon 2050, la température moyenne mondiale s’élèvera de +1,5 à +2°C par rapport à l’ère préindustrielle (source GIEC), en fonction du niveau des émissions de gaz à effet de serre. Cette hausse sera plus marquée dans certaines régions, notamment en milieu urbain, où les îlots de chaleur accentueront les vagues de chaleur. En France, on prévoit une multiplication par deux à trois des jours très chauds (>35 °C) par rapport à aujourd’hui. 4 Le changement climatique est une réalité scientifique admise qu’il n’est plus possible d’ignorer. D’ici 2050, la température mondiale pourrait augmenter de +1,5 à +2 °C d’ici 2050 En France, le nombre de jours très chauds (>35 °C) pourrait être multiplié par 2 à 3
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 11 sommaire Multiplication et augmentation de l’intensité des vagues de chaleur Les vagues de chaleur deviendront plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Ces épisodes auront des impacts directs sur la santé humaine, la consommation d’énergie (notamment pour le rafraîchissement) et la performance thermique des bâtiments. Précipitations et épisodes de grêles plus intenses et irréguliers Les régimes de précipitations évolueront avec : • une augmentation des pluies intenses sur de courtes durées, provoquant des risques accrus d’inondations, notamment en zones urbaines ; • des sécheresses aléatoires et prolongées plus fréquentes et plus longues ; • des épisodes de grêle plus fréquents et plus destructeurs. Élévation du niveau de la mer et risques côtiers En 2050, l’élévation du niveau de la mer pourrait atteindre plusieurs dizaines de centimètres dans certaines régions, aggravant l’érosion des côtes et le risque de submersion marine pour les zones littorales. Renforcement des vents extrêmes et des tempêtes Certaines zones connaîtront un renforcement des vents extrêmes, pouvant endommager les constructions, notamment les toitures, et poser des problèmes de sécurité. Ces différents changements climatiques affecteront directement la construction, en particulier les toitures qui devront notamment faire face à : des conditions thermiques aggravées ; des épisodes pluvieuxe t de grêle localement très brusques, induisant d e très fortes quantités d ’eau et des tailles de grêlons de plus en plus gros ; des efforts de vents potentiellement supérieurs à ce que nous connaissons jusqu’à présent, au moins l ocalement.
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 12 sommaire Eléments scientifiques disponibles concernant les toitures étanchées 5.1. Une première étude scientifique spécifique aux toitures étanchées apparentes Dans ce contexte de bouleversements climatiques à venir, la Chambre Syndicale Française de l’Etanchéité (CSFE) se mobilise depuis plusieurs années pour approfondir les connaissances et anticiper autant que faire se peut les nécessaires modifications d’évaluation des procédés et des modes constructifs. Ainsi, la CSFE, avec le concours financier de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) par son Plan de Recherche et Développement Métier (PRDM) a missionné en 2021 la plateforme technologique du bâtiment Tipee pour la réalisation d’une étude sur « l’évolution des sollicitations des revêtements d’étanchéité de toiture liée au changement climatique et à la réglementation thermique », concernant le climat de la France métropolitaine. Cette étude s’est focalisée sur les revêtements d’étanchéité apparents, qui sont directement soumis aux aléas climatiques. La première partie de l’étude concerne l’augmentation de la sollicitation thermique des toitures par le biais de simulations thermiques dynamiques. Objectif : l’observation statistique de l’évolution des températures de surface de l’étanchéité pour la vérification de la bonne définition des seuils de température des tests réglementaires utilisés pour la mise sur le marché des produits. Ont été étudiées : • L’influence de l’albédo de l’étanchéité. • L’influence de l’évolution climatique (données météo historiques, contemporaines et futures). • L’influence de la zone climatique (localisation géographique – 4 villes). • L’influence de la résistance thermique des toitures. • L’influence de la masse volumique de l’isolant. Une synthèse de l’étude est disponible sur le Kiosque EtanchéitéBardage de la CSFE (https://kiosqueetancheite-bardage.com/). 5 Ces informations sont à usage interne uniquement. Etude de l’évolution des sollicitations des revêtements d’étanchéité de toiture liée au changement climatique et à la règlementation thermique Intervenants : Maxime DOYA – Hugo GEOFFROY 1 Collection Programme Recherche Développement Métier FFB
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 13 sommaire 90 1961-1995 91,7 94 95 1995-2018 2050 1961-1995 1995-2018 2050 91 92 93 94 95 96 0 20 40 60 80 100 Température maximale de surface du revêtement, en °C 100 0 200 300 400 1961-1995 119 203 337 1995-2018 2050 Nb d'heures > 80°C par an en surface du revêtement Nb annuel d'épisodes de dépassement du seuil de 80°C en surface du revêtement 47 67 95 L’évaluation du différentiel a été réalisée sur les valeurs statistiques annuelles de la température de surface de l’étanchéité pour différents climats français. La seconde partie de l’étude, essentiellement bibliographique, concerne l’étude de la fréquence des sollicitations pouvant participer à un vieillissement prématuré des revêtements d’étanchéité autoprotégés : amplitudes de température, impacts de grêle, etc. 5.2. Enseignements tirés de l’étude Tipee L’étude Tipee met en évidence, en France métropolitaine : • Une augmentation très nette des températures de surface maximales atteintes en toiture. • Une augmentation très nette du nombre d’heures d’exposition à des températures significativement plus importantes qu’aujourd’hui. • Des pluies extrêmes plus intenses et plus fréquentes, notamment dans le sud-est, mais avec une évolution des précipitations différente selon les régions et les saisons. • Une augmentation de la fréquence des vagues de chaleur. • Une augmentation marquée des épisodes de grêle supérieurs à l’activité normale jusqu’à présent constatée, avec une augmentation de la taille des grêlons. Revêtements d’étanchéité présentant un SRI = 0 (couleur noire) / Climat de Nice / sans vent :
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 14 sommaire A l’horizon 2050, en l’absence de vent, sur la ville de Nice : Concernant l’étude des températures, à l’horizon 2050, l’étude démontre les points suivants : • L’albédo, et donc la valeur de SRI du revêtement d’étanchéité, est le paramètre ayant le plus d’impact sur la température de surface extérieure de la toiture. Le tableau ci-dessous présente quelques valeurs de référence de SRI à l’état neuf, en fonction de la couleur des matériaux. • Les revêtements d’étanchéité de couleurs claires présentant un SRI ≥ 40 ne présenteront pas de températures de surface supérieures à 80 °C, même dans des conditions sans vent dans le sud de la France. • Les revêtements d’étanchéité de couleurs sombres, présentant un SRI < 40, vont subir des échauffements pouvant atteindre 95 °C en l’absence de vent et ce pendant des durées qui s’allongent dans le futur. • Ni la nature, ni la masse volumique des isolants supports d’étanchéité n’impacte de façon significative les projections. Valeurs indicatives de SRI des revêtements d’étanchéité de toiture en fonction de leur teinte L’encrassement des revêtements modifie fortement à la baisse les valeurs de SRI. L’entretien et le nettoyage des matériaux (cf. § 8) est fondamental pour la conservation dans le temps d’une valeur de SRI élevée d’un revêtement (ou de tout matériau). Le risque d’encrassement d’un revêtement sera d’autant plus important que la pente de l’ouvrage de toiture sera faible. Une pente inférieure à 2 % implique nécessairement des zones de stagnations d’eau et donc un encrassement accéléré des surfaces. SRI DU REVÊTEMENT D’ÉTANCHÉITÉ AUTOPROTÉGÉ (APPARENT) SRI = 0 SRI = 40 SRI = 80 Température maximale en surface 95 °C 76 °C 66 °C Dépassement du seuil de 80°C 95 fois Jamais Jamais Dépassement du seuil de 70°C 146 fois 26 fois Jamais Dépassement du seuil de 60°C 193 fois Non indiqué dans l’étude 27 fois La quasi-totalité des dépassements sera observée en période estivale (entre avril et octobre) NUANCE DE TEINTE D’UN REVÊTEMENT D’ÉTANCHÉITÉ DE TOITURE ORDRE DE GRANDEUR DE SRI À L’ÉTAT NEUF ALBÉDO Noir 0 Couleurs sombres Albédo nul Couleurs foncées < 40 Faible albédo Gris clair 40 Couleurs claires Albédo médian Blanc cassé Ivoire 80 Fort albédo (Option « Cool Roofing » possible) Nuances de blanc > 80
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 15 sommaire La conception des toitures étanchées s’appuie aujourd’hui sur des Règles de l’Art de construction (cf. § 2 – Règles de l’Art construction), basées sur le retour d’expérience et qui permettent d’envisager différentes typologies de toitures : • Revêtements laissés apparents. • Revêtements sous protection : la nature de la protection dépend notamment du type d’usage de la toiture (inaccessible, technique, accessible aux piétons, accessible aux véhicules, végétalisée). Chaque revêtement d’étanchéité, en fonction de ses caractéristiques, a un domaine d’emploi en termes de protections et d’usages possibles, précisé dans son texte de référence (cf. § 2 – Règles de l’Art construction). Face aux enjeux du changement climatique, les différentes configurations de toitures sont plus ou moins pertinentes. Le tableau suivant propose un aperçu global. Réponses des toitures d’aujourd’hui aux enjeux du changement climatique 6
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 16 sommaire Les protections lourdes dures les plus courantes sont : • Les dalles posées à sec, sur couche de désolidarisation (dalles béton) ou sur plots (dalles béton et bois) ; • Les pavés posés sur couche de désolidarisation (lit de sable) ; • Les carreaux de céramiques et les platelages bois posés sur plots ; • Les dallages en béton armé, posés sur couche de désolidarisation. Réponse des différentes typologies de toitures étanchées vis-à-vis des enjeux liés au changement climatique ENJEUX DU CHANGEMENT CLIMATIQUE REVÊTEMENTS APPARENTS (AUTOPROTÉGÉS) REVÊTEMENTS SOUS PROTECTION TOITURES SOLAIRES (2) Gravillons (1) Protections lourdes dures Végétalisation / jardin Toitures biosolaires (cf. Définition § 3) Vieillissement chaleur / UV Couleur claire Couleur sombre Voir § 7.2 Grêle Classement I5 Voir § 7.3 Tempêtes / vents extrêmes Des solutions existent au cas par cas. Les limites sont disponibles dans les règles de l’art (NF DTU, DTA,…) Ilots de chaleur urbain (ICU) Couleur claire Couleur claire sur revêtements de couleur claire Couleur sombre Couleur sombre Voir § 7.4 Episodes pluvieux hors normes (impact sur l’étanchéité) Développement des moustiques avec dispositions spécifiques pour les dalles/platelages sur plots (Cf § 7 du guide CSFE « Prévention contre les gîtes larvaires de moustiques ») Voir § 7.5 Rétention temporaire ou stockage des eaux de pluie en toiture Voir § 7.6 si interposition de couches spécifiques de rétention/stockage tels que bacs ou plaques alvéolaires La capacité de rétention de l’eau par la toiture est fonction du système de végétalisation Solution pérenne Solution avec réponse partielle dans le contexte du réchauffement climatique Solution non recommandée dans le contexte du réchauffement climatique (1) Les Règles de l’Art construction précisent la définition des granulats admissibles en toiture. (2) Les modules photovoltaïques et capteurs solaires mis en œuvre sur un revêtement d’étanchéité autoprotégé ne constituent pas à proprement parler une protection d’étanchéité.
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 17 sommaire 7 Panorama des pistes d’adaptation envisageables pour les toitures avec revêtements apparents En toitures inaccessibles et techniques, les Règles de l’Art actuelles autorisent soit une pose avec étanchéité apparente, soit la mise en œuvre d’une protection lourde sur l’étanchéité. Pour ces deux destinations de toiture, les revêtements d’étanchéité apparents sont choisis notamment pour les raisons suivantes : • Moins de matériaux ; • Moins de temps de mise en œuvre ; • Moins de poids propre du complexe de toiture ; • Moins d’incidence sur la conception et le dimensionnement de la structure de l’ouvrage ; • Accessibilité aisée pour les opérations d’entretien et de réparations éventuelles ; • Facilité de démontage ; • Esthétique et forme de l’ouvrage. Dans ce cas, le revêtement est alors directement exposé aux intempéries et aux conditions climatiques (exposition aux UV, variations thermiques, grêle…), ce qui impose l’emploi de revêtements conçus spécifiquement pour résister à ces contraintes.
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 18 sommaire 7.1. Une adaptation en plusieurs étapes Face à l’évolution des températures d’exposition des complexes d’étanchéité (isolants et revêtements), l’évaluation des procédés, en particulier autoprotégés (destinés à rester apparents) va devoir s’adapter. Mais la définition de protocoles d’évaluation pertinents pour appréhender l’évolution des sollicitations sur les toitures étanchées n’est pas chose simple. Cela nécessite des travaux de recherche et développement qui vont prendre possiblement plusieurs années. En attendant ces évolutions de jurisprudence de la profession concernant l’évaluation des procédés pour valider leur aptitude à l’emploi et leur durabilité, il est aujourd’hui possible d’adopter des principes simples pour adapter les toitures au climat probable en France en 2050. Ces principes sont développés ci-après. Il est évidemment important d’adapter les recommandations suivantes, projet par projet, en fonction du ou des risques potentiels, notamment induits par la situation géographique et les spécificités locales. Par principe, de façon générale et toute chose égale par ailleurs, la robustesse et la durabilité d’un revêtement d’étanchéité augmentent avec son épaisseur. 7.2. Adaptation des toitures avec revêtements apparents vis-à-vis du risque chaleur et UV En complément d’une possible augmentation d’épaisseur du revêtement, trois principes simples peuvent s’envisager pour assurer la pérennité des toitures avec revêtement apparent vis-à-vis du risque induit par l’augmentation du rayonnement solaire : Privilégier les revêtements d’étanchéité apparents de couleurs claires (SRI ≥ 40) Si une conception avec revêtement d’étanchéité apparent est prévue, il est recommandé de privilégier les revêtements d’étanchéité de couleurs claires, c’est-à-dire présentant une valeur de SRI ≥ 40. Leur couleur claire permet de limiter l’augmentation de la température en surface de revêtement, et ainsi préserver leur durabilité, ainsi que celle des isolants. Se reporter au § 5.2, notamment au tableau des valeurs indicatives de SRI des revêtements d’étanchéité de toiture en fonction de leur couleur en page 14. En outre, ces revêtements apparents de couleurs claires permettent : • D’utiliser des isolants support d’étanchéité sensibles aux températures supérieures à 85 °C (cf. tableau p. 19) ; • De réduire les îlots de chaleur urbains (ICU) ; • D’améliorer le confort d’été au dernier étage, de bâtiments peu isolés ; • De diminuer les consommations d’énergie (principalement dans le sud de la France, pour les bâtiments peu isolés, présentant un fort besoin de climatisation), après étude au cas par cas par un Bureau d'études thermiques, • De créer un effet « Cool Roofing » (en fonction de la valeur de SRI – se reporter au tableau p. 14) ; • En cas d’installation de panneaux photovoltaïques, d’en améliorer le rendement selon la typologie des panneaux.
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 19 sommaire De manière générale, si les besoins de refroidissement en période estivale peuvent diminuer avec un procédé de couleur claire, ceux en chauffage peuvent augmenter en hiver. Il est donc important de considérer l’impact annuel de ces besoins. La mise en œuvre de peintures blanches rapportées sur des revêtements d’étanchéité n’est pas conforme aux Règles de l’Art. À la date de publication de ce guide, aucune évaluation d’un tel procédé n’est disponible (absence d’Avis Technique, de DTA, ou d’ATEx). Éviter d’utiliser les revêtements apparents d’étanchéité de couleurs sombres (SRI < 40) avec certains isolants Avec le changement climatique, les revêtements d’étanchéité apparents de couleurs sombres (c’est-à-dire présentant un SRI < 40), vont subir des échauffements en l’absence de vent, pouvant dépasser sensiblement 85 °C, et ce pendant des durées qui s’allongent dans le futur (se reporter au § 5.2). Or ces températures sont incompatibles avec certaines familles d’isolants, qui voient leurs caractéristiques intrinsèques très fortement altérées (jusqu’à potentiellement la destruction de l’isolant). La conception de toitures combinant des revêtements apparents sombres, de SRI < 40, avec des isolants sensibles aux températures supérieures à 85 °C n’est donc pas recommandée. Concrètement, cela signifie qu’il n’est pas recommandé par exemple de mettre en œuvre en toiture autoprotégée, un revêtement d’étanchéité noir ou anthracite (SRI < 40), sur un isolant en polystyrène expansé (PSE) dont la température d’endommagement irréversible (de l’ordre de 85-90 °C) est inférieure aux températures possibles sur certaines toitures à l’horizon 2050 (probablement 95 °C). Ce choix est d’ores et déjà appliqué par certaines entreprises d’étanchéité sur tout le territoire français. Sensibilité des isolants support d'étanchéité aux températures > 85 ° C FAMILLE D’ISOLANT SENSIBILITÉ AUX TEMPÉRATURES > 85 °C Verre cellulaire Non Laine de roche Non Laine de verre Non Polyisocyanurate (PUR / PIR) Non Polystyrène expansé (PSE) Oui
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 20 sommaire Envisager les conceptions de toitures avec des revêtements de toitures sous protection lourde Concevoir aujourd’hui des toitures inaccessibles et techniques sous protection permet de les protéger durablement du risque chaleur. Sont envisageables les protections suivantes : • Lit de gravillons (protection meuble – définition des gravillons compatibles dans les Règles de l’Art d’étanchéité) ; • Les protections lourdes dures, telles que dalles, dallettes, pavés etc. (des incompatibilités sont possibles en fonction de la nature de l’élément porteur) ; • Végétalisation extensive ou semi-intensive ; • Les toitures biosolaires. Le tableau p. 21 présente quelques valeurs indicatives de charges des différentes familles de protection de toiture. Les solutions sous protection lourde sont envisageables : • pour toutes les familles de revêtements d’étanchéité (voir liste en encart p. 21). Les revêtements doivent présenter des caractéristiques adaptées à la protection prévue. • pour les deux types de conception vis-à-vis de la position de l’isolation : - Isolation support d’étanchéité (nature des isolants compatibles : voir encart p. 19) : Les revêtements sont mis en œuvre au-dessus de l’isolation thermique de la toiture (exceptés les SEL Systèmes d’Etanchéité Liquide qui ne sont pas adaptés à cette configuration). Ils sont ensuite recouverts par la protection de la toiture. Tous les éléments porteurs sont concernés (béton, tôles d’acier nervurées, panneaux minces en bois, panneaux structuraux en bois). - Isolation inversée (Polystyrène extrudé - XPS) : Les revêtements mis en œuvre directement sur l’élément porteur. Ils sont ensuite recouverts par l’isolation inversée, elle-même recevant ensuite la protection de la toiture. Seuls les éléments porteurs béton et les panneaux structuraux en bois sont concernés. Conception avec un isolant support d'étanchéité Conception avec une isolation inversée
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 21 sommaire Familles de revêtements d’étanchéité utilisées en France : Revêtements bitumineux modifiés (SBS, APP, …) : • Bicouche • Monocouche Revêtements synthétiques monocouches - principales familles : • PVC-P (Polychlorure de vinyle plastifié) • FPO/TPO (Polyoléfine flexible) • EPDM (Ethylène propylène diène monomère) • EVA (Ethylène vinyle acétate) • PIB (Polyisobutylène) Systèmes d’étanchéité liquide (SEL) - principales familles : • Polyuréthane • PMMA (Polyméthylméthacrylate) • Acrylique • Polyurée Revêtements asphalte Poids indicatifs des protections possibles des revêtements d’étanchéité TYPE DE PROTECTION ORDRE DE GRANDEUR DE POIDS Gravillons (lit de 4 cm d’épaisseur) ≥ 64 kg/m² Végétalisation extensive Généralement ≥ 80 kg/m² (1) Végétalisation semi-intensive ≥ 150 kg/m² (1) Végétalisation intensive (toiture jardin) ≥ 600 kg/m² (1) Dallettes béton épaisseur 40 mm (posées à sec ou sur plots) ≥ 90 kg/m² Dalles bois sur plots ≥ 28 kg/m² Carreaux de céramiques posés sur plots ≥ 45 kg/m² Platelage bois sur plots ≥ 35 kg/m² Toitures biosolaires Variable selon les procédés, en fonction du type de végétalisation et du type de panneaux solaires (1) Est fonction de l’épaisseur du complexe de végétalisation, à capacité maximale en eau
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 22 sommaire 7.3. Adaptation des toitures avec revêtements apparents vis-à-vis du risque grêle La grêle est un phénomène climatique très localisé, aléatoire et complexe à appréhender. Des travaux sont en cours pour tenter de mieux anticiper ce risque, mais il n’existe pas encore de cartographie « grêle » en France, ni d’essai normalisé permettant de définir des performances minimales par région. Les épisodes de grêles et leurs conséquences sont multifactoriels : • La zone géographique : de nombreuses régions en France ont été touchées ces dernières années par des épisodes de grêle tout à fait exceptionnels ; • La taille des grêlons ; • La vitesse de chute des grêlons ; • La fréquence de survenue. Dans l’attente de la finalisation des travaux en cours, deux principes simples peuvent s’envisager pour se prémunir autant que possible du risque grêle : Privilégier les revêtements d’étanchéité apparents à forte résistance au poinçonnement La résistance au poinçonnement des revêtements d’étanchéité est caractérisée par le classement I du référentiel FIT (norme NF P84-354 : classement d’aptitude à l’emploi des revêtements) : • F : Fatigue • I : Indentation (poinçonnement) • T : Température L’attribution de l’indice du classement I est basée conjointement sur un essai de poinçonnement statique et un essai de poinçonnement dynamique. La norme prévoit 5 classes, de I1 à I5, I5 étant la classe maximale possible. Sans que ce classement ne soit spécifiquement adapté à la grêle, il est un bon indicateur de la robustesse des revêtements face aux impacts. Si une conception avec revêtement apparent est prévue, afin d’anticiper autant que possible le risque grêle, il est recommandé de privilégier les revêtements à forte résistance au poinçonnement, c’est-à-dire présentant un classement I5. C’est notamment le cas de nombreux : • revêtements bitumineux en épaisseur minimale de 5 mm ; • revêtements synthétiques en épaisseur minimale de 1,5 mm ; • revêtements SEL. Il est toujours possible aux fabricants de justifier d’autres dispositions pour accroître la résistance de leurs procédés d’étanchéité autoprotégés face au risque grêle.
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 23 sommaire Privilégier les conceptions de toitures avec des revêtements de toitures sous protection Toutes les protections d’étanchéité usuelles en toiture permettent de protéger les revêtements d’étanchéité des impacts induits par un orage de grêle (étanchéité sur isolant ou sous isolation inversée) : • Lit de gravillons (protection meuble) ; • Les protections lourdes dures, telles que dalles, dallettes, pavés etc. (des incompatibilités sont possibles en fonction de la nature de l’élément porteur) ; • Végétalisation extensive ou semi-intensive (la végétalisation intensive, ou toiture jardin, n’est pas adaptée aux toitures inaccessibles ou techniques) ; • Les toitures biosolaires. Par contre, la mise en œuvre de panneaux solaires (modules photovoltaïques ou capteurs solaires thermiques sans végétalisation en sous-face) n’assure pas la protection des revêtements autoprotégés vis-à-vis du risque grêle, dans la mesure où les panneaux ne recouvrent pas la totalité de la surface du revêtement (espaces entre modules ou groupes de modules, zones de circulation pour l’entretien et les services de secours, accès aux points singuliers de toiture, etc.). 7.4. Adaptation des toitures avec revêtements apparents vis-à-vis du risque ICU Il devient absolument crucial de rafraîchir autant que possible les zones urbaines, sujettes aux phénomènes d’îlots de chaleur urbain (ICU), qui vont encore s’accentuer à l’avenir. Or les revêtements d’étanchéité autoprotégés apparents de couleurs sombres alimentent les phénomènes d’ICU, tout comme les gravillons ou les protections lourdes dures, par la restitution dans l’air, sous forme de chaleur, du rayonnement solaire direct reçu, y compris la nuit, empêchant le rafraîchissement nocturne attendu. Deux principes simples peuvent s’envisager pour lutter contre les risques d’ICU : Privilégier les revêtements apparents de couleurs claires (SRI ≥ 40) Si une conception avec revêtement apparent est prévue, il est recommandé de privilégier les revêtements de couleurs claires, c’est-à-dire présentant une valeur de SRI ≥ 40 (se reporter au § 5.2). Leur couleur claire permet de limiter l’augmentation de la température en surface de revêtement, et contribue ainsi à la lutte contre les îlots de chaleur urbains (ICU). © 4.1 Production
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 24 sommaire Végétaliser les toitures Le rafraîchissement produit par la végétalisation est aujourd’hui connu, que ce soit localement sur la toiture ou à l’échelle de l’îlot bâti. En toiture, l’apport de végétation concerne : • Les toitures végétalisées (extensives, semi-intensives ou intensives dites jardin) ; • Les toitures biosolaires. Le rafraîchissement est lié : • A la barrière que constitue la végétalisation entre le revêtement et le rayonnement solaire : Si lors d’une journée ensoleillée la température de surface d’un revêtement apparent peut atteindre aujourd’hui 80 °C, le même revêtement couvert par un complexe de végétalisation demeure à une température de l’ordre de 30 °C, soit une différence de près de 50 °C. L’énergie est absorbée par la végétation et n’est plus restituée sous forme de chaleur par les surfaces minérales. • Au rafraîchissement produit par l’évapotranspiration du complexe de végétalisation (à condition d’un entretien régulier et d’une irrigation adaptée) : Les plantes et leur couche de culture rejettent l’eau absorbée pour assurer leur croissance, sous forme de vapeur. Ce processus physique consommateur d’énergie thermique, a pour conséquence une baisse de la température de l’air au-dessus de la végétation. Ce phénomène permet aux toits (et aux façades) végétalisés d’agir sur le climat urbain dans le sens d’une réduction de la température estivale. Les chiffres avancés par diverses études font état d’un rafraîchissement de l’air ambiant de 3 °C à 5 °C, tandis que la différence de température ressentie est en moyenne de -13 °C (PET Physiological Equivalent Temperature). L’importance de ce rafraîchissement, qui améliore le confort thermique pour l’usager, est directement fonction : • De la densité de végétation en toiture ; • Du pourcentage de la toiture couverte par la végétation ; • De la présence d’eau en toiture, notamment dans le support de culture. 7.5. Adaptation des toitures avec revêtements apparents vis-à-vis du risque moustiques La prolifération des moustiques, notamment en milieu urbain, représente un enjeu majeur de santé publique. Le moustique tigre, vecteur de maladies graves telles que la Dengue, le Zika et le Chikungunya, continue de coloniser de nouvelles zones en France. En 2026, le moustique est désormais présent dans 83 départements métropolitains ainsi qu’à La Réunion et Mayotte. La CSFE, avec la collaboration de EID Méditerranée, de la Direction Générale de la Santé (DGS) et 3 Agences Régionales de Santé, a édité un Guide de bonnes pratiques spécifique pour la prévention contre la création de gîtes larvaires, disponible sur le Kiosque Etanchéité-Bardage de la CSFE (https ://kiosque-etancheite-bardage.com/). Les études menées par l’établissement public EID Méditerranée ont montré : • que les toitures avec revêtements apparents ne présentent pas de risques vis-à-vis de la prolifération des gîtes larvaires. • que seul le cas spécifique des toitures terrasses avec dalles sur plot à pente nulle peut, par manque d’entretien, présenter un risque de formation de gîtes larvaires. Guide de bonnes pratiques spécifique pour la prévention contre la création de gîtes larvaires GUIDE BONNES PRATIQUES PRÉVENTION contre les GÎTES LARVAIRES DE MOUSTIQUES sur les toitures-terrasses ÉDITION 1 - NOVEMBRE 2024 GUIDE
Adaptation des toitures avec revêtements d’étanchéité apparents vis-à-vis du changement climatique - Juin 2026 25 sommaire Le Guide moustiques commence par rappeler les bonnes pratiques à appliquer à l’échelle du bâtiment et dans son environnement proche pour prévenir la stagnation d’eau de pluie, principale responsable de la formation de gîtes larvaires. Les conditions à l’origine du développement de ces gîtes sont majoritairement : l’absence de nettoyage régulier des gouttières, la présence d’eau dans les jardinières, … Le guide CSFE présente des recommandations claires et pratiques pour prévenir la stagnation d’eau de pluie sur ce type de toitures-terrasses en France métropolitaine. 7.6. Adaptation des toitures avec revêtements apparents vis-à-vis des besoins de rétention ou stockage d’eau en toiture Compte tenu de l’artificialisation des sols et des pics de pluviométries plus intenses et fréquents, il devient crucial de limiter au maximum l’arrivée d’eaux de pluie dans les réseaux, pour éviter leurs engorgements. Ainsi de plus en plus de collectivités locales imposent dans leurs Plans Locaux d’Urbanisme (PLU, PLUi) une régulation stricte des débits de rejets (gestion de l’eau à la parcelle). Les toitures sont naturellement un levier important. Or réglementairement les toitures avec revêtement d’étanchéité apparent ne permettent pas la rétention d’eau, même provisoire, en toiture. Même avec des entrées d’eaux pluviales surélevées, il n’est pas pérenne d’envisager le stockage d’eau « libre » sur une toiture. Les toitures avec revêtement d’étanchéité apparent ne sont donc pas adaptées à l’enjeu de la gestion de l’eau. A contrario, les toitures sous protection lourde peuvent permettre, sous certaines conditions et uniquement sur éléments porteurs béton, la rétention d’eau provisoire ou le stockage plus durable des eaux de pluie (se reporter au § 2 - Règles de l’Art construction). Mise en œuvre des protections lourdes meubles Mise en place des systèmes de plaques à structure en nid d’abeille. Mise en œuvre de végétalisation Quelques solutions présentées : Recommandations sur la pente des éléments porteurs Utilisation de panneaux isolants avec pente intégrée © Bleucitron
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